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Bray sur Somme pendant la seconde guerre mondiale

La libération de Bray sur Somme pendant la seconde guerre mondiale

Q- Il y a pas eu de gros règlements de compte à Bray sur Somme ?

R- Que je me rappelle pas non, non, non… je me rappelle pas qu'il y a eu beaucoup de… non. Après c'était l'évacuation, après c'était comment j'veux dire euh… le… les amer… alliés qui sont arrivés, alors là il fallait faire attention aussi hein, parce que ils étaient méchants quand ils s'en allaient hein.

Q- Les allemands ?

R- Oh là là… oh là là… on a, on était trop curieux, on allait les voir partir, on était contents de les voir partir hein, ah il y en avait qui s'en allaient, ils s'en allaient à cheval, ils avaient pris des chevaux à… dans les fermes il y avait des… ils avaient des vieilles carrioles, ils avaient… ils avaient volé de tout hein, il y a eu un… un… comment j'veux dire, à une époque ils s'étaient mis ici, il y avait un jeu de paume, et le jeu de paume il était entouré de grands arbres, et ils étaient mis, ils avaient mis leur camion, les, les allemands, leurs camions dans ce… dans ce jeu de paume avec toute leur matériel tout ça, et pour comme je… comme un fait exprès ils étaient… ils avaient fichu l'camp, il y avait plus rien, et puis dans Bray ça s'est su, et puis, on a dit ben, il y a du matériel là-bas eh ben, on a qu'à aller se servir hein, hein, ben moi l'premier j'ai été m'servir, hein il y a pas d'histoire, on a monté dans les camions, il y avait des draps, il y avait des, il y avait de tout là-dedans, des chaussures tout ça, j'ai vu un gendarme qui mettait, qui essayait une paire de chaussures moi là-bas, hein, la nuit, la nuit, une chance qu'ils sont pas revenus on aurait été fusillés, il y aurait eu beaucoup de, beaucoup de fusillés hein. Alors euh… la ré… il y avait une résistance aussi en France, mais ils étaient dans les bois, ils étaient dans les bois, euh… les allemands ils sont revenus quand même, mais en p'tit nombre, en p'tit nombre ouais, tout était pillé, il n'y avait plus de… il y avait plus d'roues à ces machins, à ces véhicules, les gens ils avaient monté des crics, ils avaient retiré les roues, ils avaient volé, ils y avaient volé tout quoi hein, et puis… dans mon quartier il y avait un monsieur qui était sourd, mais alors sourd à 100 % lui, et… c'est la période difficile là… ça se jouait sur une journée hein, alors moi j'avais été aussi, j'avais ramassé pas mal de matériel et puis… qu'est-ce que j'veux dire, j'avais eu peur, on avait caché tout ça, et puis je m'étais levé de bonne heure l'matin, euh… la nuit que j'veux dire, j'entends un gars qui… qui monte comme ça, et puis je me, me regarde à la porte et c'était ch'voisin là, il disait je m'en vais chercher de l'essence parce qu'il y avait encore de l'essence dans les… dans les… camions, dans les machins comme ça, je lui dit n'y va pas, n'y va pas les allemands ils sont r'venus, et ils étaient revenus en p'tit nombre, et il y a un habitant de Bray que je n'sais pas son nom hein, je n'peux pas vous dire de nom, il y a été à c'moment là, il a reçu une balle dans… dans la fesse, et les allemands ont tiré dessus, après il y a eu la… les amer'liés qui z'arrivaient, qui z'arrivaient alors ils ont fichu l'camp, mais si… si ils étaient pas arrivé tout de suite, il aurait eu des représailles à Bray hein, comme peut-être dans n'importe quel village hein, oh ouais.

Q- Et quel souvenir vous avez de, de l'arrivée des… des am… des armées alliées ?

