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La vie quotidienne à Rozoy Bellevalle

Les événements importants lors de la libération


R- Oh ici, c'est encore des… alors à la libération, ça c'était pas rien, là vous voyez qu'on est heureux hein… on avait attrapé les casques et… allez-y.

R- On a pas parlé du Général De Gaulle tiens, c'est presque…

Q- On pourrait peut-être en parler ?

R- Oui on pourrait en parler un peu oui… alors la déportation, on a vu ça…

Q- Comment, quand, à partir de quand

R- Pétain bon ça ne m'intéresse pas plus que ça

Q-Vous l'avez connu, déjà ?

Q2- Ah si Pétain ça nous intéresse aussi

R- Le Général De Gaulle, ben, on l'a surtout apprécié à la libération le Général De Gaulle hein… il a été surtout apprécié

Q- Il a surtout été connu à quelle euh…

R- Et bien oui… à partir euh… à partir de… quand il était parti en Angleterre, bon et puis qui donc, qu'il envoyait des messages aux français. Mais moi je sais que j'ai surtout apprécié le Général De Gaulle, c'est à la libération vous comprenez ! Parce que… être libéré c'était… quand même pas rien hein. A la libération, on a beaucoup apprécié le Général De Gaulle. J'pense qu'on est quand même nous une génération qu'on apprécie beaucoup le Général De Gaulle bon.

R- Comment ?

Q- Je pense aussi

R- Oui, parce que pour nous ça a été quelque chose hein… bon, alors justement, il est là. Paris libéré par son peuple. Paris délivré par son peuple. Ça je trouve que c'est formidable aussi hein. Voilà. Tous les images de… ça, ça récite la libération de Paris.

Q- Oui, c'est intéressant

R- Oui, tous les points de résistance hein… les placements de barricades, les cerclements entourent les points d'appui allemands, il y en avait hein…

Q- Hum.

R- Bon… La bataille dans Paris. Char contre char, la division Leclerc emporte voilà… l'assaut final, les allemands capitulent, ça c'est la meilleure chose hein… bon alors après, c'est là qu'on voit le Général De Gaulle dans la foule… fureur des nazis…… un des premiers francs-tireurs des toits pris sur le fait était un japonais. Qu'est-ce qu'il faisait là celui-là… Alors pendant le défilé triomphal, y'a une fille qu'est tiré par les bras là. Alors pendant le défilé triomphal, avec un courage tranquille… alors on en parle là non, 26 août, la libération de Paris, vous en parlez non…

Q- C'est en route, c'est route…

R- Ah bon, oh là, là… alors le 26 août, pendant le défilé triomphal, avec un courage tranquille, le Général De Gaulle, que tout un peuple attend depuis 4 ans, descend les Champs-Élysées, après avoir salué, entouré des chefs de la résistance, le soldat inconnu. Paris en joie, empli bien avant l'heure les artères du parcours. Dans un ciel inondé de soleil, les avions d'observation rasent les toits aux applaudissements de la foule. Bientôt, pressé de toutes parts, le cortège gagne peu à peu la place de la Concorde, où une immense clameur, un seul cri, Vive De Gaulle, jaillit de toutes les bouches. On a à peine à voir le premier résistant de France malgré sa haute taille. La joie est sur tous les visages, après les jours de colère et de fièvre, Paris est enfin libre de clamer son espoir. C'est bien ça…

Q- Hum, hum…

R- Alors voilà De Gaulle, debout, entouré des chefs de la résistance le 26 août devant l'Arc de Triomphe. Et bien nous y voilà, c'est maintenant le moment d'être ce que nous voulons être, et de montrer ce que nous sommes. Il s'agit d'empoigner la corde et de remonter la pente à la force de nos poignets. Voilà. La bataille de Paris. Je pense que… il raconte la bataille de Paris, voilà, c'est bien. Qu'est-ce vous voulez d'autre… Alors donc euh, j'ai eu l'occasion, si vous voulez, pendant mon travail, de rencontrer un maire R43, qui avait été au service de… De Gaulle… 18 ans… chauffeur de De Gaulle 18 ans. Alors quand je le rencontrais, j'étais contente de lui faire parler du Général De Gaulle.

Q- Donc, un monsieur qui a été…

R- Il a été chauffeur de De Gaulle pendant 18 ans. Il avait de l'allure hein, il avait de l'allure hein, parce qu'il a été choisi, parmi hein… c'est lui qui avait été choisi, ouais. Alors j'étais contente de le rencontrer dans mon travail à des réunions

R- C'est au 28 août, 1944, que Château-Thierry fut enfin libérée du joug allemand. 4 ans, 2 mois et 18 jours d'inexprimable angoisse, de torture physique et morale, de vexations de toute nature, ça c'est vrai hein. C'est la foi, dans un renversement complet de la douloureuse situation qui nous était imposée, c'est notre inaltérable confiance en la victoire finale des alliés, qui nous a permis de supporter sans défaillance l'odieuse tyrannie dont nous avons été l'objet. Cette heure bénie est enfin venue. Nous avions commencé à le sentir proche, à la sentir proche plusieurs semaines avant son aurore. En effet, depuis le début d'août, à la suite de l'enfoncement du mur de l'atlantique par les anglo-américains, un mouvement d'retraite s'était manifesté dans les rangs de nos envahisseurs. De jour en jour il s'accentuait, sans interruption, de longues files de camions, de voitures de tous genres, d'autos, remontaient vers l'Est. Les 25, 26 et 27 août, ce n'était plus une retraite mais une fuite rapide, d'abord, puis éperdue en désordre sur la fin. Cependant, ce dimanche 27 juin, jusqu'à près de 19 heures, rien ne pouvait nous faire supposer ce qui allait ce qui allait se manifester quelques instants plus tard. Dans la ville, la population profitait du beau pour vaquer à ses occupations habituelles. Vous voyez que c'était comme un… c'était extraordinaire quoi. Vers 20 heures qui avaient fini de prendre leur maigre repas du soir, se promenaient sur les allées ou se disposaient à s'y rendre. Les allemands encore logés chez l'habitant, précipitaient… ah… c'est embêtant ça si je retrouve pas…

