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Le dessin à la plume et le métier de charpentier

Le tour de France des compagnons charpentiers

Q- Vous avez commencé dans, dans les, enfin avec l'optique d'être compagnon.

R- Ah j'suis, j'suis, j'étais parti avec l'optique d'être compagnon de… de faire le tour de France, hein, alors je m'étais… je m'étais dit en attendant, en attendant, moi, je voulais faire mon tour de France, mais je m'étais fixé quand même, hein bon euh… le retour du régiment hein.

Q- Pour quelles raisons c'est possible ça ?

R- Ben, pour pouvoir partir, puis plus être… plus être arrêté par cette coupure qu'est le service militaire hein, alors comme j'ai rentré… j'étais rentré dans une maison euh… qui faisait uniquement le, le monument historique, je m'ai… au départ je m'étais dit bon je vais rester six mois, je vais repartir, j'aurais toujours la possibilité d'y revenir dans cette maison là hein si ça va pas, à c'temps là, à c'temps là il y avait du boulot, on frappait à la porte, si on était bon ouvrier on était pris il y a pas de problème hein, et puis j'y suis, j'y suis resté, j'y suis resté parce que, j'avais peur de n'pas trouver l'équivalent, c'était peut-être, c'était peut-être un tort, euh… dans… dans l'idéal du compagnonnage c'était un tort, parce qu'il aurait fallu que j'aille tâter d'autres choses hein///

Q- ( ???)

R- Voilà…

Q- Pourquoi il aurait fallu ( ???)

R- Ben parce que… un compagnon… celui qui fait le compagnonnage il doit être ouvrier accompli, en charpente je dois savoir tout faire, oui, aussi bien le monument historique, que… que tout il y a pas de problème, moi je, moi j'ai eu le bonheur de faire tout parce que, étant chef de chantier, j'avais pas peur des responsabilités et puis, n'importe quel chantier que le patron m'donnait bon je, je l'acceptais, mais le compagnonnage il est surtout destiné à se perfectionner hein, quelqu'un qui fait… qui finit son compagnonnage, son tour de France, c'est un ouvrier accompli, il y a pas d'problème il sait tout faire hein, dans son métier il sait tout faire, mais oh c'est pas par manque d'ambition c'est parce que… j'ai toujours retardé l'échéance de changer, et puis je l'ai pas fait hein.

Q- Quand on parle de tour, de tour de France, il y a un circuit particulier à suivre ou…

R- C'est à, c'est-à-dire que… vous êtes, vous êtes pris en charge par euh… c'est le… c'est les compagnons du tour de France quoi, vous êtes pris en charge, eux, c'est eux qui vous trouvent le travail, votre itinéraire, quoi hein, vous avez, c'est eux qui vous donnent… je sais pas très exactement comment que ça se passe maintenant mais c'est eux qui vous donnent le point de chute, de manière à n'pas arriver dans un village euh… sans savoir où coucher, sans savoir où vous adresser hein, c'est eux qui vous… c'est vous qui… il y a un compagnon qui est chargé de l'embauche, c'est lui qui… qui traite de votre embauche, de votre arrivée, de votre accueil hein. Alors bon ben ça, c'est tout autre chose hein, ça s'fait, ça s'fait encore hein, ça s'fait encore forcément hein.

Q- Votre premier emploi était dans… dans ce cadre là ?

R- C'était dans… ah oui bon… mon premier euh… ma première idée, ah oui ma première idée c'était ça.

Q- Et votre premier emploi était… c'était un compagnon qui l'avait///

R- Ah non c'est le… c'est le, le patron, j'ai… comment c'est le, le patron de l'entreprise Martin qui était venu le jour du CAP, demander aux… aux jeunes si ils voulaient travailler, alors comme, comme Martin… comme Martin il était… il était président de cette association, pas de cette association c'est un groupement hein, ben il choisissait des compagnons, ben j'ai… je vais me donner des coups dans les chevilles, mais les meilleurs hein, voilà il voulait des bons compagnons, il choisissait des bons compagnons, c'est-à-dire il faisait des propositions, c'est un p'tit peu comme le… le recruteur de football qui va sur les terrains hein, qu'il en voit un bon il lui demande de venir, là c'est pareil hein. Alors je… quand j'suis attiré, quand j'suis atterri chez lui euh… j'étais pas ri pour… j'étais pas pour y rester 30 ans hein, c'est un peu comme pour les dessins hein, à 17 ans vous savez on a pas, on a pas l'idée de rester 30 ans, on a pas l'idée, on n'pense pas à la retraite hein.

Q- Et quand on travaille dans… la rénovation de… de monuments, est-ce que on voit bien les spé… spécificités régionales et est-ce qu'il y a différentes méthodes de travail euh… dans les régions, par exemple pour les charpentiers ?

R- Ben pour, pour les charpentiers oui il y a… chaque, chaque entreprise, parce que moi je parle d'entreprise, parce que c'est le mot, où j'étais c'est une entreprise avec 600 personnes, mais quand on fait le compagnonnage, on peut très bien arriver chez un p'tit, chez un p'tit artisan qui a… qui a deux trois compagnons hein, c'est, c'est comme ça euh… on est pas forcément dans une grosse entreprise, on arrive alors… chaque… chaque entreprise et chaque artisan, chaque compagnon a sa matière, a sa manière de travailler hein, euh moi… un p'tit artisan il a sa manière de tracer, il a sa manière de… de tailler tout ça hein, c'est… tout l'monde a ses, ses p'tites ficelles, même, alors dans les grandes entreprises, tous ces p'tits… toutes ces p'tites ficelles, ben c'est les chefs de chantier qui les ont, vous avez un chef de chantier il travaille de cette ma… moi j'ai travaillé avec plusieurs chefs, bon ben, quand j'disais bon ben… untel il faisait pas comme ça, puis lui il faisait pas, il faisait d'une autre manière hein, ça c'est, ça c'est dans toutes les boîtes hein, puis chez les p'tits artisans encore plus, premièrement vous avez, vous aviez pas le même outillage, un p'tit artisan il a pas toujours le même outillage qu'une grosse entreprise hein, nous, dans les monuments historiques, dans les monuments historiques… une équipe de déplacement, quand on était en déplacement, eh ben on travaillait carrément à l'ancienne, parce que à c'temps là, quand on arrivait dans… quand on arrivait dans une église bien souvent, c'était une église qui avait plus de toiture, la première chose qu'on faisait, on s'installait trois quatre tôles pour euh… pour s'abriter hein, c'est, c'était pas pareil que celui qui travaillait à l'atelier, hein il y a plusieurs euh… nous en fait euh… en déplacement c'était plus complet. En déplacement il, il faut être démerdard, à l'atelier c'est pas pareil on a tout sous la main. Quand on arrivait sur un chantier la première chose qu'il faut qu'on faisait, c'était deux tréteaux un établi, puis que le gars qui travaille en atelier bon ben il a tout c'qu'il faut hein, moi j'aimais mieux travailler en déplacement, déjà on a… en déplacement on a déjà euh… un p'tit… comment je dirais… un peu plus de liberté hein, on se sent plus libre, en déplacement on a le chef de chantier, hein le chef d'équipe, mais on a pas le patron derrière nos… nos talons tout l'temps, tout l'temps hein, et puis en déplacement il faut s'débrouiller, bon on a pas toujours l'outillage qu'il faut euh… il faut se démerder il y a pas de problème, c'est… l'école, l'école du déplacement c'est beaucoup plus… enrichissant hein.


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