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Récit de la seconde Guerre Mondiale dans le Santerre

Description de la libération

Q- Mais la libération alors, ça s'est passée comment ?

R- Ah ben euh… savez, la libération ça, enfin disons que à partir de mille neuf cent euh… quarante trois là il y a eu… ça, ça, c'est, c'est devenu euh… disons la, la pression aérienne s'est accentuée énormément euh… en 44 alors là ça a été le, ça a été le comble il n'y avait plus un convoi qui pouvait circuler sur la route, un camion, sans qu'il soit mitraillé hein ça… c'était automatique hein. Ce, tout euh Péronne était bombardé régulièrement, le camp de Mons-en-Chaussée, la base régulièrement aussi euh… et bon, là il y a, là, là euh… il y avait une grosse pression de la part des Allemands parce que il y avait, il y avait des actions quand même terroristes, il y avait des, des… des… des résistants qui commençaient à faire des, des actions, j'ai, j'ai déjà dit que c'était pas très, tellement facile dans l'coin euh le… l'terrain s'prête pas comme dans des régions montagneuses où… où il y a, où il y a énormément d'bois, ici c'est, c'est pas très facile pour se cacher hein euh… euh… mais à partir de 1944 il a commencé à y en avoir euh… et j'ai dit que… les… les avions ont… ont… sont apparus de, de plus en plus nombreux euh bombardements de plus en plus intenses euh… Péronne euh le, le, le… les ponts ont é, ont été bombardés et alors on a appris après euh… le, le, le débarquement, c'est ma grand-mère qui est venue nous l'a, nous l'apprendre parce que le maréchal qui avait la radio a entendu que le… débarquement s'était fait en Normandie suivant alors c'était dingue euh… ma grand-mère m'a attrapé comme ça elle dit oh ils sont débarqués, ils sont débarqués, elle pleurait, enfin bref, euh… à partir de c'moment là, là ça a été constamment des Allemands dans l'village hein euh… parce que c'étaient les troupes qui montaient, qui redescendaient et ils ne suivaient plus les grands routes. Ils étaient toujours dans les villages et sur les petites routes parce que c'était un, sauf de nuit, ils ne pouvaient plus circuler sur les grands routes. La pression, disons aérienne, était tellement énorme et l'aviation allemande tellement devenue faible, elle ne pouvait plus intervenir. Les, les, les avions de la base de Mons-en-Chaussée ils se barraient quand euh… ils avaient un… des avions d'signalés pour euh… un raid, pff, ils filaient sur une autre base. Et… la pression devenue euh… tellement forte que les, les Allemands euh, euh vivaient dans les, dans les villages, les troupes qui montaient de Normandie euh pour, vers la Normandie d'abord, puis ensuite le… le reflux, alors là ça a été… le reflux ça a été… ça a été l'é, disons euh l'épisode, un des épisodes le plus… le plus difficile de la guerre parce que, quand ils sont remontés disons de, de, de Normandie, on a d'abord eu des gens qui étaient, oh qui étaient des troupes euh… disons de réservistes euh essentiellement mais en débandade, c'était la débandade hein. A côté de ceux que, qu'on avait vu avant qui étaient… remarquablement organisés… qui avaient un matériel extraordinaire, alors là ils a, ils apparaissaient dans des équipages, on en avait plein, plein les granges et ça c'était au mois de… donc au mois d'juillet, les, les, on faisait les moissons, on… on rentrait, on avait peur qu'ils mettent le, le feu, ils avaient une peur atroce des avions euh… quand ils en entendaient un pff, tout l'monde filait sous les, sous les… euh… sous les hangars, on n'en voyait pu un ils nous disaient allez, mettez, mettez vous euh, nous on s'cachait pas mais, hop euh il fallait plus que personne euh… apparaissent dans la cour, ils en avaient une peur atroce. Et c'est, il y avait de quoi parce que… parce que... ça mitraillait sans cesse. Euh… ceux-là, bon ils nous ont, ils nous ont ramassé tout c'qu'il y avait dans les jardins, tout c'qu'il y avait euh… dans les, les toutes les volailles et pis tout euh… pour s'nourrir parce qu'ils avaient plus grand chose, pis après ça a été les… les… les troupes d'élites, enfin les SS qui sont… qui sont repassés les derniers, alors là ça a pas été rigolo, ceux-là euh, ceux-là on en a eu peur parce que…

Q- C'est eux qui fermaient la marche ?

