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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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La boutonnerie artisanale dans la région d'Hardivillers

L'industrie du bouton était un travail d'appoint

Alors, bon l'industrie du bouton, c'était plutôt une industrie de, un travail d'appoint pour les gens, hein, l'homme, parce que y' avait une aut'e industrie, y'avait les phosphates, l'usine de phosphates à Hardivillers, et les hommes travaillaient à l'usine de phosphates parce que c'était assez dur, même très dur

Q1- Ca consistait en l'extraction du phosphate ?
R- L'extraction///
Q1- Dans une carrière ?

R- Voilà, une carrière, ils extrayaient. Au début, ils étaient à ciel ouvert, pis après ils travaillaient en galerie, et en galerie c'était un travail qui était très très dur, hein, c'était très dur.

Q1- Ils burinaient dans le phosphate ?

R- Tout à la main, un p'tit peu comme l'exploitation du charbon, un peu, enfin, en plus petit certainement, parce que les, les carrières ils étaient pas tellement profondes, ils faisaient deux, trois quatre cents mèt'es en profondeur, et pis de hauteur, y'avait jamais qu'une trentaine de mèt'es de profond, c'était pas plus profond. Une anecdote, les chevaux, ils naissaient, enfin ils naissaient, on les amenait dans les carrières, ils mouraient dans les carrières, ils sortaient jamais. Et bon, ça c'était.
Pour rev'nir au bouton, donc, ben l'bouton c'était un travail d'appoint qui était surtout, fait par les femmes. La femme, elle faisait, pendant qu'elle faisait la cuisine, ou elle travaillait aux champs parce que y'avait du travail aux champs, y'avait beaucoup d'cultivateurs puisqu'en c'temps là y'avait une trentaine d'agriculteurs à Hardivillers

Q1- En même temps, ces agriculteurs travaillaient aussi un peu dans l'bouton ? Leurs femmes travaillaient aussi dans l'bouton ?

R- Ben c'est à dire les cultivateurs, y'en avaient d'tout, y'avaient les gros, mais enfin, les gros d'aujourd'hui, ce s'raient plutôt des p'tits, parce que les gros cultivateurs du moment ils avaient tout d'un coup cinquante hectares, et les plus p'tits ils avaient quelquefois deux à trois hectares. Euh, on pourrait dire, en parlant un p'tit mot d'l'agriculture, autrefois, on travaillait que pour manger, on n'travaillait que pour ça, c'était le seul but d'la vie.

Q2- C'était pour la subsistance en fait ?

R- Le but, c'était pour manger.

Q1- En autarcie un peu ?

R- Voilà. Et on travaillait à cercle fermé, puisque on travaillait pour, un p'tit coin, on en faisait d'la betterave pour nourrir la vache, pour qu'elle donne du lait, pour nourrir les enfants. Et puis on faisait un cheval pour, juste pour tirer la charrue, c'était tout. Et pis on avait du blé pour faire le pain, donc, on travaillait en cercle fermé. Alors le soir, il était fréquent, moi je m'rappelle y'a un monsieur qui a travaillé chez nous, qui m'disait que l'soir, quand il arrivait, eh ben d'son travail puisqu'il était charretier, eh ben, sa femme elle s'occupait des enfants et pis du, du travail du ménage, elle préparait la bouffe, et pendant c'temps là, l'monsieur il faisait quelques boutons en attendant qu'la soupe elle soit servie dans l'assiette. Mais des fois l'soir, puisqu'il y'avait des veillées, le soir, ben ils refaisaient des boutons, ils étaient payés à la pièce, hein, ils étaient payés à la grosse, une grosse c'est douze douzaines. Hein. Ma grand mère elle était, mon grand père il était découpeur dans l'usine à boutons, mon grand père paternel, Baticle, Wilfrid

Q2- Donc y'avait une usine ici alors ?
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