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Le métier de poseur de carreaux de faïence à Ponchon

La production , la vente des carreaux et la rénumération de ce métier

Q- Mais euh le fait de r'fabriquer des… d'la faïence de Ponchon euh… euh… c'est aussi dans l'but de, de la vendre ?

R- Ah beh bien sûr ouais. (rit)

Q- Mais on, y'a des gens qui sont encore demandeurs de ces choses-là ?

R- Y'a de, oui, oui, effectivement. Ben c'est-à-dire que, bon j'ai la chance de tomber à un moment donné où, c'est quand même plus ou moins une mode. C'est-à-dire qu'il y a euh… euh après 68, y'a eu la mode du grès qui correspondait au côté rustique etc… et si on r'gardait les journaux d'décoration d'l'époque on décapait les poutres, on… r'mettait tout l'bois à nu, c'était la mode du grès ; et puis à l'heure actuelle là, depuis 5 ou 6 ans les, la tendance a, ça a changé, c'est-à-dire qu'on a tendance à reprendre des couleurs euh… et à avoir envie justement de clarté, de… de choses comme ça. Donc là les motifs sont vraiment très actuels, sans que… j'ai rien fait et ils sont à la mode.

Q- Justement euh on vous demande des p'tits carreaux d'faïence de Ponchon ?

R- Il y a des particuliers, des décorateurs hein et puis euh… oui architectes, décorateurs et particuliers. Mais la grosse proportion s'sont les particuliers.

Q- Bon, ce sont des gens qui ont connu cette faïence euh…

R- Pas spécialement. Pas spécialement, ce sont des gens qui, bon qui ont envie d'abord de quelque chose de particulier, parce qu'à partir du moment où ils viennent là, si ils ont envie qu'au lieu qu'le p'tit point soit jaune sur un carreau, il soit rouge, j'vais l'changer, c'est-à-dire qu'c'est une démarche complètement différente que lorsque vous allez dans un magasin d'carrelage où on vous propose une gamme et un point c'est tout. Donc là ils viennent là, ils disent ben moi c'motif là j'aimerais bien changer ça, j'aimerais bien qu'il soit plus allégé, j'aimerais bien ceci, bon, par contre on reste quand même dans la même technique mais les motifs ils évoluent aussi, bon éventuellement j'fais d'autres couleurs ou choses comme ça.

Q- En fonction justement de… du goût de…

R- En fonction du goût du client. Oui.

Q2- Les gens mettent toujours ça dans leur cuisine ?

R- Ah oui. Oui. Et puis j'ai par exem, j'ai aussi par contre des gens qui ont connu ça chez leurs grand-parents, hein, autrefois, euh… qui en ont gardé un souvenir et qui souhaitent le r'trouver.

Q- Et sinon vous disiez euh au niveau d'la décoration des décorateurs, mais alors, c'est dans l'cadre euh de maisons anciennes euh… tel décor ou…

R- Non, non, pas spécialement, aussi des maisons neuves. Dans la res, des maisons qui sont restaurées mais aussi des maisons euh… il m'arrive d'avoir des commandes pour des maisons neuves hein ! mais s… toujours pour le même euh la même chose, c'est-à-dire que les gens ont envie d'avoir leur carrelage, leur motif de carrelage hein.

Q- Et est-ce que… la demande actuellement vous satisfait ?

R- Ah oui pleinement oui. Ça serait même de trop oui (rit) oui, oui.

Q- Faut qu'y ait un engouement quand même

R- Y'a un engouement d'autant plus que j'fais pas beaucoup d'publicité, j'fais aucune publicité même donc il y a qu'le bouche à oreilles qui fonctionne et avec le bouche à oreilles j'ai trop d'boulot quoi.

Q- Et ça reste sur la région de Beauvais ou///

R- Non, non, ça va euh… en Bourgogne, c'est allé en Corse, c'est allé sur Paris, c'est… et alors les gens arrivent ici par des biais euh quelquefois complètement euh… euh loufoques c'est-à-dire qu'on, on s'demande comment ils sont arrivés là.

Q- Et vous fabriquez ça euh… euh… dans des proportions euh…///

R- Dans des proportions///

Q- de grande ampleur, de…

R- non par exemple euh… sur une année, euh… ça doit faire à peu près 12 000 carreaux/an, dans, entre 10 à 12 000 carreaux par an.

Q- Par an ?

R- Ouais.

Q- C'est, c'est beaucoup oui.

R- Ouais ça fait pas mal ouais.

Q- Pour vous toute seule en plus ?

R- Oui pour moi toute seule oui. Oui.

Q2- Et comment c'est, co, comment est-on, est-on rémunéré justement par rapport à ce chiffre

R- Alors moi j'calcule euh… et bien j'calcule mon temps d'travail.

Q- C'est, c'est par votre temps d'travail ?

R- Ouais.

Q- passé euh…

R- C'est-à-dire que certains, certains motifs vont coûter plus chers parce que ils sont plus longs à faire, à décorer, aussi simplement comme ça.

Q- Et… la matière première qu'vous vous procurez euh… c'est un argile euh du coin ?

R- Non, hélas, ce sont des carreaux qui viennent d'Italie.

Q- Aïe !!!

R- Aïe !!!

Q- J'vais couper là (rire)

Q2- Et à l'époque euh avant, dans l'temps, comment étaient-ils rémunérés justement, la rémunération comment elle s'fait, comment ça s'passait effectivement ? y a pas eu des comptes…

R- Ah… non. Y'a des feuilles de comptes qui sont, qu'ont été r'trouvées au, sur des carreaux, mais ça c'est, y'a pas beaucoup d'archives à c'niveau là j'crois. On parlait tout à l'heure de 9 francs les 100 d'carreaux, mais comme j'ai pas (toux) j'ai pas tellement la notion de combien on pouvait, euh le salaire moyen était d'l'époque, à l'époque, ché pas si c'est… ben j'en pense que c'étaient quand même les gens aisés qui pouvaient s'permettre d'ach'ter du carrelage comme ça. Déjà au départ c'était, euh ceux qui pouvaient s'permettre d'avoir l'eau courante chez eux, enfin, c'était quand même tout un ensemble hein !

Q- Déjà avoir une cuisine à l'époque peut-être euh…

R- Euh oui, cuisine à l'ép, oui. Bon c'était surtout, c'est vrai, qu'sur Paris parce que euh… ben le, les pre, les immeubles construits et tout bon ça ça a été euh… mais à la campagne j'crois qu'c'est v'nu quand même sur le tard hein ! On pen, on pensait à l'aspect pratique des choses, mais… euh l'époque où on est, où on a envie d'aménager une maison et puis de, d'avoir quelque chose à soi euh c'est v'nu quand même tardivement. Moi à mon avis c'est v'nu dans les années, dans les années 50 quoi, après guerre. Hein. A la limite en même temps ça correspond peut-être en même temps aux, aux premiers électroménagers, à un, un besoin d'autre chose. Mais ça c'est personnel hein dans c'que… euh moi c'est c'que… c'que j'imagine hein !
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