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Le marché sur l'eau à Amiens et l'activité maraîchère

Marché sur l'eau d'Amiens : Rétablissement du marché sur l'eau à la place Parmentier.

Q2- Et euh donc vous aviez décidé de retourner sur l'marché sur l'eau ?

R1- On travaillait pus là-bas, on travaillait pus.

R2- Comme il nous restait d'la marchandise, moi, un beau jour, j'dis : y'avait la marchande de pommes de terre qui faisait sa tournée, et pis on a parlé comme ça. Puis elle m'dit oh si on s'installait, qu'on vendrait un peu, hein. Pis on nous a pas empêchées hein, y'a personne qui nous a empêchés. Alors il a v'nu un placier, il v'nait nous faire payer une place, un droit d'place

Q2- Vous étiez les seules alors ?

R2- On n'était qu'à deux à c'moment là. Y'avait que la marchande d'pommes de terre, là.

R1- Mme Ravel

R2- Mme Ravel pis moi, voilà. Pis après, Monsieur Lesaint, au moment des vacances, il est v'nu avec ses enfants, Monsieur Lesaint de l'île Saint Aragone, alors euh il dit " alors on vend Suzanne ? " Ben j'dis " oui on vend un peu. " Alors il est v'nu pendant les vacances avec ses enfants, et pis après, il est toujours rev'nu. Un beau jour il m'dit : "oh la la tu sais Suzanne, y'a longtemps qu'on aurait dû faire ça". Parce que forcément, on vendait l'double d'prix. On vendait l'double qu'au détail ///

Q- Au détail.

R2- ///au détail que en gros hein. C'était pas du tout pareil.

Q2- Toute la marchandise partait ?

R1- Oui.

R2- Des fois on en ramenait quand même un peu mais enfin euh hein.

Q- Vu que les prix étaient supérieurs ... ?

R2- Oui.

R1- On vendait pus trop bien là bas en haut, donc il n'y avait pus déjà d'grossistes, ils achetaient d'la camelote, et y'avait pus beaucoup d'revindeux, ils n'achetaient pus non plus. Alors hein on ramenait d'la camelote. Comme j'vous disais tout à l'heure, la légume, il faut fout'e en l'air hein.

R2- Nous, c'est perdu hein, c'est perdu hein. Nous on l'jette. Vous pouvez pas r'tourner du samedi l'mardi au marché avec des légumes du samedi, cueillis l'vendredi, hein. C'est pas possible hein !

Q1- Mais donc là au retour, vous n'faisiez que l'samedi le marché ... ?

R1- Nous on n'faisait que le samedi, et l'jeudi.

R2- Là l'marché, l'jeudi, l'jeudi et pis l'samedi. Mais quand on allait, autrement, avant c'était le mardi, le jeudi, et l'samedi, trois jours par semaine, ah ouais. Pis après j'ai vu y aller moi des fois l'lundi hein, on avait un marchand, le, ... comment on l'appelait, là, d'l'Oise, là ...

R1- Monach (???)

R2- Monach (???) et il nous d'mandait l'sam'di il disait : tu m'apporteras cent bottes d'carottes lundi au matin, j'serai là à six heures.

R1- Ouais.

R2- Alors l'dimanche on s'tapait.

R1- Oh on vendait bien nos produits à l'époque

R2- Après ça a été fini hein

Q1- Après les autres sont r'venus au marché p'tit à p'tit ?

R1- Beaucoup oui, plusieurs sont r'venus, et puis ...

R2- Et on vendait aussi aux gens qui s'installaient au marché d'l'hôtel de ville.

R1- Ouais.

R2- Parce qui y'avait des marchés d'l'hôtel de ville, hein. Y'avaient des commerçants comme y'a là, mais y'en avait pas tant qu'ça quoi, mais qui vendaient des légumes. On avait la famille des Couture, ils étaient j'sais pas moi combien, une dizaine peut-être de familles là qui vendaient comme ça sur le marché. Y'avait beaucoup d'filles, des garçons tout ça. Tout ça ils étaient installés.

Q1- Et quand vous êtes revenus qu'est-ce que la mairie elle a dit ? Qu'est-ce qu'elle en a pensé d'vot'e retour ?

R2- Ben, personne n'a rien dit. On n'nous a jamais rien dit .

Q1- Ah bon !

R2- Et pis au fur à mesure tout l'monde a descendu pis c'était tout. Pis personne n'a rien vu, on n'a jamais entendu parler de rien.

Q2- Au bout d'combien d'temps vous êtes redescendus ?

R2- Oh j'sais pus, j'sais pas

R1- On n'a pas été très longtemps là-bas aux halles

Q2- Deux mois ?

R2- Ah non non non quand même !

R1- Une paire d'années hein

R2- Oui une paire d'années quand même, on a été une paire d'années quand même.

R1- Oui.

R2- Mais ça v'nait d'pire en pire. Voilà.

R1- On vendait d'moins en moins hein.

R2- Parce que les gens y v'naient d'moins en moins.

R1- Hein !

R2- Mmm

Q- Mais ce retour au marché sur l'eau, par qui il a été décidé ? C'est à dire que vous avez décidé un beau jour ...

R2- Comme ça, voilà on s'est décidé d'aller vendre, parce que comme on n'vendait pas en haut, on s'est dit on va l'r'vendre en bas, comme y'avait tout des familles nombreuses, tout ça

Q1- Ils avaient pas interdit la vente ?

R2- Personne nous a rien dit.

R1- Non non

Q1- Pas d'interdiction de vendre comme ça ?

R1- Non.

R2- Non. Alors on y allait jeudi et samedi.

Q2- Le placier v'nait quand même vous faire payer la place ?

R2- Ah oui il v'nait faire payer la place, il savait qu'on était là, ben il v'nait faire payer, après, on était à plusieurs et y'en a d'autres qui sont v'nus, et pis ...

Q1- Mais comment les gens ont su ? Les gens ont su que vous r'veniez ?

R1- Ah ...

R2- Ah ça vous savez, ça s'sait toujours hein.

R1- Ils disaient ben j'ai allé au marché Parmentier, alors y'avait un voisin ...

R2- Eh ben j'irai, et c'est comme ça qu'les gens ils ont r'descendu.

R1- Et les gens ils r'venaient hein.

R2- Ouais !

Q1- Donc vous aviez les mêmes clients en fait ?

R2- Oh des passagers des fois, y'avait des nouveaux, au moment des vacances, on avait des vacanciers qui z'étaient à Saint Pierre là bas, et ben qui v'naient nous acheter, hein.

Q2- Vous aviez une nouvelle clientèle de détail ?

R1- Oui. Nouvelle clientèle.

R2- Oui oui oui . Pis qu'on l'a, pis qu'on l'a gardée, notre clientèle de détail hein

Q2- Ils n'allaient plus se livrer chez les p'tits commerçants, ils v'naient plutôt faire le marché ?

R2- Ils aimaient bien v'nir au marché, parce que voilà c'était d'la marchandise fraîche, nous on faisait l'vendredi pour vend'e l'samedi, hein, alors c'était frais, c'était tout frais. C'est pour ça qu'j'vous dis, c'qui restait , on n'pouvait pas leur porter.

R1- Non non.

R2- C'était pas possible, nous fallait l'jeter en rentrant.

Q1- Vous vendiez, là à des heures plus tardives, c'était plutôt vers six heures sept heures du matin.

R2- Ah oui, oh, mais celui qui voulait vraiment quelque chose, qui t'nait à avoir quelque chose de beau, eh ben il était là d'bonne heure, à sept heures il était là hein.

R1- Ouais ouais.

R2- Oui, oui, on avait à peine déchargé, à peine fait son étalage là, eh ben, quand on faisait pus qu'du détail, eh ben ils étaient là d'bonne heure pour dire " j'voudrais ça, j'voudrais çà, ouais ouais ".

Q- Par la suite, quand les marchés ont évolué, tous les autres

R2- Les gens y sont v'nus , tous les autres, voilà.

R1- Y'avait déjà beaucoup de maraîchers en moins hein

R2- Oh oui !
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