R- Ouais. Ouais. Ah là on a eu peur ceux-là parce que… euh… j'ai… j'ai vu euh… enfin disons… j'me ra, il y en a un qui… un jour qui m'a interpellé comme ça, qui parlait très bien français, il m'dit eh toi là, petit ( ???) français, il dit va demander des œufs à ta mère. On n'avait plus, enfin j'suis allé, ils avaient tout pris, il dit bon, il dit alors toi qu'il dit tu vas prendre les poules et tu vas les presser comme ça qu'il dit pour avoir des œufs. Mais, je n'rigolais pas hein parce que… parce que je… ils, ils m'foutaient la trouille quoi euh… et ils… ils m'faisaient peur hein c'est, c'est vrai, on voyait quel genre de, de, de gars c'étaient hein. D'ailleurs il nous a, il, après il a, il a… il a voulu un canard euh… il en restait quelques uns, oh il, on l'a encerclé l'canard, il l'a abattu d'un coup de trique, ça nous a laissé, ça… un froid dans l'dos parce que… c'est pas facile un canard à… à tuer du premier coup comme ça hein euh, il nous a foutu froid dans l'dos.

Q- Il lui a coupé la tête avec un…

R- Euh non, il avait un bâton, plaf, il, il, il lui a passé clac comme ça par terre. Oh mince alors, non de non, alors là, enfin euh… on a eu que des SS comme ça pis les euh… disons que… les deux derniers, enfin, bon Péronne a été bombardé de plus en plus euh… euh surtout les 2-3 jours avant le… la libération qui s'est produite ici le 1er ou 2 septembre et on a eu jusqu'au dernier moment des SS qui, qui ont, qui sont restés là euh… mais voyageant essentiellement de nuit hein euh… on a eu d'ailleurs euh… une belle peur parce que, mon père entre temps était revenu de, de, de prisonnier, parce que, on l'a oublié dans un camp. Ça c'est un… c'est un miracle aussi ça euh… un jour on était chez nous, on entend frapper à la porte, mon père, c'était euh… le soir, ben j'dis euh, bon sang qu'est-ce qui s, qu'est-ce qui s'passe, on, on pensait qu'il s'était échappé, beh il dit beh non euh ils… ils m'ont oublié dans un camp et ils m'ont renvoyé comme j'étais tout seul, ils m'ont dit bon ben euh… comme le camp avait été transféré ailleurs euh… ils ont dit bon, vous êtes cultivateur, on vous renvoie et pis c'est comme ça qu'il s'est ramené. Et… il était donc là euh… à, en 1944 et, euh… on, on, on était terrés chez nous parce que, ben parce qu'on entendait euh… euh… la nuit c'étaient les che, les, les, les chars allemands qui se repliaient ça… sur la route euh de Cambrai là ça faisait un bruit épouvantable et puis les soldats étaient saouls, ils étaient, ils étaient dangereux quoi on, on les sentait extrêmement inquiets, nerveux hein euh… enfin ils, on, on, et puis on a frappé à la porte et il y a, là il y a un… un SS qui, qui, qui s'est amené, on a vu un euh… disons un fusil apparaître dans l'entrebâillement de la porte quoi et… et… il, il a, il a ( ???) fait comprendre à mon père qu'il fallait qu'il vienne, il l'a conduit, il faisait noir hein, il l'a conduit dans l'écurie, il nous restait un cheval, parce qu'on avait caché les autres dans l'bois, parce qu'ils prenaient les chevaux en passant hein et il, il, il, il y a, il y en avait quelques uns d'cultivateurs qui s'étaient fait délester d'leurs chevaux, ils travaillaient dans les champs, les soldats avaient quitté la route et avaient pris les chevaux puis… alors on, on avait gardé un pour les travaux comme ça… ils lui ont fait… sor, ar, harnaché l'cheval, sous la menace du fusil comme ça, ils étaient à deux, alors là j'aime mieux vous dire que… on s'disait ils vont, ils vont, ils vont, ils vont l'tuer puisque tous, ils étaient à moitié saouls, ils ont trouvé une carriole dans le