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Contalmaison après la première guerre mondiale

Les profiteurs de guerre et le déminage des obus après la première guerre mondiale

Q1 : Voilà, donc euh, pour conclure cet entretien, vous trouvez euh. par rapport à c'qu'ont pu dire vos parents, que le village s'est transformé en mieux ou. ?

R1 : Ah si, en mieux. Ah oui.

R2 : Qu'avant, c'était du torchis.

R1 : Bé oui, là, c'était du torchis, c'était fini, on a bâti en briques hein. D'abord, tout partout, y'avait des briqu'tries tout partout hein. On faisait des briques tout partout hein. On en fait ici, là bas en haut. Dans l'ch'min d'la (???), y'avait une briquetrie.

R2 : Y'avait deux sortes de briqueteries. Y'avait (???) et y'avait (???)

R1 : Ah bon.

R2 : Hein. Y'avait la (???)

R1 : Eh !

R2 : Montauban

R1 : Ben oui, quand ils n'ont plus fait, on est allé s'amuser là bas. Un moment sur la passerelle. Y'avait 'core des, des machines qui faisaient des braises.

R2 : Ouais, des braises.

R12 : Tout ça, c'était abandonné.

R2 : Ah ouais.

R1 : Après, tout en allant, ça s'est. y'en a beaucoup qui l'ont abandonné hein, une fois qu'c'était r'construit.

R2 : J'peux l'citer, ch't'homme, il est mort y'a longtemps (???)

R1 : Ouais.

R2 : Ma mère elle disait, ch't'homme là, il s'est am'né à vélo avec un sabot et pis une galoche. Et ben, mon vieux, il s'est lancé dans la r'construction.

R1 : Ah ah ah ah ah ! Y'en a qui ont fait leur beurre ah ah !

R2 : Ah oui.

Q1 : Y'en a qui ont fait leur beurre avec la r'construction ?

R1 : Oui oui. Des entrepreneurs qui sont, qui z'ont c'mmencé à zéro et pis après qui z'ont, qui s'sont lancés.

R2 : Moi, l'propriétaire d'mon (???), il était toujours à Paris, ben la briquet'rie en haut du ch'min, c'était lui hein.

R1 : Ah oui.

R2 : Un parisien.

R1 : Be, y'en a, qu'en a un, c'était. machin. J'sais plus son nom.

R2 : Ah, (???). Y'en a un qu'il a fait l'berg'rie pis (???) il l'a balancé. Sans(???) il était (???).

R1 : Ah ah ah ah ah !

R2 : Parc'qu'il y avait des histoires euh. Ah en concurrence, on trouvait.

R1 : Oh oui oh oui. Certain'ment. La concurrence devait être sévère hein, entre les entrepreneurs. Et pis, y'en a. Pour l'cuivre, c'était un monopole.

R2 : Ah ah !

R1 : C'était. [P11]

R2 : [P11]

R1 : [P11]. Mais lui il a fait un'rude fortune aussi hein.

R2 : Hein !

R1 : C'est lui qui ach'tait tout l'cuivre qu'on trouvait.

R2 : Oui, il ach'tait ça à (???)

R1 : Il avait l'monopole pour la région.

R2 : Dans chaque village, y'avait un ferrailleur.

R1 : Ouais, et il devait vendre à lui.

Q1 : Ah d'accord. C'est une seule personne qui avait le monopole pour le cuivre, et (???)

R2 : Oui oui oui.

R1 : Ça, on était obligé d'vendre à lui. Pour toute la région.

R2 : Ah oui.

Q1 : D'accord.

R2 : Ben, ils sont, aujourd'hui, y'a longtemps qu'ils sont morts.

R1 : On dit que ça. que ses ardoises, c'était du cuivre rouge, s'maison.

R2 : Oui oui..

R1 : Ben oui hein. Eh eh eh !!

Q1 : C'est quelqu'un qui habitait l'village ? Non, y'a pas.

R1 : Non non.

R2 : Oh non, c'est pas. C'était des gens qui v'naient du midi.

R1 : Oui, mais il restait à Albert.

R2 : Ah oui oui.

R1 : Oui. Oh oui, y'en a tout. Y'en a qui v'naient du midi, ah bien sûr hein.

R2 : Ah ouais. Ouais, lui il avait ach'té à l'état hein. Tout chés machins d'la guerre hein. Ferraille, cuivre, euh. Ben alors, des démineurs, il était pas 4 jours sans qu'y n'ait un qui s'fasse tuer. Ouais (???). Pis un truc, il chargeait.

Q1 : Ils f'saient comme ça pour l'déminage ?

R2 : Oui.

R1 : Oui, c'est. c'est comme aujourd'hui. Y'avait des gens qui, qui v'naient ramasser.

R2 : Non, c'était (???)

R1 : Quand on trouvait des obus, on les mettait d'côté et pis eux, ils v'naient les ramasser et ils allaient faire sauter ça, j'crois dans la Baie d'Somme.

R2 : Oui, mais avant, avant, ils avaient des trucs comme ici, ils en f'saient sauter (???). C'est dans les cours

R1 : Ah oui.

Q1 : Ah, ils faisaient exploser sur place ?

R1 : Oui, ils les faisaient exploser sur place.

R2 : Là à Thiepval, là. Y'z'étaient à 3, 4. On n'a pu r'trouver ni mulets, ni d'gens et .ça pas, tout ça, ça.

Q1 : (????) explosion, faire r'tirer les obus ?

R1 : Comment ?

Q1 : En v'nant r'tirer les obus, ils se sont (???)

R1 : Oui, ils se sont, ramassés des obus. Oh, ben, aujourd'hui encore, y'en a qui s'font 'core tuer hein.

R2 : Ah ! C'est dang'reux.

R1 : Dans les démineurs.

R2 : Ah, y'a certains obus, d'abord, ils sont v'nus les faire sur place.

R1 : Pourtant des spécialistes hein.

R2 : Eh, ils sont très dangereux hein, plus y vieil.///

R1 : Y'a pas longtemps, y n'a 'core un qui s'est fait tuer là, dans l'Pas-de-Calais.

R2 : Ouais. Alors, plus y vieillissent, moi, j'aurais pas cru ça, j'sais plus qui c'est qui a dit ça ? Plus y sont dangereux. Ah ! Oh ben, moi, je n'ai pas porté des obus. Sans (???). J'mettais ça dans, dans ch'(???), et (???). (?????) n'em'ner 3, si.

R1 : Oh oui oh oui oh oui.

R2 . plus haut qu'le tas.

Q1 : Vous avez ram. vous. euh.

R2 : Oui oui. Quand on. ram'nait au bord du chemin.

R1 : On a eu du mal à l'monter.

R2 : Il était (???), il v'nait.

Q1 : Un gros paquet d'obus, vous avez ram'né euh.

R2 : Oui. On a ram'né plusieurs. On s'est arraché arraché ses mains pour. Alors, moi, j'me suis assis d'sus, toi t'allais tout doucement hein, pour remonter jusqu'à ch'chemin hein. Oh ben, ç'aurait pété, on n'aurait rien trouvé. Oh oh !

R1 : Oh oh !!

Q1 : On s'rait pas là aujourd'hui.

R1 : On s'rait plus là.

R2 : Oh ! On n'aurait plus r'trouvé ni auto ni rien, tout était. Et, ils faisaient plus d'cent kilos. Des obus. pfff. Et il parait qu'c'était d'z'obus anglais. Boh, ça d'vait craquer un rud'coup hein. Oh ! M'enfin, hein, c'est comme ça.
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