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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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Un village du Sud Amiénois pendant la Seconde Guerre Mondiale

La libération d'Ailly sur Noye pendant la seconde guerre mondiale

Q2 : Mais, mais sinon comment s'est passée la libération d'[A] ?

R1 : Ah la libération d'[A], ah ben très facil'ment la libération d'[A], il est arrivé trois chars euh anglais

Q2 : Est-c... est-ce... excusez-moi, est-ce que...

R1 : Les all'mands sont (???) ben j'vais vous raconter quelque chose attendez

Q2 : Est-ce... comment vous l'avez appris la... déjà

R1 : La libération ? On entendait, nous avions la radio, oui, oui

Q2 : Est-ce que vous l'avez appris (???)

R1 : Attendez, nous nous avions la radio, ben la radio a marché, nous avions d'l'électricité, la radio a marché tout l'temps, nous avons appris la libération d'Paris, ben oui, alors la libération d'[A] c'est pas (???) la libération d'[A], je n'sais pu si c'est l'30 ou l'31 août mais enfin, c'est pareil, enfin c'est pareil, le jour exact ça doit être le 30, ça doit être le 30 hein, eh bien les troupes all'mandes passaient énormément quoi à pieds beaucoup hein, remontaient par euh [H] hein, pis après j'sais pas où, enfin [H], [I], y r'partaient comme ça j'en sais rien, remontaient, bon j'vais vous citer, j'vais vous dire quelque chose de ma mère alors là pour vous montrer le courage, alors le 30 août au matin comme ça je n'sais pas, 5 heures du matin sans doute, ma mère se lève. Elle va jusqu'au bout... y montaient la rue St-Martin (???), elle va jusqu'au bout d'la rue alors donc y'avait toutes les ruines là ça a été, je crois qu'c'est un quart d'[A] qui a été démoli à la guerre, alors elle était là dans les ruines de la maison qui faisait l'coin, dans not' rue, en face, où est la mairie, mais avant puisque y'a un dégag'ment, avant, pis la route était un peu moins large, en face du fleuriste, elle est restée là, j'sais pas si c'est une heure, pour voir les all'mands part... battre en r'traite si vous voulez, enfin battre c'est p't-êt' pas tout à fait l'terme, mais retraiter, une heure, mon père d'un coup y s'réveille y dit "mais où est-ce qu'elle est passée ?", elle r'vient, y dit "ben où est-ce que tu étais ?", elle dit "j'étais au bout d'la rue, j'ai r'gardé les all'mands", mais il dit "mais tu es folle" dit mon père "tu n'sais donc pas qu'un officier pouvait sortir son revolver et t'abattre là, on s'demand'rait c'qui s'était passé", il dit "tu pouvais être tuée là", elle dit "ça n'fait rien, tuée, tuée, je m'suis donnée la satisfaction d'les voir battre en r'traite", fort hein

Q1 : Hum

R1 : Et ça aussi parc'que, j'vous l'ai dit tout à l'heure, son frère a été tué au [...] en mai 1918 hein, ça y z'ont été malheureux, de la mort, bon comme toutes les familles qu'ont perdu quelqu'un hein

Q1 : Hum

R1 : Oui, oui, alors voilà elle s'est donné la satisfaction d'aller voir les all'mands battre en r'traite, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse

Q1: Hum, mais sinon donc comment s'est passé la libération ?

R1 : Ah ben, rien, rien, pas d'combats du tout chez nous, non la libération aucun combat, hein, la résistance elle a résisté j'sais pas quoi

Q1 : C'est les... les all'mands qui partent ?

R1 : Les all'mands sont partis c'est tout hein, on était là, moi j'me souviens on était là sur l'pas d'not' porte nous, on attendait d'voir c'qui allait s'passer et alors j'me souviens parc'que j'y étais bien sûr, le, un méd'cin qui vit toujours, [P6] (???) qui je crois, je m'demande s'il est pas parti un peu plus loin sur [J] pis une autre dame qu'était ici à [J], y sont arrivés pour voir c'qui s'passait euh, tout l'monde s'disait, bon, on écoutait la radio, j'vous dis on a eu d'la lumière, tout l'temps, et y z'arrivent et mon père dit, au premier pis après à l'autre dame euh, chacun son tour "le jour de gloire est arrivé". Alors après y'a ceux qui voulaient l'faire passer pour l'ami des all'mands, ou pour l'collaborateur, non mais, non mais. Oh ça, en tout cas, bon j'vous dis y'a eu une commission d'enquête d'Amiens mais alors v'là qu'le nom m'échappe voyons, commission d'épuration mais ça doit être ça, commission d'épuration je crois qu'c'était c'nom-là, dont le président était un agent, un agent voyer (???) on disait un agent voyer (???) à l'époque je crois hein, y z'étaient 3 hommes là, y sont v'nus là, (???), y z'avaient convoqué mon père à la... à la mairie, il avait dit "oui j'vais y aller" et pis tout d'un coup y dit après tout, il était malade d'abord, vous savez quand on a le coeur enfin c'est pas la même chose sur tout l'monde mais quand on fait de l'oedème, oui, ma voix est un peu affaiblie pis ça me touche, comment voulez-vous qu'ça n'me touche pas, les jambes étaient très enflées mais enfin, alors pis y dit "mais après tout si y veulent euh me parler y n'ont qu'à v'nir" alors il a retéléphoné à la mairie et dit "si vous voulez que je vous réponde v'nez m'voir" donc y sont arrivés là, toujours sur la question enquête pour la... pour la liste

Q1 : Hum, hum

R1 : Alors il a raconté c'que j'vous dis, il a dit tout ça hein

Q1 : Hum, hum

R1 : Et... et quand y sont partis quand même y z'ont dit "oui nous voyons que c'est une affaire inventée ou que c'est une liste euh fantôme", enfin j'sais pu quel terme euh

Q1 : Une rumeur

R1 : Une rumeur enfin voilà, en partant y z'ont quand même dit ça

Q2 : C'était plutôt un... cette rumeur tenait plutôt compte d'un règlement d'compte quoi, des oppositions politiques, d'pouvoir

R1 : Ah qu'est-ce que vous voulez que j'vous dise, il est certain que mon père était à l'opposé hein, des opinions... et des communistes et même des socialistes ça c'est sûr c'était un homme de droite, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse
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