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Le travail de menuisier dans la chaiserie

La libération de Ramburelles à la fin de la seconde guerre mondiale

Q- Vous nous parliez de la libération euh...

R- Oui alors il y a une petite chose que j'ai oublié au sujet de la libération à Ramburelles, il y a eu... une grange qui a été incendiée après un, un c'est un char, un char polonais qui venait de direction d'Oisemont qui rentrait dans Ramburelles, qui a tiré un coup de canon, pouf, en plein dans une grange, la grange a pris feu. Il y a eu... en 43, en 1943, un château, qui a brûlé aussi, il a été incendié par les hollandais, il y avait des hollandais qui habitaient dans... dans, qui occupaient ce château, puis ils y ont mis le feu, mais volontairement.

Q- Des hollandais qui s'battaient euh...

R- Avec les allemands, qui étaient avec les allemands, et ça ça se passe en 43. Il y a eu, et là c'est peut-être au risque de me répéter parce qu'il y a des choses qu'on dit, et je n'sais plus si je les ai dites oui///

Q- C'est pas grave.

R- Euh le… il y a eu des résistants qui sont v'nus qui ont… eh enfin attaqué c'est un grand mot, neutralisé c'est un grand mot aussi, mais enfin qui ont demandé tous les tickets d'alimentation…qui étaient arrivés en mairie, parce que ça venait pour une date, qu'il y avait une distribution, et quand ils ont su que les tickets ils étaient arrivés, bon ils sont venus les récupérer, c'est-à-dire c'était pour eux, se nourrir quoi, peut-être, pouvait il y avoir une certaine complicité hein c'est fort possible que ça soit convenu pour que ça s'passe comme ça, euh le jour même de la libération il y a eu un polonais qui a été tué, un soldat polonais, et puis il y a eu aussi des allemands qui se sont rendus, il y a par exemple l'ancien maire il était jeune à c'moment là, il a fait des prisonniers allemands qu'il est allé conduire au Translay, c'était le point de rassemblement, et après quoi il s'est engagé, pour la durée de la guerre, mais il a pris un engagement de trois ans, puis c'est un homme, qui… qui a toujours travaillé pour le bien de la commune et qui lui s'intéressait aussi un p'tit peu à… à la… à la beaucoup de la vie de la société hein, et il participait à toutes les vies associatives de la commune, il était dans tous les, dans toutes les… manifestations, bon après il y a eu des élections et qui ont fait que il a été… il n'a pas été réélu ainsi que tous ceux qui l'ont aidé et j'en faisais parti, tout son conseil il a été balayé, il y a eu un groupe qui s'est associé avec une grande famille, et puis vous savez, dans les p'tits villages, il faut…

Q- Oui c'est pas toujours…

R- C'est vite, c'est vite démonté hein, oui c'est vite démonté.

Q- Il y avait une question j'pense qu'on n'vous avait pas posé, c'est : est-ce que vous avez assisté à des règlements de comptes ben à la fin, à la fin de la guerre ?

R- Ben non, non non, j'ai pas assisté à des règlements d'compte, bon j'ai entendu parlé de certaines… certaines choses, mais moi j'étais trop jeune, hein j'étais hein à la libération j'avais 11 ans, bon j'ai entendu parler après, par exemple à… à A là où euh… il y a eu des des règlements de comptes, des gens de la commune, il y avait le maire, il y avait son fils, il y a eu son petit-fils, il y avait un… le prêtre et puis Monsieur R2 qui était le… qui était le… l'adjoint à ce moment là, euh… dans la population il y avait des gens qui faisaient partie d'un… soi-disant comité de salut public, mais personne ne savait, et puis ils ont assemblé ces personnes là, ils les ont alignées contre le mur, avec idée de les fusiller, et c'est comme c'était les polonais qui arrivaient, ils se sont adressés aux polonais en demandant euh… qu'est-ce qu'il faut faire de ces gens là, et puis cet homme plus intelligent leur a dit, euh renvoyez-les chez eux… et sinon, il y aurait peut-être eu… des, des actions très graves.

Q- Les fusiller sous quelle inculpation en fait c'était, on les accusait de quoi ces gens là ?

