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L'agriculture et la vie des civils au cours de la 2ème GM à Cavillon

Description de la libération de la deuxième Guerre Mondiale


Q- Et sinon la libération ça s'est passé comment ?

R- Ben la libération… ici… ça s'est passé à peu près bien. Euh… y a eu tout le… comment à partir du 6 juin, du 6 juin, ils sont arrivés ici le… 4-5 septembre ///

R1- Oui ché pu, c'est pas le 1er septembre les sentinelles

R- C'est un premier septembre, bon toujours est-il que… on a bien vu, même les allemands ils étaient ici… j'me souviens qu'c'était des… avec des chevaux et ils nous ont dit au revoir, ils sont partis en Normandie, beh… ils savaient bien que hein ! ils sont pas fous les gars. Alors y a eu… comment donc, à partir de 1900… ché pas combien qu'les anglais ils ont… bombardé l'Allemagne, ils passaient ici hein, les avions, l'Angleterre (siffle) tout passait là, la Somme, Pas-de-Calais. Alors y avait des défilés d'avions bombardiers, ché pas moi, ensemble jusqu'à la lie, 100, 200 avions entourés de, d'avions d'chasse qui tournent, qui tournent pour les protéger, la nuit, le jour, la nuit. On disait ils s'en vont bombarder là-bas… pis après on voyait r'venir (parlent à deux) parce qu'ici y avait à partir ed'mille neuf cent… quarante euh… deux peut-être, les allemands ils avaient installé… dans la région 4 batteries de DCA. Là oui dans l'parc, pis là autour, était enterré, pis au Quesnoy, alors à chaque fois qu'il passait des… des avions anglais ou bien américains, alors les canons, pan, pan, sans arrêt. C'est, c'était, c'était d'venu… nous pour nous c'était… un espèce de spectacle, parce que chaque euh obus de DCA, un impact, un impact, ça fait un… un impact de… de fumée, alors on voyait bien hein, on voyait bien qu'est-ce qui tirait en dessous. Pis le, le, le, le, a été tombé un avion anglais là, au mois de juillet… 40, bombardier anglais, il est tombé là, il s'est écrasé là sur ce village et les aviateurs ils ont été brûlés. Ils étaient deux je crois.

Q- Et vous vous é, vous restiez dehors ou vous étiez à l'abri dans ces cas là ?

R- Quand y avait des tirs d'DCA ? Les éclats tombaient quand ils tiraient au dessus là, les éclats euh de… d'obus éclatent en l'air et tombent euh… au soleil vous les, on les voyait… Moi je me souviens avoir été dans les champs en 1900 quarante euh… trois, quarante quatre, ( ???) en 44 mais sur euh… mettons un ( ???) tiré par les chevaux, beh on avait mis des balles de paille, quand ça tirait pas fort ben c'était tout. Beh il faut tomber hein.

R1- Enfin y a pas eu beaucoup de comment, d'accidentés pour euh c'que… tout ce qui est avions quoi.

R- Y'a eu des accidents de… bricoliers qui ont… touché à des… des obus, des… balles, des… ben oui. Pareil moi en mille neuf cent… enfin vous direz il parle toujours d'la guerre, mais en mille neuf cent… en 1940///

R1- Ah oui t'es toujours avec la guerre.

R- en 1940, j'avais 13 ans, elle a, elle est r'venue d'évacuation, à plusieurs, 5-6 euh… on a été vadrouillé dans les bois, c'était plein de… d'armes euh de… troupes qu'avaient… stationné, abandonné tout pis… oui les sénégalais ils avaient abandonné… des des osselets tout ça, tout c'qui est… ils s'nourrissaient eux-mêmes eux, ils faisaient leur tambouille eux-mêmes eux mais un jour on est tombé sur des fusils d'guerre, des fusils d'guerre français là des masses 36, dans un bois, tout neufs dans la caisse des balles, on était à 4-5 et l'allemand il fait signe euh l'allemand, on a été par là deux kilomètres dans un, dans les bois, bah on dit on va essayer les fusils, moi j'avais un frère il avait 10 ans, ouais, pis alors on avait décidé de… une invention aussi, ed'couper un arbre à force ed'tirer d'dans, oui dans un, dans un p'tit bois, un arbre comme ça, on s'est dit ben… à force ed'tirer d'dans, on a fait un tir hein, on n'y est pas arrivé, pis ché pas comme qu'ça… ( ???) on a laissé tomber tout, après ça on a eu peur hein, la peur des allemands tout ça, on a caché une arme, on a caché une arme. Et en 44 euh… on a r'sorti chés fusils pour euh… parader un peu quoi, on faisait un peu… ah ouais. Ouais on a été libéré par les anglais ici, à que, en 39 ils étaient anglais, pis en… 44 c'était une armée anglaise qui restait ici

Q- Mais vous a, vous avez appris comment que c'était la fin de la guerre ?