R- C'est dommage ça qu'on ne trouve pas le truc là parce que… bien dommage parce que c'est… après on récite autre chose, ça suit pas c'est dommage bon… Toutes sortes, des portes sont enfoncées des fenêtres arrachées, le vacarme est à son comble. Les éclatements se succèdent sans interruption. Avenue de Soissons, en face de l'habitation de Monsieur Charpentier, Bourrelier, un camion d'essence ou de munitions, atteint par un projectile, a sauté. Tous les immeubles aux alentours sont atteints plus ou moins sérieusement. La maison de Monsieur Charpentier s'effondre. D'autres bâtiments prennent feu, ainsi que des véhicules ennemis. Des soldats allemands sont projetés près de la banque… la BNCI oui, finissent de mourir carbonisés. Que s'est-il passé ? On l'a su le lendemain. Des blindés américains venaient du sud, ont tourné de Nogentelle, surgis du carrefour du Luxembourg, ont pris sous leur feu l'avenue de Montmirail, l'un deux s'est dirigé vers Chiéry, il lui a été signalé que les ponts de Château-Thierry n'étaient pas encore détruits mais qu'ils allaient sans doute l'être bientôt, le feu avait déjà mis à la passerelle à l'aide d'essence, mais l'orage éteignit l'incendie presque aussitôt allumé. Les américains tinrent compte du renseignement, le tank se dirigeant vers Dormans fit demi-tour ( ???) tira en direction de l'avenue de Brasles où bientôt après, le feu diminuait d'intensité. Toutefois, un peu avant le jour, une batterie d'artillerie allemande placée derrière la charité, essayait d'arrêter les survenants. Quelques coups bien… bon ben là c'est ça c'est dommage, mais j'ai le journal, là attendez… L'Espoir du Sud de l'Aisne, parce que ça, ça mérite quand même de…… bon, j'vais r'trouver ça attendez… Il y a le journal bon… Oh oui, c'est, c'est loin d'avoir tout…

R- quelques coups bien placés, firent taire la bavarde. Peu à peu le bruit s'atténua, on entendait plus guère que quelques explosions provenant de l'éclatement de munitions renfermées dans les voitures allemandes en feu. Alors le jour étant venu, on sortait des abris, ou de son lit, on risquait un œil par la fenêtre, on fit un pas dans la rue, puis deux. Puis, avec circonspection d'abord, on poussa une reconnaissance plus lointaine, jusque vers la place des Etats-Unis, jonchée de débris de tout genre, parmi lesquels gisaient ça et là, des cadavres de soldats allemands. Mais qu'est-ce que ce militaire en kaki à l'allure svelte qui est armé d'une mitrailleuse va et vient près du palais de justice, et ces autres troupiers, examinant curieusement les vestiges abandonnés par les boches. Mais, ce sont des américains !!! ce ne fut qu'un cri, des américains sur la place des Etats-Unis, nous sommes délivrés, ça fait comme à Rozoy-Bellevalle écoutez… En un instant, toute la ville connut la bonne nouvelle, ce fut la ruée vers nos libérateurs, des femmes, des jeunes filles les embrassent filialement, fraternellement, des mères leur tendent leurs bébés, les hommes échangent de cordiales poignées de mains, la joie brille dans tous les yeux. Libres, nous sommes libres. On se demande si c'est bien vrai, si on ne rêve pas. C'est vrai, ce que je vous disais tout à l'heure, hein… on se félicite que cette libération tant attendue, se soit passée sans plus de dégâts. Pendant ce temps là, des convois américains arrivent par l'avenue de Montmirail, par l'avenue Jules Lefèvre, montent vers l'avenue de Soissons à la poursuite de l'ennemi en pleine débandade. Au passage, les américains sont salués d'acclamations, des fleurs leur sont offertes. Charmés d'un tel accueil, ces grands gars, le sourire aux lèvres, répondent de la main par le signe V, victoire. Les convois défilent sans arrêt, chacun est stupéfait à la vue d'un tel matériel et admire la bonne tenue de cette splendide armée. Pendant ce temps là, les drapeaux, les oriflammes commençaient à se montrer, et bientôt toutes les maisons furent pavoisées aux couleurs françaises et américains, américaines. Aux premières lueurs du jour, les éléments locaux et régionaux de la résistance se sont mis en campagne et font la chasse aux boches qui se trouvent encore dans les environs. Ce fut ainsi le 28 août de l'an grâce 1944, que cette bonne ville de Château-Thierry, patrie de Jean de la Fontaine.

R- bon là… c'est peut-être les parents de mes grand-parents ça doit être…, c'est les paysans, ça c'est la vigne, la vendange, au temps des vieux pressoirs.

Q- Vous vous restituez l'époque à peu près, c'est quoi, c'est quand…

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