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Récit d'un mécanicien à la sucrerie d'Origny-Sainte-Benoîte

La solidarité et la rivalité entre collègues

Q1 : Vous vous serriez bien les coudes, alors, avec les collègues ?

R : Oh oui, oui. En général, je… y'avait pas de problème entre les différentes spécialités, entre la mécanique, l'électricité. Dans les débuts que j'ai commencé à travailler, y'avait des petites rivalités. Quand il y avait une panne, par exemple, on avait tendance à dire, pour un mécanicien, par exemple, il avait tendance à dire, ah c'est une panne électrique. Ou alors, l'électricien, il avait tendance à dire, ah ben c'est de la faute de la mécanique si mon matériel a lâché. Mais bon ça, avec le renouvellement des générations, bon, moi, quand j'suis arrivé, ma génération, puis avec les collègues qui étaient à peu près de ma génération, au bout d'un moment, on s'est dit, bon ben, c'est tout, c'est pas la peine de raconter des histoires, parce que, bon, on va raconter des histoires pendant une heure ou deux, mais quand on dépanne, l'évidence, elle est là. A un moment donné, il y a une évidence, hein. Si c'est du matériel mécanique qui a lâché, bon ben c'est tout. On peut pas dire que c'est le voisin, hein, y'a des limites à ça. Y'a des…

Q1 : C'était fort sinon au début ?

R : Oh oui, y'avait quand même une rivalité entre les… les équipes. Mais bon, ça s'est passé après.

Q1 : D'un seul coup, comme ça ?

R : Ah pas d'un seul coup. Vous savez, les mentalités, on les change pas comme ça, du jour au lendemain, hein.

Q1 : Ouais, c'est ce que j'me disais.

R : Il suffit pas de l'vouloir ou de l'dire pour les changer. Mais, ça s'est passé assez rapidement quand même, parce que, après, on a constitué des équipes qui étaient plus ou moins polyvalentes. Par exemple, le mécanicien travaillait avec l'électricien et ils travaillaient ensemble. Alors, ils n'avaient plus aucun intérêt à vouloir rejeter la faute sur l'autre. Alors, après bon, ça s'est passé comme ça, un peu naturellement. Ça s'est…

Q1 : Et il y avait d'autres rivalités dans la sucrerie ou…

R : Oh non. Après, après, c'étaient plutôt, bon, des rivalités de personnes, vous savez, y'en a partout, hein, c'est… Mais sinon, non, entre les corporations, y'en avait pas tellement. Non, puis je vous dis, ça s'est estompé quand même assez rapidement, parce que, bon, tout le monde s'est aperçu qu'il n'avait aucun intérêt à… à vouloir gagner du temps, parce que de toute manière, comme je vous disais, bon ben, l'évidence, elle arrive assez vite, hein. Vous démontez un matériel qui est en panne, vous voyez tout de suite si c'est électrique, si c'est mécanique, vous le voyez tout de suite, hein. L'évidence, elle est là, hein. Vous ne pouvez pas la nier, hein.

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