Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Récit d'un mécanicien à la sucrerie d'Origny-Sainte-Benoîte

La diminution des horaires, l'automatisation de la production et la réduction du personnel

Q2 : Et ça s'est passé quand, le changement, entre… de passer de 12 à 8 heures ?

R : Oh, ça a dû se passer… Moi, quand j'suis arrivé ici, en 67, on faisait encore 12 heures, mais j'pense qu'on ne l'a on ne l'a plus fait longtemps. Ah je dirais, ah dans les années 70… ouais, dans les années 70, dans ces parages-là, on est passé à 8 heures. Ouais. Ouais, ça dû être… bon j'ai plu bien en tête en quelle année mais c'était dans ces parages-là, hein, 70,72, certainement.

Q1 : Ouais, donc, ça a dû faire un changement pour vous et pour votre famille alors ?

R : Ah ben oui, quand même hein. Puis bon, ben 8 heures c'est quand même pas… c'est pas si fatigant que 12 heures… Puis après, ce qui y'a, le métier a changé un peu dans les postes, parce que, si vous voulez, c'est… c'est devenu moins manuel. Bon, l'automatisation est arrivée, les les salles… des salles de commande complètes. Alors, par exemple, moi quand j'ai démarré à Sainte Emilie, bon si vous voulez, les gens qui conduisaient des appareils, y étaient disséminés sur chaque site, hein, par exemple, vous étiez à la diffusion. Bon, y'avait juste un pupitre, une petite armoire électrique pour conduire l'appareil mais vous étiez sur place. Et au fur et à mesure des années qui ont évolué, bon en particulier, ici c'est arrivé au début des années 74 ici, qu'on a commencé à faire des salles de contrôle centralisées. Si bien que l'on s'est retrouvé, par exemple, avec une personne dans une salle comme ça, entièrement automatisée, et cette personne-là, elle conduisait, bon je dirais, pratiquement les 2/3 de la sucrerie, hein, les 2/3, hein, une personne seule. Alors, là, là, ça a été un changement assez radical, parce qu'en particulier le poste de nuit, aujourd'hui, quand vous visitez une sucrerie la nuit, ben, vous savez, vous ne rencontrez pas beaucoup de monde. Alors qu'avant, y'avait… je vous dis à chaque poste y'avait quelqu'un. Vous visitiez une sucrerie, à chaque poste vous pouviez vous faire expliquer le fonctionnement de l'appareil, hein, ce qui s'passait. Aujourd'hui, c'est fini. Si vous n'avez pas quelqu'un pour vous guider, vous expliquer les appareils comment ils fonctionnent, ben vous allez traverser la sucrerie, vous allez voir très très peu de monde hein. Si vous voyez trois ou quatre personnes, ça sera… ça sera tout, hein. Ça sera tout.

Q2 : Donc, moins de personnel quoi ?

R : Ah oui, ah oui. Je dirais qu'on n'a on n'a peut-être pas divisé par 100 mais pas de loin par rapport aux années 50, 60. Moi, j'ai démarré à Sainte Emilie, on faisait, en gros, 2.000 tonnes et on était, tout confondu, on était peut-être pas loin d'un millier de personnes. On avait encore des râperies, vous savez, des petites unités extérieures qui faisaient que du jus. Ils râpaient seulement les betteraves, ils faisaient du jus et puis ils transportaient par pipeline. Alors, bon tout ça, ça faisait du personnel. Y'avait du personnel pour s'occuper des pipelines… tout ça, y'avait… c'était surveillé en permanence, hein, tout ça. Alors, ça faisait… ça faisait du monde, hein. Ça paraît pas, mais… Alors, bon, y'avait peut-être pas 1.000 personnes, mais 7 à 800 personnes, y devaient y'être sur les deux postes. Aujourd'hui, uniquement pour la production sucrerie, si vous avez une centaine de personnes, c'est tout hein. Et vous produisez 20.000 tonnes. Donc, vous produisez 10 fois plus avec 10 fois moins de personnes. Hein alors vous voyez le ratio que ça fait, hein, en gros entre 80 et 80 fois moins de main-d'œuvre et encore, y'a des postes qui sont appelés à disparaître.


nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer