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La vie à Soissons entre les deux guerres

L'arrivée et l'assimilation des immigrés pendant la reconstruction de Soissons en 14-18

Q- Non parce que tout à l'heure vous avez dit quelque chose qui est… bon qui frappe un petit peu de, vous vous êtes repris. Vous avez dit étranger, c'est-à-dire extérieur à Soissons.

R- Ben oui, c'est ce que je vous ai expliqué, du fait de la reconstruction, il a fallu beaucoup de monde. Donc on a fait venir euh… ben d'abord les vraiment étrangers, c'est-à-dire c'était surtout des polonais, des italiens. Et puis on a fait venir des gens de France, il y avait des bretons, mais surtout, surtout, surtout des auvergnats. Ça a été longtemps les… les champions des travaux du bâtiment, quoi des… les fameux maçons de la Creuse, c'était bien connu, à l'époque vous le savez peut-être pas, mais il y avait, à Paris, un quartier qui était le quartier des auvergnats, le quartier de la Place de la Nation, et c'était vraiment le quartier des auvergnats, c'était… à peu près… peut-être pas, à 100 % mais bien à 60 % habité par des auvergnats. Bon ben à Soissons c'était pas l'cas. C'était pas l'cas, ils trouvaient à se loger quand ils pouvaient parce bien entendu, il fallait reconstruire avant. Et beaucoup, énormément, ça c'est encore une image du Soissons d'après guerre, et énormément de baraques. Il a fallu créer des cités de… baraques, il y a pas encore tellement encore il en existait, il en existe encore euh… un exemple là dans euh… un peu en face Leclerc, là ici, enfin l'anciennement Leclerc. Il existe encore une baraque qui date de… à cette époque là c'était des suédois qui avaient donné des baraques à la France, qu'on a réparties un peu partout, et il y avait beaucoup, beaucoup de gens qui logeaient dans ces baraques. Les polonais, c'était surtout des ouvriers de ferme.

Q- Oui il y avait donc euh… une classification auprès des étrangers, ils avaient chacun///

R- Oui, ben il fallait des qualifications hein. Les italiens ils travaillaient dans le bâtiment, mais… également beaucoup en fermes. Il faut pas oublier une chose c'est que à l'époque là… en ferme, il y avait facilement… une grosse ferme avait facilement 50 - 60 ouvriers. Bon et puis ça… c'est la première c'est qu'il fallait remettre les terres en état… c'était truffé de trous, de tranchées de… etc. hein… J'ai aucune ( ???) du nombre que ça pouvait représenter ces… extérieurs puisque vous voulez que je vous dise ça, mais… pour ne vous citer qu'une anecdote qui représente ce que c'était, il existait à l'époque, ça a été jusque avant la deuxième guerre, un marché polonais, qui avait lieu sur la grand place, la grand place, là où il y a le… les arrêts de bus.

R2- Le dimanche matin.

R- Le dimanche matin ouais. Et il fallait voir le… le folklore hein. Ça c'était sensationnel le marché polonais. C'était vraiment des… des… bon ben des polonais des fermes, ils élevaient des bêtes, ils venaient les vendre là au marché etc. et c'était, c'était sensationnel et… comme c'était dimanche, ils s'habillaient à leur mode hein. Bon ça a pas duré longtemps le… cette histoire de mode, mais au début, c'était comme ça hein. Un peu comme maintenant on voit les arabes habillés en djellabas, bon ben, pareil. Ça a duré jusque, avant la… un petit peu avant la deuxième guerre.

R2- ( ???) avant la guerre 39.

Q- Eh ben c'est ce que j'te dis oui…

R2- ( ???)

R- Mais enfin c'était déjà plus, le folklore du départ hein, mais au début, au départ c'était…

Q- Tout le monde y allait au marché polonais ?

R- Ah bien sûr, vous pensez, c'était le… c'était le… d'abord c'était intéressant, et puis c'était le lieu de… curiosité si vous voulez.

Q- Donc il y a jamais eu de problèmes par exemple avec les polonais et les français ou des choses comme ça ?

R- Non et puis, les polonais se sont très très vite assimilés. Ça ça a été quelque chose de sensationnel. Les italiens aussi d'ailleurs. C'était très différent de c'que c'est maintenant avec les… avec les nord africains, avec des immigrants. Ils se sont très, très vite assimilés, il y a peut-être euh… l'histoire de la religion, étant donné qu'ils étaient de même religion, ça a peut-être euh… ça a peut-être fait pour beaucoup. Mais il y avait quand même pendant… combien de temps que ça a marché l'église polonaise ?

R2- Euh, euh, je m'demande, P11 elle allait encore quand elle était, elle allait à Saint Vincent de Paul.

R- Oui le culte polonais, et l'église polonaise, avec un, des prêtres, ils étaient à deux, prêtres polonais, et donc, on allait au marché, on allait à l'église polonaise, ils avaient un consulat aussi, mais ça les empêch… ça ne les empêchait pas de, de, s'être habitués très vite. D'ailleurs si vous voyez maintenant, euh… le nombre de noms polonais… dans, dans l'état civil, et pourtant ce sont de… ce sont des français comme les autres hein. Ils se sont assimilés vraiment très très vite hein.

Q- Donc pour vous l'assimilation, ça se fait justement si on a la même culture c'est, c'est plus facile ?

R- Ben peut-être. Je n'affirme rien, mais je trouve que… je trouve que le fait d'être de la même religion, ça faisait quand même beaucoup, étant donné que la religion à notre époque, bon ben c'était quand même pratiqué hein.
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