R- Ben ils les accusaient de collaboration, mais en réalité, le maire, vous savez le maire dans les communes, ben il fallait qu'il subisse la loi du vainqueur, hein on lui demandait///

Q- Ah il s'agissait du maire en fait de la commune à chaque fois///

R- Oui

Q- Ah d'accord.

R- Mais… il était là pour subir j'te dis, il subissait la loi du vainqueur, on lui d'mandait de bien vouloir fournir des… des attelages, avec les charretiers pour aller conduire des… euh des munitions du… que sais-je, tout un tas d'choses à… à 50, 100 kilomètres, ils partaient quelquefois un jour ou deux et… et donc j'vous dis, et donc comme le petit est petit, le petit est… le village du moins est petit, le tour revenait très vite, et quelquefois il y avait aussi des réquisitions alors… c'était vite fait, il y avait trois, quatre fermes, alors tout de suite on retombait sur les mêmes, et puis… il y avait une histoire de politique aussi, nous n'avions pas les mêmes idées politiques ou confessionnelles aussi, alors ça engendrait… des choses très graves. Il y a même eu un… une… enfin une personne qui était… de ceux qui étaient… au rassemblement, pour être éventuellement fusillées, ça ne s'est pas fait hein, d'ailleurs c'est sa femme, la femme d'un de ceux-là, elle avait un… un cheval, une petite euh… une petite voiture, alors elle passe, elle vient, elle passe à proximité du groupe, elle appelle son mari, son mari il saute dans la voiture, pis elle se sauve, avec son mari en voiture, et puis, l'un d'eux, de des… des porteurs d'armes, le met en joue pour le, pour le fusiller, le tuer, alors à c'moment là, un autre, personnage qui était là, donne un coup sur l'canon, pis le coup est parti en l'air, mais il y a eu, et il y a eu une action, une action dangereuse, mais qui finalement ça s'est bien terminé, mais il y a eu ce mouvement là, mais ça c'est…

Q- C'est l'héroïsme de la femme euh…

R- Ah oui ça c'est… c'était… c'est la femme qui a sauvé son mari, et puis j'vous dis, ça aurait pu être très très très grave, mais… ça s'est bien passé, bien terminé tout au moins.

Q- Mais à la libération, vous vous souvenez plus qu'il y avait une ambiance de fête ou de règlement de compte c'était…

R- Mais là les règlements de compte et c'est des gens, ces gens là étaient très bien avant, toujours très bien très bien, euh… ils se côtoyaient, ils vivaient quotidiennement, ils n'savaient pas que il y avait une conspiration… et le maire, c'était mon grand-père en plus… j'avais deux oncles, un cousin germain qui étaient parmi les otages, oui, alors j'vous dis, si il y avait eu une histoire de politique, une histoire confessionnelle un p'tit peu, les autres disaient, avec quoi, ils affichaient dans les murs de Biencourt, euh celui qui dira du mal du comité de salut public sera puni de peine de mort, et il y avait des actions comme ça, des propos comme ça… ah oui, ça c'était, c'était très animé, c'est le seul village où… où il y a eu des actions assez… assez violentes comme c'est///

Q- Le salut public c'était quoi, c'était une organisation de…

R- Ben une organisation de résistance, mais d'obédience communiste.

Q- D'accord.

R- Oui c'était… tendu hein, et c'est toujours tendu, toujours, le village est resté… comme ça, il y a toujours euh… cette tranchée, ces tranchées.

Q- Il y a toujours le même esprit de conflit comme y avait…

R- Ah oui toujours toujours euh..

Q- Parce qu'on vit peut-être sur c'qu'on a… sur ce qui s'est passé aussi donc///

R- Ben ça reste, hein ça reste ça… là, c'que je vais vous dire là c'est, c'est mon père qui m'a raconté ça autrefois B, il y avait… vous voyez ça reste quand même dans les murs, il y avait… le village était coupé en deux, il y avait le clan des bourbons, et le clan des juifs, c'est comme ça, mais il y avait, mais le village était coupé en deux au niveau de l'église, d'un côté c'était les bourbons, de l'autre côté c'était les juifs pourquoi, je n'sais pas c'est une histoire, une vieille histoire, mais ça c'est pour justifier que, il y avait toujours une petite distension dans le village.