hangar, je n'sais pas comment, dans l'noir, ils sont partis avec, on s'disait quand ils, quand ils, quand ils vont être prêts ils vont, ils vont l'flinguer, et, ils sont partis, ils ont dit raust. Bon, et puis ils sont partis. Et le lendemain matin, euh… tout était calme, on a pis euh… on s'dit ben il doit plus y avoir d'Allemands, c'est pas possible, et alors euh… bon euh, on est allés un p'tit peu aux nouvelles, et il y a quelqu'un qui nous dit ah euh… il y a… euh… il y a un chariot euh… avec euh… plein de, de comment dirais-je de… ah ! tout des paquetages des Allemands qui, qui est, qui a été débarqué à l'entrée du village. On a tous couru voir, effectivement il y en avait plein. Euh… c'étaient les Allemands en débandade qui avaient, ils avaient un chariot avec tout leur paquetage pis eux marchaient à pied. Le chariot était parti dans une direction pis eux dans une autre et, et… le gars il s'était retrouvé sans… euh… sans sa troupe, alors tout l'monde s'est dépêché d'se servir là-d'dans de… oh il y avait des couvertures, un tas d'trucs comme ça, il y avait, il y avait oh il y avait aussi des grenades, mais enfin bref, et puis on nous dit ah il y en a autre, il y en a un autre euh… juste à l'entrée dans, du village dans un chemin creux. Ah nous on était gosse on était heureux, on filait là-bas, on monte euh, on monte le chemin, on arrive en haut du chemin, ah, on entendait des, des, des, des explosions, il y avait une auto mitrailleuse qui passait sur la route euh de, de… d'ici pour aller vers euh… vers euh Longavesnes et qui, qui flanque, qui avait flanqué un coup de, de… une rafale de mitrailleuse dans, dans, dans l'chariot qui était là, c'étaient des munitions, c'était un chariot d'munitions, ça a commencé à exploser, on s'est sauvé, tout l'village s'est terré, parce que, je dois dire que… qu'on avait quand même construit des tranchées euh dans… dans chaque ferme euh c'était, enfin chacun avait construit disons sa, sa tranchée euh… avec une, des tôles par dessus pour se mettre à l'abri, on s'disait comment ça va s'passer disons quand euh… quand euh… des… Américains vont arriver quoi. Et on s'était donc euh planqués dans, dans, de, de, à, et on s'est donc euh planqués dans ces tranchées là tant, ça a sauté toute l'après-midi. Toute l'après-midi ça a sauté euh… le… toute la vallée était remplie de, d'une, un espèce de brouillard bleu, vous savez d'la poudre, ça sentait la poudre en, on savait pas c'qui s'passait pis on… n'osait pas s'pointer hein, pis quand les explosions s'sont arrêtées ben on est sortis euh… il y en a un qui nous a annoncé, ah il a dit : ça y est qu'il dit c'est, il… s'est fini qu'il dit, c'était un, un chariot d'munitions, il était plus téméraire qu'les autres, il était allé voir, c'était un vieux cultivateur, il dit les, les Allemands qu'il dit ils sont partis. Ils sont partis, bon. Or comme le soir tombait on est, on, on, on s'est planqué… dans, dans les maisons et puis le… ah non il nous avait dit aussi, il nous avait dit ah qu'il dit euh pe, les Américains, les Anglais, pardon, il nous avait dit, les Anglais passent sur la grand route de Cambrai. Comme il faisait… euh…déjà sombre on, chacun est resté chez soi et le lendemain matin à la première heure on était là-bas, on arrivait puis on a vu, disons, les… les, nos premiers Américains en fait. C'étaient pas les Anglais puisque c'étaient les Américains quoi. Alors là ça a été euh… la découverte quoi euh parce que… puis il y a un gars qui s'est adressé à nous en français. C'était un… Américain d'origine canadienne, québécoise quoi.

Q- Ah oui.