R- Ah… j'ai toujours été, été un p'tit peu curieux, pis j'avais un camarade c'était un… un… un p'tit peu dans mon genre, ils avaient, ils avaient fait sauter le pont, le pont de… entre la sous… le pont de la Somme entre Bray et La Neuville, les allemands qu'ils avaient sauter l'pont, et pour pas qu'ils passent, sur le côté ils avaient planté des arbres, ils avaient coupé des arbres hein, et des des troncs comme ça, et ils avaient planté des troncs d'arbres de chaque côté du pont, pour s'mettre en embuscade derrière, pis… je n'sais pas si c'est… ils ont eu un ordre de repli, alors euh… on a dit, ben les allemands ils sont partis, alors moi pis l'camarade, j'étais pas marié à c'moment là attention hein, si j'étais marié, si, si j'étais marié, à la libération j'étais marié, donc pas… si bien sûr je m'suis marié en 42 donc, euh… j'ai filé à côté du pont, et puis on s'est mis derrière… ces troncs d'arbres là, parce qu'il y avait encore des allemands qui passaient, il y avait encore des allemands qui passaient, mais ils étaient pas méchants, ils passaient comme ça, l'arme à la bretelle tout ça, et alors on entendait un bourdonnement, c'étaient les chars… les chars américains qui z'arrivaient, alors on entendait vrmm… un bruit du tonnerre, alors on savait pas si c'étaient des chars allemands ou bien des chars… des chars… alliés, alors on restait planqués derrière l'machin, et c'est là que j'ai vu les premiers, les premiers canadiens, c'était des canadiens, il y avait des canadiens avec des side-cars, vous savez des motos avec des side-cars avec leurs euh… leurs fusils comme ça, qui z'arrivaient, alors on a dit les canadiens ils sont là donc il y a plus d'allemands à venir, bon voilà.

Q- Et comment ils ont passé l'pont alors ?

R- Hein euh… le pont il était affaissé et l'eau passait par dessus hein, l'eau, si on voulait passer on était… mais… les américains tout d'suite ils étaient bien équipés vous savez, il est arrivé des camions des camions des camions et ils ont, ils ont bouché le… le fond et puis… parce que les chars ils n'ont pas passé par là, ils ont, ils ont passé par un autre… un… il co… les allemands ils ont fait sauter l'pont de la Somme mais il y avait des autres ponts euh… des p'tits ponts qui… qui, qui, qui sont dans les marais, et ils ont passé par là, et les ponts c'était interdit au plus de… les ponts ils étaient interdits aux plus de trois tonnes j'crois, et puis les chars ils ont passé d'ssus, ils ont… toute une armée à passé d'ssus, mais il y avait plus, il y avait plus d'planches, il y avait plus rien, il y avait plus que les… qu'les… comment j'veux dire///

Q- Les bastings ?

R- Les bas… les machins en acier qui… oui, puis après les allemands les… les américains ils ont bou… ils ont bouché la Somme, ça passait sur les côtés la flotte, puis ils passaient comme ça, en remontant, c'est là que j'ai suivi un char allemand puis… un char… américain, et puis, derrière l'char américain il y avait un crochet d'attelage vous savez, un gros crochet d'attelage, et il y avait une paire de chaussures américaines qui s'balançait par les lacets comme ça, peut-être qu'un américain avait, pis nous qui avions pas beaucoup d'chaussures je m'disais mince, j'ai qu'à faire ça pis la prendre, la paire d'chaussures, pis je m'suis dit, oh ben quand même, ça serait quand même pas propre de ma part, qu'ils viennent nous libérer pis que j'les vole hein, ouais ouais, c'est des p'tites anecdotes qui sont passées comme ça.

Q- Est-ce qu'il y a eu des… un peu des… des règlements d'compte euh… à la libération dans la population de Bray///

R- Ouais.

Q- entre les gens qui auraient plus ou moins… sympathisé avec les allemands ?

R- Ah oui alors là il y a eu, oui il y a eu pas mal d'choses, alors ils les ont arrêtés, ils les ont arrêtés, ils ont arrêté des français pis ils les ont mis euh… dans une école là, soit disant que c'était des collaborateurs, tout ça, pis après bon, ben je crois que ça s'est arrangé, il y a pas eu de… ils ont peut-être ennuyés, mais j'me rappelle plus qu'est-ce qu'ils ont eu comme peine, ouais, ah il y avait les collaborateurs à Bray hein, il y en a eu hein, il y en a qui se sont sauvés hein, il y a eu les collaborateurs, les cultivateurs qui ont fait du marché noir tout ça. Alors là il y avait quand même des gens qui poussaient un peu parce que, vous savez que dans certains endroits ils tondaient les… les filles qu'avaient couru avec les allemands, les machins comme ça, mais ça à Bray ça ne s'est pas passé ça non, non, non, j'ai vu, j'ai vu les prisonniers allemands, les premiers prisonniers allemands arriver, ils les mettaient à la salle des fêtes là, bon il y en avait qui étaient blessés et puis hein… il y en a qui… il y a des français qui z'étaient un peu durs avec eux quelquefois vous savez hein, ouais.
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