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La reconstruction, la vie quotidienne et l'agriculture à Estrées-Mons

Le retour au village et les baraques provisoires

Q- D'accord, donc vous habitez à Estrées-Mons dans la Somme///

R- Oui

Q- Pouvez-vous m'dire euh… pour quelle raison habitez-vous c'village et…

R- Ben d'abord j'y suis née, mes, mes parents étaient de deux villages aux alentours, un d'Athies, l'autre de Hancourt, et j'suis née ici, dans cette maison là, euh… mes parents avaient voulu réintégrer quand la guerre de 1914 a été finie, ils ont voulu réintégrer la maison qu'ils… avaient avant puisqu'ils s'étaient mariés en 1909 mais la maison était détruite, alors ils ont acheté ici euh… les fondations étaient déjà faites, c'était un instituteur qui s'proposait d'y habiter, pis il a demandé à aller en Afrique Noire, alors mes parents ont acheté et puis bon ben, p'tit à p'tit ils ont monté cette maison là alors eux, oui…

Q- Vos parents donc lorsqu'ils reviennent ici en 1919 il n'y a plus rien.

R- Ah non, non non non non, que des p'tites maisons provisoires faites… en vitesse, pour tout l'monde, et les fameux Nissens( ???) des américains, en tôle, il n'y a plus que ça.

Q- Et eux, quand ils reviennent, ils trouvent à se loger où, dans une baraque provisoire ?

R- Eh ben c'était une maison provisoire qui avait été montée euh… par là pour euh… y habiter, alors euh… mon père a acheté des fondations ici, il a fait bâtir cette maison là euh… au fur et à mesure, parce que, à l'endroit où il avait sa p'tite maison, là il avait ouvert une carrière de sable, pour commencer la reconstruction dans le village et… voilà.

Q- D'accord donc, sinon il exerçait quelle profession ?

R- Il était cultivateur.

Q- Il était cultivateur.

R- Il était cultivateur, oui.

Q- D'accord, est-ce que vous avez des… justement des anecdotes quant au retour aux conditions de vie dans le village détruit ?

R- Oh vous savez euh… bon ben ils ont eu… à remettre les champs en culture et… tout ça… comment est-ce que j'vous expliquerais moi, bon il a fallu reconstruire, d'abord il y avait pas de main d'œuvre assez pour reconstruire, donc il y a eu la main d'œuvre étrangère qui est arrivée, alors il y avait des italiens, bon parce que les italiens ils étaient très bons, très bons plâtriers puis très bons carreleurs, et puis les belges qui eux étaient très bons maçons, alors tous ces gens là sont arrivés ici euh… l'école a… rouvert, euh dans des baraquements, et ils sont venus, beaucoup de ces gens là, mais avec leur famille, et leurs enfants, les enfants fréquentaient les écoles et voilà, et… tout tout l'monde a travaillé et puis petit à p'tit mais… la… la reconstruction en fait presque complète si vous voulez, elle n'a été finie que dans les années 30-32, ah ouais.

Q- D'accord. Ce qui veut dire que ici dans l'village il y a des descendants d'immigrés italiens ou belges ?

R- Euh… oui, il y en a, oui. J'en ai là-dedans.

Q- Sinon donc, lorsque vos parents rentrent ici en 1919, ils n'ont plus rien.

R- Ah non.

Q- Et est-ce qu'ils ont de la famille qui les aide, ou est-ce qu'il y a une aide///

R- Ah ben mais mais… ben… pas tellement, pas tellement, mais ma… les parents de… ma mère, habitaient Hancourt, alors je sais que Hancourt c'était refait quand même habitable avant ici, donc quand mon père a été démobilisé ils avaient été un p'tit peu chez ma grand-mère à Hancourt hum… ouais… oui oui.

Q- Et est-ce que vous avez des… des souvenirs que vos parents vous auraient raconté sur les conditions de vie justement dans les baraques, sur les problèmes///

R- Ah ben vous savez euh… moi je suis allée dans des… chez des gens qui habitaient encore dans des Nissen( ???) ben ils avaient ramassé un feu, n'importe où, et puis, une table une lampe à pétrole et, et voilà hein.

Q- D'accord. Donc ça, euh… au milieu des années 30 il en restait ici dans l'village ?

R- Ah oui, ah oui, mais vous savez euh… ben il y avait encore plein d'monde mais ça ne dépendait pas non plus peut-être de la guerre, je sais pas si dans les endroits où il y avait pas, ils n'avaient pas ressentu la gu… ressenti la guerre si ils étaient autrement, mais en 1939 il y avait encore beaucoup d'monde qui s'éclairait avec des… lampes à pétrole… ah oui, mais oui mais bon, on, on ne mangeait pas les mêmes choses que maintenant non plus, vous savez, les gens étaient heureux d'être chez eux, n'importe comment hein, que ce soit comme ça, tant pis, mais ils étaient heureux, ils étaient chez eux, alors bon ben… c'est sûr que… au moment de la reconstruction euh… les gens qui étaient faut bien le dire là, à la tête de la commune, telles que le maire, les conseillers municipaux, tous ces gens là étaient au courant de tout… hein, donc euh… les premières maisons reconstruites c'était des gens qui, qui connaissaient… toutes les choses…
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