R- Ouais alors euh ils a, ils en avaient dans, dans toutes les unités comme ça pour pouvoir parler euh… aux, aux gens. Ils nous ont demandés est-ce qu'il y a encore des Allemands dans votre village etc. tout ça, pis alors… on nous a balancé des… des… ah des, des chewing-gums, du chocolat tout ça, alors qu'on, qu'on, on a fait connaissance avec euh, avec des goûts différents quoi, des saveurs différentes et puis euh… et ils jetaient des petits paquets d'cigarettes de 5 cigarettes là, alors c'est, c'était, pis on était époustouflé parce que on voyait tout c'matériel qu'il y avait là, tout ça, puis des, comment ils étaient sapés, c'était… extraordinaire quoi là. J'ai vu aussi là-haut un Allemand mort euh… euh… dans l'bas côté parce, oh c'était un espèce de, c'était un SS qui, il poussait devant lui, euh on a su… ils nous l'ont dit après les Américains, il poussait devant lui un troupeau d'vaches pour remmener vers euh l'Allemagne, il s'est retourné vers le, la colonne américaine avec son Moser pour tirer dessus, alors ils l'ont descendu tout d'suite le gars. Alors il était dans l'côté, dans l'bas côté et c'est un… un gars du village qui avait dit j'peux pas prendre la paire de bottes, il avait une belle paire de bottes euh… le gars, parce que lui il, il mon, il montre ses chaussures, il dit, parce qu'on n'avait pas… il y avait, il y avait plus d'cuir non plus, il regardait, oui, oui, il dit prenez, c'est, d'toute façon ça lui fera pas… ça lui fera pas d'mal. Et c'est comme ça qu'la libération s'est passée puis euh… bon le lendemain il y a euh… enfin, non ce jour là, ce jour là euh… ils sont descendus dans l'village, les Américains, euh une petite colonne et… bon ben les gens étaient… évidemment très… tout, tout l'monde était réjoui euh on savait pas quoi leur donner, on n'avait pas grand chose à leur donner, pas, on n'avait même rien de, de///

Q- Il y a eu des festivités ? organisées par euh le village euh…

R- Oh ! a, après, ah alors là, là ça a été la folie hein. Euh j'ai pas parlé des festivités euh mais, on faisait, il y avait des bals clandestins pendant la guerre hein.

Q- Oui.

R- Parce que vous savez euh… les gens c'est quand même une réaction de vie que de, que de, que de, de, que d'vouloir s'amuser, on éprouve, on euh, bon c'est, c'est peut-être des, il faut l'avoir vécu disons pour, pour comprendre, ben parce que, et… imaginez vous vous, euh vous êtes que, que, vous pourriez, vous êtes, vous êtes coincé pendant 4 ans que dans, dans, dans un univers, beh… et vous êtes jeune, vous avez besoin d'vous amuser.

Q- Hum, hum.

R- Et bien alors il s'faisait des bals clandestins comme ça dans les greniers, savez, il y avait des gens qui guettaient s'il n'y avait pas les gendarmes allemands qui venaient quoi, et ben euh… il, il, on dansait comme ça, on faisait même des, des espèces de petits concerts comme ça, savez euh… avec des… des scènes patoisantes pas dire, parce que… on avait un auteur célèbre dans, dans l'patelin euh… et… bon il fallait s'amuser. Mais alors, alors, alors là, là quand euh… les Américains sont arrivés, alors là ça a été l'déferlement hein. Alors là euh… bal, il y avait bal dans les villages disons euh si c'était pas dans sa, dans l'notre, c'était celui à côté mais c'est, où c'était, il y avait bal partout, partout, partout ça dansait, ça dansait, c'était fou.

Q2- Pendant combien de temps ça a duré ?

R- Oh ça a duré je dirais bien euh… pendant… oh 2 ou 3 ans hein ! 2 ou 3 ans ah oui. ah oui parce que il y avait, on a été libéré en 44 mais la guerre a duré jusqu'en 45 core hein ! euh… donc euh… puis on a découvert aussi euh… parce que il y a les cinémas ambulants qui s'sont amenés pour euh… pa, passer… des films, dans chaque patelin il y avait un… bon là on faisait ça dans la mairie, on faisait ça dans la… dans la salle des fêtes, on a construit une salle des fêtes dans l'patelin, il y a, il y en avait pas, elle a été construite j'aime mieux vous dire en un temps record. Une vieille baraque, savez c'est, qu'on avait acheté ché pas où mais alors ça a été construit en un temps record. Tout l'monde y a participé, avec scène et tout. Euh… il y avait ce, ce… ce ci, ce… ces cinémas ambulants qui passaient, ben toutes les semaines, c'était un jour dans un village, le lendemain dans l'autre etc. mais enfin on y allait d'nuit, on allait à pied, j'suivais mon père et là on a découvert les… on découvert euh… hein disons euh… tant, oh ça à la fin quand même de l'année euh… 45 ça, parce que dans la première année euh il y avait, bien sûr on avait des images de guerre avec euh c'que, c'qu'on appelait disons les… ah je, je cherche le mot, enfin, c'qu'on, c'qu'on appellerait aujourd'hui euh… euh le… les, les, oh les actualités, voilà c'est ça. Oui il y avait les actualités qui nous donnaient disons la progression des Allem, des, des, des, des… des Américains euh…///