Q- Les bourbons c'est-à-dire les…

R- Ben les partisans du château…

Q- Les partis… les royalistes euh…

R- Oui, oui, et les partisans du château B, et puis les juifs, pourquoi les juifs ça je ne sais pas.

Q- C'était vraiment des juifs ou…

R- Non non non, non non, peut-être des gens qui, qui voulaient tout à eux ou… je n'sais pas il y avait les bourbons sans doute une partie de la population c'est-à-dire qui travaillaient pour le château et puis on les appelait les bourbons parce que ils étaient… oui très liés au… à…

Q- C'est votre père qui vous a raconté euh…

R- C'est mon père qui m'a raconté ça oui... et j'ai essayé de savoir après en parlant avec les gens B, ils se souviennent pas de ces choses, mais mon père il m'a raconté ça, il y avait le clan des bourbons et le clan des juifs, et... l'explication ça devrait sûrement être ça, euh... une partie de la population qui était au service du château, alors on les... comme ils étaient liés avec eux on les appelaient comme ça, et puis l'autre euh... un autre clan qui était sans doute euh, plus affairiste je pense, plus affairiste, et puis peut-être opposé au château, alors ceux là, comme des juifs on les dénigre un peu... à cette époque là c'était marqué un juif c'était... c'était euh quelqu'un qu'on ne pouvait pas beaucoup estimer, qu'on estimait pas beaucoup hein. Euh... là là, on est plus dans, enfin c'est une conséquence de la libération.

Q- Oui mais ces, ces querelles de, de village euh... ça structurait aussi les villages autrefois, c'était très présent ou euh...

R- Pardon ?

Q- Ces petites querelles enfin de village... cette, ces petites oppositions ça structurait vraiment la vie du village autrefois ?

R- Ben oui, c'est c'était un p'tit peu la vie des villages, il y a toujours eu, vous savez des petites dissensions, ça se remettait, ça recommençait, mais dans tous les villages hein c'est comme ça, euh... toujours eu, toujours eu, toujours eu des petites choses comme ça, mais, ça faisait partie du... c'était le folklore hein, c'était pas... moi je l'considère pas que c'était euh... une animation méchante hein, ce... c'était comme ça, on était... c'était le moyen de... de... je dis pas de distraction, mais c'était... c'était la vie du village.

Q- Un moyen de se reconnaître aussi entre les gens de… les gens du village.///

R- Oui un moyen de se reconnaître, c'est possible oui, mais c'était courant comme ça. Dans tous les villages il y avait, il y avait ce... là je... bon ça demanderait trop de temps mais j'ai retrouvé des... des... au Translay, j'ai retrouvé des coupures de journaux, où on se... battait par la presse, alors l'un envoyait une lettre, euh... une coupure enfin un article sur un journal, et puis il y avait l'autre qui répondait, mais alors, c'était... pis alors les gens participaient au... au... à ces dissensions hein.

Q- Et ça s'passait dans un même village ?

R- Dans le même village oui, ah oui, j'ai pas pensé, j'aurais dû... les sortir pour vous les faire voir mais...

Q- C'est des coupures qui dataient de quelle période à peu près, vous vous souvenez ?

R- De quoi de ?

Q- Les coupures elles dataient de quelle période ?

R- Oh... fin de siècle, début du siècle, ah oui.

Q- Ouais donc c'est pas si vieux que ça en fait.

R- Ah non, c'est des coupures qu'ont cent ans, j'ai, j'ai en ai hein, j'en ai. J'en ai du début du siècle aussi euh... vous voyez par exemple au moment de l'inauguration du monument au morts tout ça, il y avait des... euh des des des articles qui, qui paraissaient sur Bresle et Vimeu qui étaient signés " un passant " ou... ou un, un pseudonyme quelconque, vous savez c'est... il y a beaucoup comme ça.

Q- Et ce côté un peu délation ça a toujours existé aussi ou...

R- Comment ?

Q- Ce côté un peu parce que ça ressemble un peu à de la délation, finalement parce qu'on s'affirme pas, pas de la délation, on affirme pas sa... sa personnalité.

