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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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La vie quotidienne et le métier d'un menuisier à Etreillers

Les relations entre le patron et les ouvriers

Q- Justement les relations que vous aviez avec eux, est-ce qu'il y avait des revendications par rapport au salaire ou des choses comme ça ?

R- Oh ben il y avait pas tellement de revendications mais quelquefois il y en avait un de temps en temps qui demandait de l'augmentation, en dehors des autres euh… je n'ai pas souvent marché, alors celui qui n'était pas content il partait, mais autrement, je suivais la hausse du coût de la vie, quand il… ça me paraissait qu'il était temps, je les augmentais sans crier gare, je n'attendais pas qu'ils revendiquent hein. Enfin, c'est, c'est pas pareil quand vous voyez des… dernièrement, le dernier truc en date que je me rappelle c'est… Spontex, oui c'est ça, il y a une usine Spontex en Picardie, ils ont… ils veulent licencier, alors le délégué qui est venu parler de la CGT, un barbu tout ça mais hein, puis tous ceux-là qu'arrivent à être délégués.

Q- Et vous vous aviez des bonnes relations alors avec vos ouvriers, ça, ça allait bien ?

R- Ah oui, c'était, c'était amical hein, enfin celui qui demandait de l'augmentation, il y avait, ça faisait pas d'bruit quoi, ( ???) il a demandé de l'augmentation, j'ai dit ah non je n'marche pas, bon ben il me donne mes huit jours, il donnait ses huit jours sans faire d'lettre recommandée rien du tout, il partait ça y était, il y en a eu deux ou trois, mais les autres ils restaient là, il y en a un, plus âgé, en 67, il est parti sur un coup de tête, et puis il a été s'embaucher à l'entreprise d'à… d'à côté, à Atilly chez Demarcy, eh ben il l'a regretté après, parce qu'il était pas mieux au point de vue salaire et pis…

R2- Ses congés ils étaient pas payés.

R- Les congés payés c'était pas la même chose, et puis donc quelques années après j'ai arrêté, lui il avait beaucoup d'années de présence, il aurait touché un beau p'tit capital, mais il l'a perdu, il est parti par lui-même.

Q- Et sinon, au sein de l'équipe il y avait une bonne entente ou il y a des problèmes///

R- Oui, oui, oui oui, ah oui, oh oui, ça travaillait.

Q2- Vous aviez jamais de problèmes entre les ouvriers ?

R- Non, non rien, non, non pas vraiment, non.

Q- Il y avait pas de jalousie, il y avait pas de…

R- Non, non… quand je les augmentais, c'était tous sur le même taux hein, parce que le plus ancien il était plus payé hein, c'est… c'était variable mais… non. C'était la vie de famille.

Q- Ils vous respectaient quoi, ils… vous appelaient monsieur ou ils vous tutoyaient ils vous…

R- Ah ben c'était tous Monsieur Quentin, oui, oui… même celui qui était d'mon âge je… je lui disais vous, aussi hein, puis quand j'avais besoin d'lui je l'appelais par son prénom mais autrement non, pis lui il me disait Monsieur Quentin. C'était pas… de la morgue de ma part mais, pis encore maintenant les trois quarts des gens du village me disent Monsieur Quentin, Il y a que ceux qui sont d'mon âge, garçons ou filles que…

R2- Oui, les filles c'est pareil.

R- Hommes ou femmes quoi maintenant, qu'on s'appelle par son prénom mais…

Q- Et vous… est-ce que ça vous arrivait de rencontrer un ouvrier euh… en dehors du travail, hors de votre activité enfin…

R- Je sais pas euh…

R2- En dehors du travail comment alors…

Q- Est-ce que… je sais pas si euh… je sais pas si vous jouiez aux cartes ou si euh…

R2- Ah oh non, ah ça mon mari n'aime pas ça.

R- J'avais///

Q- Vous étiez invité à manger chez l'un, ou si il y en a qui venaient manger ici ?

R- Il y a eu des périodes où j'avais pas de travail, j'ai euh… j'ai un jardin, j'ai un terrain, j'suis bâti sur un terrain de 44 ares, alors je jardinais, hein, j'ai eu des poules des lapins des…

R2- Des oiseaux, des canards et un cochon.

R- J'avais d'la volaille, alors j'ai toujours trouvé à m'occuper, j'faisais mes peintures intérieures extérieures moi-même, mais… après quand il y avait beaucoup de travail, j'ai eu, il y a des périodes où, l'horaire était libre, ils pouvaient faire autant d'heures qu'ils voulaient, donc il y en a qui faisaient plus de 10 heures par jour, mais j'avais un ouvrier, un espagnol, un ancien de l'armée républicaine, il était venu, pour n'pas être prisonnier par Franco, il habitait à St Quentin, en… garni… en hôtel plutôt hein et… parce qu'il était tout seul, alors lui il pouvait pas travailler jusqu'à 8 heures du soir, il fallait qu'il soit rentré, qu'il soit à table à temps, qu'il venait à 6 heures du matin, et… il n'a jamais eu besoin de sonner à la porte et hein, la porte était ouverte et j'étais à mon bureau, avant 6 heures, puis quand les ouvriers partaient à 8 heures, j'étais à mon bureau aussi, pis le dimanche matin aussi, le samedi matin le patron ne travaillait pas en général le samedi, mais j'allais à St Quentin le matin, puis l'après-midi je faisais mes comptes.
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