R1- Beh déjà on avait (parlent à deux)

R- Beh déjà…

R1- pendant… trois jours les allemands///

R- Pendant trois jours avant… avant qu'ils n'arrivent///

R1- on les avait vu arriver vous savez, une armée comme euh… on peut pas s'figurer l'armée qu'c'était l'armée allemande hein, c'était vraiment magnifique hein, c'était… astiqué, ils étaient ils ont défilé pendant deux jours avec des chars et pis tout ça, nous on est monté hein, c'était vraiment extraordinaire, on en avait une peur terrible parce que il n'avait jamais parlé de allemand, j'avais toujours parlé des boches hein pis… et pis ( ???) on s'demandait qu'est-ce qu'on va d'venir hein et pis enfin ils étaient pas ( ???) hein et puis quand euh… avait, quand est arrivé le ben, comment, la libération, pendant trois jours, quatre jours on les a vu repartir vraiment…///

R- L'a, l'armée allemande en débandade, euh ils… si vous voulez ils… ils voulaient, y n'avaient plus les moyens d'transport quoi. C'étaient des chevaux. Des chevaux qui rstaient (parlent à deux) dans les villages///

R1- Ils ont bien essayé d'avoir le, un cheval chez vous, pour camoufler les ( ???)

R- Ici, la dernière nuit, j'ai été emmené les allemands et… officier allemand, ils ont forcé… notre père à… il descend à Picquigny avec une voiture pis un cheval. Mais lui il savait parlé allemand, il avait été… il comprenait carrément tout c'qu'ils disaient et bien…///

R1- Pis alors on entendait toujours le canon.

R- Lui c'qu'il voulait c'était les conduire à Picquigny pis… après c'est tout, pas aller plus loin hein, parce qu'y en a ils ont été plus loin hein ! Il a fait l', il les a descendu et pis ils ils ont fait, il a d'mandé qu'ils lui fassent un papier pour er'venir, euh je sais qu'y a dit, y a donné une boîte de cigares, pis il est r'venu à travers bois quoi, il est r'venu dans bois.

R1- C'étaient des, des, des gens très corrects hein !

Q- Il fallait un papier pour qu'il… qu'il revienne ?

R- Oui, un laisser passer, parce qu'il s'était dit si j'rencontre encore des autres ils vont me… même dire euh… allez hop demi-tour.

R1- Tandis quand on a vu l'armée… qui est venue nous libérer, nous, c'étaient des, des anglais, c'étaient différentes armées.

R- Différentes ?

R1- Beh comment ils étaient habillés, les uns en blouson, les autres en… veste euh…

R- Les anglais ?

R1- Oui.

R- Oh les anglais ils étaient… Une armée riche, les anglais étaient riches.

R1- hein, mais vraiment y avait pu du tout de… c'était pas du tout la même armée c'est tout.

R- Ah non, non, faut pas… c'était plus… déballé quoi. J'me souviens que… les armées anglaises étaient arrivées là///

R1- Mais les allemands c'étaient des gens disciplinés, y avait rien à faire hein.

R- dans euh Molliens Vidame, d'ailleurs la nuit on était sauvés, moi pis mon frère on s'est sauvés avec les chevaux qui restaient, c'était pour pas qu'les allemands nous les prennent, on allait s'fourrer dans un bois par là, pis on était avec des autres du village, on était peut-être euh… 30-40 chevaux, dans un p'tit bois. Sur les pentes là et vers euh… 4 heures du matin, pff, on commençait à voir tirer… l'canon là-bas du côté d'Molliens, alors on s'est dit… j'sais pas c'que c'est, c'est-y les allemands, c'est-y les… les anglais hein ! et pis au bout de… vers euh… 7 heures du matin on a vu les… chars arriver, les chars anglais. Mais on savait pas qu'ch'étaient les anglais, on les voyait à… deux kilomètres mais comme y avait… les gars avec nous, des vieux qu'avaient fait la guerre ed'14 y disent eh, va pas si vite hein, et aussitôt qu'y nous ont vu ils ont ouvert leur tourelle et pis ils ont d'mandé… ils ont d'mandé si y avait encore des allemands quoi. Comme y avait un tas d'allemands qui traînaient… qui traînaient encore un peu partout hein ! des allemands qui cherchaient à s'rendre ouais.

