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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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Le marché sur l'eau à Amiens et l'activité maraîchère

Maraîchage : Les rapports et les relations entre les hommes et les femmes dans le milieu maraîcher.

Q2- Par rapport à votre frère par exemple, est-ce qu'il y avait une différence, est-ce qu'on faisait la distinction entre une fille et un garçon ?

R2- Mon frère, étant jeune homme, ça lui plaisait pas, donc, il a été un peu travailler à l'usine, lui, ça lui plaisait pas, il voulait pas être maraîcher, ça lui plaisait pas. Alors euh, après il a été soldat, la guerre elle est arrivée, il a été en zone lib'e, et pis après il est rev'nu et comme nous qu'on était mariés, que moi j'n'étais pus là, bon, mes parents y z'avaient r'eu un ch'val et une voiture pendant la guerre hein, parce que on n'avait pus d'auto, pis on n'avait pas d'essence tout ça, hein. Alors ma mère elle allait à Amiens avec un cheval gris hein, pis après ben mon frère il est r'venu et pis il a travaillé avec eux. Pis il l'a toujours regretté. Parce que lui il était rentré aux chemins d'fer, pensez, là bas en zone lib'e.

R1- Oui mais enfin ...

Q2- Vous, votre travail ?

R2- Mais eh, on faisait la cuisine, mais hop, entre deux hein. Des fois on rev'nait c'était brûlé, march'ça n'fait rien, oh vous savez fallait toujours. Mais après là quand on était ici, hein, comme not'e jardin, il est tout en longueur hein, ici, ben vous savez c'que j'faisais ? eh ben j'ai pris une montre et pis j'prenais mon vélo, et pis j'disais bon, j'ai mis ça dans une heure, faut que j'sois, non dans une demi-heure, je rev'nais en vélo hein.

R1- Bon et maint'nant y'a des cuisinières tandis qu'il y a quarante ans, y'avait pas tout ça hein. C'était un poële

Q2- Un poêle à bois

R2- Oui en charbon à bois, des fois, j'vois et d'un seul coup un coup d'feu

R1- Et on mettait du bois dans c'poêlon

R2- Oh la la . On peut pas comparer la vie d'maint'nant avec-que c'moment là.

R1- Non.

R2- Mais on n'était pas malheureux

R1- Non, non !

R2- On n'était pas malheureux du tout, moi j'trouve pas qu'on était malheureux, c'était tout l'monde pareil.

R1- Bon, nous c'était un métier, c'est vrai on faisait des heures, mais ...

R2- Ah oui. Ca, faut pas compter les heures, hein.

R1- Mais on était son maît'e hein, on était son maît'e, ch'est ça. Hein. Mais il fallait pas compter ses heures. Hein.

R2- Et pis alors euh, quand on faisait beaucoup d'légumes comme ça hein, on finissait qu'il était onze heures du soir, des fois onze heures et demie, on mangeait un tchot peu, hop couché, et pis à trois heures du matin, j'étais r'levée hein.

R1- Et pis ma femme elle peut dire hein, moi j'aimais bien la chasse, mais pour aller chasser, j'travaillais mettons d'nuit à planter des salsifis à côté des poireaux, jusqu'à une heure du matin, pour dire que m'femme allait l'marché, pour mi j'allais à la chasse après. Tout ça ... Hein.

R2- Oh, c'était pas la vie d'maintenant hein.

R1- Non. Mais enfin celui qui est courageux.

R2- Vous savez moi, l'été, quand on était en pleine saison, hein, quand on s'était couché quatre heures, ben vous savez c'était bien hein. Moi ça m'suffisait, je n'suis pas une grosse dormeuse hein.

Q2- L'hiver c'était un peu la période de repos alors ?

R1- Ah oui l'hiver c'était pas pareil ...

R2- Oui, on était couché tout l'temps ...

R1- En c'moment on a un peu d'chance ...

R2- Pis les choux d'Bruxelles qu'on avait l'hiver, fallait éplucher sur la table ça, on les cueillait dans l'jour, mais l'soir fallait les éplucher sur la tab'e.

Q2- Vous les épluchiez, vous-même, Monsieur vous épluchiez aussi?

R2- Ah bien sûr.

Q2- Ah tout l'monde participait ?

R2- Ah mais bien sûr ! Eh, et pis pour avoir plus chaud, on s'mettait sur la tab'e de la cuisine hein. A c'moment là, on n'avait pas cette pièce là c'est après qu'on l'a fait. On habitait par là. Bien sûr on épluchait au soir. Parce que il fallait pas qu'il y ait d'feuilles jaunes, mais quand vous cueillez, vous savez, un gros touré ...

R1- Bien sûr.

R2- Et pis les feuilles jaunes, fallait l'enlever, ça, pour l'vend'e, fallait qu'ce soit convenab'e, hein.
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