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Le marché sur l'eau à Amiens et l'activité maraîchère

Marché sur l'eau d'Amiens. L'organisation de l'activité du marché sur l'eau.

Q1- Alors comment ça s'passait pour le marché ?

R2- Oh ben c'était pas du tout l'même marché qu'maintenant, oh la la la !

Q1- Alors comment c'était ?

R2- Oh ben on arrivait quand même le matin d'bonne heure, alors bon !

Q1- Vers quelle heure à peu près ?

R- Oh, trois heures et demie, fallait être là-bas hein. Ca a toujours existé. Trois heures et demie. Alors il fallait à trois heures et demie qu'on soive installé avec not'e marchandise, parce qu'il y avait des gens qui v'naient de loin pour ach'ter. On avait beaucoup d'clients qui v'naient de loin. Alors ils achetaient, ces gens, ils faisaient mett'e d'côté, après ils ramassaient, pis après ils v'naient payer. Ils v'naient trois fois vous voir.


R2- Mais alors vous aviez à c'moment là des voitures à baudet, tous les gens d'la ville d'Amiens z'étaient avec une petite voiture et pis un baudet ! ... Tout ça, c'est ... Oh ! y'avait...

Q2- Les voitures étaient garées sur les côtés non ?

R2- Oui là. Dans les rues en face, et pis un peu.

R1- Des ânes. Des poneys, des poneys.

R2- Des p'tits baudets. Oh on avait du plaisir vous savez.

R1- Parce qu'il y avait pas d'autos à l'époque.

R2- Y'en avait qu'c'étaient des baudets entiers tout ça, alors des fois y'avait des bagarres d'baudets

R1- C'était vivant !

R2- Oh c'était vivant, oh la la la !

Q- Y'avait des gens qui gardaient les baudets par exemple ?

R2- Non , ils mettaient la chaine à la roue, pis ça y était. Pis alors d'un seul coup, y'en avait un qu'il était un peu en furie, alors il prenait sa voiture, et pis hop, il allait monter sur l'aut'e. Oh ! Mais c'était beau à voir ça, mais c'est, c'est pas la même chose qu'une auto hein !

Q1- Mais le marché était préparé par qui ? Par vous-même, ou avec votre mère, avec ?

R- On avait même, on payait des fois même à l'année nos places. Au début, comme ça hein !

R1- A la ville.

R2- A la ville, c'est à la ville. A la ville, l'marché, pis on payait. Ouais ouais. Pis alors quand j'étais jeune moi j'me rappelle, y'avait des gabelous qu'on appelait ça, hein, et ben y'avait un grand tableau et on inscrivait le prix, ils passaient les gabelous, et pis combien qu'tu vends ça, combien qu'tu vends ça ? Ils faisaient tous les maraichers. Et pis alors ils affichaient l'prix, ils marquaient : poireaux tel prix, carottes, tel prix, tout ça. Et pis, eux, ils avaient l'droit d'acheter les gens, mais pas l'droit d'enlever avant six heures, fallait qu'la cloche elle sonne ... eh ouais !

Q2- Ils pouvaient acheter avant ?

R2- Oui ils mettaient , on mettait d'côté, comprenez vous ? Et pis quand six heures ça sonnait la cloche, allez, tout l'monde embarquait.

Q1- Donc ça s'finissait très tôt alors ?

R2- Bien sûr !

R1- Ah oui !

R2- Nous à six heures, six heures et demie ben, on avait après quelques trainards qui v'naient , qui v'naient, des gens d'Amiens , pas des gens de loin, les gens de loin ils v'naient de bonne heure, mais les gens d'Amiens qui v'naient ramasser un peu quoi, c'qui trainait .Mais là là, sept heures et demie, y'était pus question d'marché, y'avait pus rien.

Q2- Les gens de loin, c'est à dire ils v'naient d'où à peu près ?

R2- D'Granvilliers, de Corbie

R1- D'Aumale

R2- D'Albert, d'Aumale.

Q1- Mais j'pensais que les prix étaient discutés, parce que tout à l'heure, vous m'disiez que le gabelou ...

R2- Ah oui, euh, il demandait : combien vous vendez, vous ? alors bon ben on disait : si j'ai tant pour des carottes ; et j'ai vu vend'e des haricots monsieur zéro franc vingt-cinq centimes ! Des haricots beurrés en pleine saison en c'moment ci, zéro franc vingt-cinq !

Q1- Le kilo ?

R2- L'kilo !

R1- Ah oui, c'étaient ces prix là hein !

R2- Oui, c'étaient ces prix là, on vendait ça, quand on n'trouvait pas la vente, hein ! eh bien, fallait bien les liquider, c'étaient les prix, c'était pas cher non plus hein.

Q1- Donc les particuliers avaient un prix en fait de référence ...

R2- Ah mais les particuliers ne v'naient pas pour dire à c'moment là, presque pas. Ou alors, des familles nombreuses des fois qui v'naient///

R1- Oui oui

R2- ///mais tard, à la dernière minute, voir si restait, si vous restait un p'tit reste, on faisait un p'tit prix à des familles nombreuses, parce que dites eh, y'avait pas d'caisse comme maint'nant.

Q2- C'était dans les années trente ?

R1- Ouais !

Q2- Trente quarante ?

R2- J'ai passé en trente cinq, ben, mon permis, ben c'était en quarante par là.
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