R- Oui, mais... fff... oh c'était pas comment vous expliquer ça, ces gens écrivaient ça, c'était poétique en même temps, c'était poétique, euh... il y avait beaucoup d'ironie, aujourd'hui on enverrait des articles comme ça, on se retrouve devant les tribunaux. On ne supporterait plus ça, mais là je sais pas si... vous savez il y avait une souplesse d'esprit, euh... il y avait beaucoup d'esprit, beaucoup d'humour, aujourd'hui, quelqu'un qui écrit des articles comme ça, j'vous dis, il se retrouve au tribunal, et avec euh... en diffamation. J'en ai sur Bouttencourt aussi de ces articles là, mais... on compare le maire à un... un... là... il y avait une foire aux légumes alors les, les légumes, vous savez bon des gros légumes et tout ça, il y a, et alors on comparait le maire à... un légume, mais, je c'est, c'était dit et c'était salé hein, très salé.

Q- Et est-ce que ces conflits ça empêchait de... de faire la fête tous ensemble quand il y avait par exemple la fête du village///

R- Ah ça n'empêchait pas de faire la fête, ah non non non non non, non mais c'é... c'était comme ça.

Q- C'était en fait plus des p'tits jeux que...

R- Oui c'était une... ça faisait partie de l'animation, je sais, ça j'ai pas retrouvé, mais je sais qu'à Ramburelles, il y a eu des articles comme ça euh... mais il y en a un qui attaquait l'autre, le marquis, et puis l'autre le rappelait par Cadet Rousselle, il lui répondait par... en parlant de Cadet Rousselle.

Q- Donc c'était devenu un jeu ?

R- Mais c'était une animation, puis les gens ils étaient bien ensemble.

Q- Et c'était la presse, il y avait une presse qui était très locale alors.

R- C'était locale, Bresle et Vimeu et Gamaches, oui oui oui, Bresle et Vimeu et Gamaches... oui et quand on... j'vous dis hof euh... attendez je cherche un p'tit peu l'mot qu'on pourrait... euh c'est un moyen c'est euh... c'était une animation, c'était une détente, c'était... on on prenait position, je sais qu'à Ramburelles, ça, c'est... c'est... ça date de... après la guerre ça, c'est après la guerre quand même, mais dans les années entre 50-60, il y avait des gens qui, aux réunions de conseil, on peut dire le mot, on peut presque dire le mot sans vulgarité, ils s'engue… s'engueulaient mais alors, vertement. Le lendemain matin, l'un allait frapper à ses volets, et... il dit allez viens boire un pot. Aujourd'hui, mais euh... on se r'trouve au tribunal, ou bien on est fâché pour l'existence, il y avait pas de rancune, pas de rancune du tout du tout, euh on se disait, ça faisait partie de la vie quoi, c'était un... c'était un moyen pour... c'est tout, ça faisait partie de la vie quoi, c'était un... c'était un moyen pour... c'est tout, ça, ça faisait partie de l'existence. On se disait ce qu'on avait envie de se dire mais ça n'allait pas plus loin, mais aujourd'hui, j'vous dis, c'est plus... ça n'est plus vrai, aujourd'hui on se r'trouve au tribunal.

R- Ah ben c'est, ça correspond à ce que j'vous disais B euh... vous savez pendant la guerre, il y a des gens qui ont... ont réalisé... des profits, et puis, pour couvrir ces profits, ils n'hésitaient pas à en dénoncer d'autres qui eux n'avaient pas fait grand chose, et... je sais pas si je vous ai parlé de l'OCM, non, je vous ai pas parlé... d'une organisation qui était chargée de rassembler toutes les dénonciations ? Je vous avais pas parlé de ça.

Q- Non, enfin on a parlé des dénonciations, mais pas de... de cet organisation.

R- Il y avait de... des sociétés comme j'vous dis, des, des gens qui se... qui, qui vous savez la, la meilleure façon de se défendre c'est l'attaque, alors les gens en difficulté, bon ben ils n'hésitaient pas dénoncer d'autres, hein il y a eu des mauvaises choses comme ça.

Q- ( ? ? ?)