Q- Des alliés.

R- en Allemagne euh… et puis ensuite on a découvert en 45 les… ben les é, les camps d'la mort quoi, parce que on n'en savait rien. On avait une idée, on avait une idée quand même parce que, enfin ça je vous, je vous raconte euh un épisode comme ça en passant, j'ai, j'ai… j'ai… j'avais un, j'ai un cousin dans ma famille qui s'appelle euh… R3, c'est des cultivateurs de, enfin c'est, maintenant ils sont en retraite mais enfin bref euh… il a mé, il était… ils avaient un fils de mon âge quoi, puis on jouait ensemble et pendant la guerre, il y avait aussi euh… euh le gibier, on n'avait plus droit d'chasser bien sûr, il y a plus d'fusil, mais alors on braconnait, tout l'monde braconnait, alors là c'est quelque chose de terrible ça. Euh… on a, il y avait énormément d'gibier, parce que il s'était reproduit, les Allemands étaient très strictes là-dessus, pis un, on avait tous des furets et on allait, on allait euh… fureter euh… pis un jour on était avec le grand-père de, disons de, d'mon cousin euh… on était à trois, oh c'était dans ché, ché pu, ça devait être en 43 peut-être bien quelque chose comme ça, l'hi, l'hiver quoi, on était en train d'fureter, on entendait l'furet décoller, enfin bref, on n'a pas vu arriver deux feld gendarmes euh Allemands qui euh… qui sont arrivés dans l'bois, parce qu'ils patrouillaient, c'était très sévère hein euh… alors là euh… ils nous ont emmenés dans l'village, ils d'mandent le nom euh… ils d'mandent le nom du grand-père, R6, le nom d'mon cousin, R3. J'aime mieux vous dire, l'histoire que ça a fait, a fallu euh… qu'le… qu'il, qu'il fournisse euh des preuves comme quoi ils étaient pas Juifs, alors là on a commencé à, à… à savoir un p'tit peu c'te, c'te… à se demander c'qu'il s'passait exactement parce qu'on savait, on savait pas grand chose hein ! savez, après euh dans l'fond les, le… les alliés n'ont découvert les camps d'la mort qu'en 45 hein, lorsque l'Allemagne a été libérée hein. Mais on savait pas nous, on était en zone euh… interdite, en zone euh je dirais euh… libre ils savaient eux. Ils savaient qu'on, qu'on cherchait systématiquement les Juifs. Je sais, on a appris aussi par la suite qu'il y avait eu des, des Juifs qui avaient été recherchés dans Péronne, mais, mais///

Q- De là à imaginer…

R- c'était, c'est de là à imaginer euh savez euh on, on pouvait pas imaginer, d'abord c'était pas imaginable. C'est simple, c'était pas imaginable. Quand on a vu ça on pouvait pas en croire nos yeux, on dit c'est, on était… bouleversés, on s'dit mais c'est, c'est, c'est dingue quoi, c'est, c'est, ça a été… ça a été l'horreur quand on a… quand on a découvert tout ça quoi. Mais enfin c'est… il y a eu deux, deux, deux moments très, très chauds quoi je vous dirais c'est, c'est, c'était la débâcle, l'exode et puis ensuite ça a été ben la période euh, là 44 quoi disons à partir de, à partir de… de… de l'é, de, de, du printemps 44 où les bombardements sont devenus extrêmement intensifs euh… et puis la débâcle allemande et puis le, le, le… le reflux dans la… ça a été ces… les deux période difficiles, très difficiles disons du point de vue euh… euh danger, danger euh armé quoi.
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