Q- Qui cherchaient à se rendre ?

R- Bien sûr, mais y a, c'était, c'étaient eux qui avaient peur c'coup là. Autrement y'a pas eu de… y a eu euh… vers 10 heures du matin un tir de… un tir de… ca, canon qu'était de l'autre côté d'la Somme, pan d'un seul coup v'là un tir de… d'artillerie, y a eu un peu d'paniqués dans leurs maisons pis ( ???) autrement c'était… la joie hein. c'était quelque chose d'extraordinaire hein !

Q- Ouais ça s'est passé comment à… c'niveau là ?

R- Ah ben… on est r'venu au village, nous on était dans un bois et les chevaux on est r'venu pis… et leurs troupes anglaises sont arrivées là, sont arrêtées, là au carrefour, y a un carrefour là au milieu, ah ouais pis tout l'monde euh… aussi bien, ils avaient des allemands et tout, des… prisonniers assis sur chés capots de… du char ou des voitures hein.

Q- Et comment y'a pas eu arpès de règlements de comptes ? Si ?

R- Ah y a eu… des, des, des gens qu'ont… qu'ont j'té des cailloux aux allemands, parce qu'après ça ils les… ils les r'groupaient les allemands pis ils défilaient… pis ils zen emmenaient, ils les emmenaient par là, y a eu des gens, on a vu des gens euh… ramasser des cailloux.

Q- Mais sinon entre les… habitants, il n'y a pas eu de règlements de comptes ?

R- Pendant la guerre ?

Q- Après, à la libération. Des accusations de collaboration ou des choses comme ça ?

R- Oh y a eu… euh des accusations, non y a pas eu d'dénonciation, ils auraient pu dénoncer des gens mais… ici y en n'a pas eu. Y a un gars qu'avait… l'jour d'la libération qu'a… qu'avait voulu régler… l'compte d'une bonne femme, parce qu'elle l'avait dénoncé, elle l'avait dénoncé et… oui, elle savait qu'il avait un revolver chez lui ( ???) elle, elle était bien… avec les allemands, et un jour elle l'a dit à un autre paysan, elle a dit ché rien qu'elle dit un tel euh… je l'dénoncerai, c'cultivateur là y… l'a r'vu une autre qui l'a dit… t'as un revolver chez toi. Y dit pas vrai, y dit si il est à tel endroit. Beh il l'a changé d'place pis deux jours après il avait un… un sergent pis un… allemand, perquisition, ( ???) il avait caché ch'revolver dans l'jardin dans un… baquet à cendres, y n'en menait pas large hein ! pis à la libération il a voulu…///

Q- Ils l'ont trouvé le revolver ?

R- Non, non ils l'ont pas trouvé. Mais à la libération il a sorti ch'revolver pis y courait après la bonne femme, ouais, parce que ché bonne femme là, elle avait quitté les allemands, (siffle) aussitôt c'étaient les anglais hein. alors euh… j'me souviens qu'y a un anglais, un… un gradé anglais qu'a dû… tant qu'on ici ché nous qui commande, pis il a laissé tomber. Après ça on a su qu'elle avait eu les cheveux coupés, y a eu des trucs comme ça hein ! mais pas dans l'village, ça s'est passé… dans l'canton quoi. Ouais, après ça y a si vous voulez y a eu la libération euh… et la guerre a été finie que… au mois d'mai 45 hein. C'est, c'est, c'est… c'est pas fini hein, ça a duré… Y a eu l'retour des prisonniers si vous voulez au mois de… avril euh… 45, les gars qu'avaient été… 5 ans en Allemagne. Parce que pendant la guerre les… mairies, les… par exemple ici dans la… la mairie du village elle organisait des… des, des… des colis pour les prisonniers français, ils allaient les mener… expédier à la gare quoi.

Q- Ils les ont… en fait ils les ont reçu ces colis ?

R- Ah oui. oh oui j'crois bien oui.

Q- Mais si, sinon donc tous les prisonniers sont revenus euh… courant 45 ? donc très peu de temps après la libération ?

R- Oh oui, ça doit être avril-mai. Euh… mai et juin. On a un cousin qu'est r'venu un an après. Il a été… pris, il a été libéré par les Russes, il a fait tout un périple euh… extraordinaire est r'venu à Longpré. On s'demandait s'il allait r'venir, on n'avait plus d'nouvelles, ouais pis l'instituteur, l'instituteur de… ouais. Hum, hum. Ils ont été libérés par les russes en Allemagne. Ils ont été embarqués en Russie.
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