R- Puis, et puis peut-être aussi, on profitait de c'moment là, de cette période là, pour régler des jalousies, des choses que l'on n'ferait, on aurait pas fait autrement.

Q- Donc ça, c'est pendant l'occupation en fait ?

R- Ça c'est pendant l'occupation, et puis aussitôt la libération, oh à la libération, il y a eu... il y a eu une période une période floue, une période trouble, il y a eu des mauvaises choses, vous savez il y a des gens qui... des moments qui se réfugient dans cette période là pour faire des mau... de mauvaises actions euh... espérant ne pas être inquiétés aussi.

Q- Oui ils profitent en fait de la situation.

R- Oui oui, oui qui profitent de la situation, mais alors après dès que l'instant où tout se rétablit, ces gens là vous ne les voyez plus, ils rentrent dans le rang, ils se confondent de façon à n'plus être remarqués, ça...

Q- Mais en fait, l'organisation civile et militaire, ils voulaient faire une liste...

R- Ils voulaient recenser oui, toute personne ayant commis euh... de mauvaises actions pendant la guerre.

Q- Donc ça pouvait être collaboration, dénonciation...

R- Ah oui, collaboration, marché noir, euh... même du, même des des choses... qui n'avaient rien à voir, qui pouvaient être déclarées, et il y a des gens qui ont payé alors que ils n'avaient rien à payer.

Q- Oui c'est ça aussi, ils se retrouvaient aussi///

R- De la jalousie, de la jalousie oui.

Q2- Donc ça attisait encore ce climat euh... de vengeance ou de…

R- Oui oui, ben c'est un, c'est un mauvais climat, une mauvaise période, vous savez ces périodes là, sont toujours terribles, euh... là où elles se produisent, hein au moment où elles se produisent c'est un... toujours des choses... c'est triste, c'est toujours triste.

Q- Oui, oui. Et qu'est-ce qui... vous savez c'qui faisaient aux gens... ce qu'ils faisaient de cette liste ou...

R- Moi je n'ai... moi je... j'ai pas connu si vous voulez, moi j'ai pas connu de gens dénoncés, par ça par exemple, si je sais qu'il y a des gens qui ont été dénoncés pour faire avoir, ayant fait du marché noir, il y en a, il y en a qui refusaient de... des aliments, qui refusaient du beurre ou de la viande ou n'importe quoi des œufs à des, des gens du pays, parce qu'ils voulaient le, ils voulaient le payer au tarif normal, et qui n'voulaient, ils voulaient pas acheter au marché noir quoi ou... des gens qui, qui refusaient, qui donnaient du moins qui vendaient aux allemands... au prix fort, alors ça je, ça j'en connais, je connais des gens qui ont vécu comme ça, je connais les gens mais je vous l'ai dit, qui ont pillé aussi, ça j'en connais, j'peux pas vous dire les noms, bien sûr ça serait, c'est trop grave, enfin c'est pas possible, j'peux pas dire ça, mais enfin, ils l'ont fait.

Q- Et euh euh...

R- Et, et ces gens là méritaient d'être dénoncés ici, mais ça, ça n'a pas été fait... euh... ça n'a pas été fait, mais... il y en avait... sûrement dans tous les villages mais enfin, il y en, il y en a... il y en a ici, ici même.

Q- Le but de l'OCM c'était de régler les problèmes devant un tribunal ou de...

R- Ben sûrement, sûrement sûrement sûrement parce que on le note hein, vous voyez là en bas, il y a une petite annotation ici qui permettait de... de sans doute je n'sais pas comment ça s'passait, sans doute que ces gens là étaient traduits devant les tribunaux, et puis, leurs biens devaient être confisqués.

Q- Ils faisaient pas leur propre justice ?

R- Ah non non, c'était une justice euh... une justice gouvernementale, mais quand même de, du gouvernement provisoire, d'une situation confuse, parce que vous savez qu'à cette heure là, la situation était confuse, ça s'est vite rétabli, mais il y a toujours un flottement, il y a toujours une période difficile. Ce qu'il faut souhaiter, c'est que des choses comme ça ne se reproduisent jamais.

Q- Oui bien sûr. Et donc, en revenant à la guerre,
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