Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Récit d'un mécanicien à la sucrerie d'Origny-Sainte-Benoîte

Le rythme de travail et les changements d'horaires selon les périodes de campagne et les inter-campagnes


Q1 : Et par rapport, donc, à votre poste, donc de surveillant machines, vos horaires, ils étaient comment ? C'était…

R : Ben disons que… quand j'ai commencé à travailler à Sainte Emilie, à l'époque, on faisait 12 heures, deux postes de douze heures et pour se r'poser, tous les 15 jours on faisait 18 heures. Ah oui, oui, oui. Ah ça n'existait pas les repos comme maintenant. Ça n'existait pas. Alors, autrement dit, comme on comme on était que deux postes, il aurait fallu un 3ème poste pour avoir un repos. Il aurait fallu que quelqu'un remplace l'un des deux postes et comme ça n'existait pas, donc, par exemple, le poste de jour qui faisait de 6 heures à 18 heures, alors il continuait 6 heures jusqu'à minuit et puis le poste qui était de nuit précédemment, il démarrait à minuit. Donc, jusqu'à 6 heures du matin et il faisait la journée en suivant. Et donc, le poste de nuit, il reprenait le poste de jour et c'est comme ça qu'on changeait de poste tous les 15 jours.

Q1 : Ah OK.

R : Alors comme repos, bon, on aurait pu faire mieux. Mais enfin, bon, c'est… chaque temps a ses… chaque époque a ses…

Q1 : Donc, ça, c'était le début, mais…

R : Alors après, donc, on est passé progressivement au 3/8. Alors les 3/8, donc les trois fois 8 heures, alors là, les changements de poste, justement, se faisaient en 12 heures. Au moment du changement, par exemple, le poste de nuit, lui, il ne travaillait pas pendant un poste et les deux autres faisaient 12 heures pour pour combler un cycle de 24 heures et de poste de nuit, donc, il reprenait du matin, euh d'après-midi, il reprenait d'après-midi.
Q1 : D'accord. Et vous, vous avez déjà travaillé en poste nuit aussi. Donc vous faisiez…

R : Ah oui, oui, oui.

Q1 : Vous faisiez les trois postes.

R : Ah ben moi, depuis 62, j'ai toujours travaillé avec des postes de nuit.

Q1 : Et lequel avez-vous préféré au niveau des postes ?

R : Ah, il est bien évident que c'était quand même les postes de jour, hein. C'est quand même moins fatigant, hein. C'est quand même plus proche de la nature humaine. On a beau dire, les postes de nuit, c'est un peu contre nature. Les horaires sont un peu contre nature. Bon, cela dit, on n'est pas mort, hein, la preuve…

Q1 : Et donc ça c'était, euh, vos horaires pendant la campagne ?

R : Ça, c'étaient les horaires de campagnes, pendant trois ou quatre mois, suivant les années, suivant les rendements betteraviers, les campagnes durent plus ou moins longtemps, suivant les rendements.

Q1 : Et quand vous n'étiez pas en campagne…

R : Ah, ben quand on n'était pas en campagne… Bon, dans les débuts que j'ai commencé à travailler, on faisait dix heures par jour et on travaillait cinq jours par semaine. Puis après, progressivement, quand j'suis arrivé à Origny, on a commencé à diminuer les horaires pour arriver à huit heures par jour, déjà, pour commencer. On ne faisait pratiquement plus d'heures supplémentaires. Il fallait qu'on s'organise pour ne plus en faire. On appelait un peu plus la sous-traitance, déjà, hein. Ce qui ne faisait pas beaucoup dans le passé. Dans le passé, on appelait très peu la sous?traitance parce qu'il y avait beaucoup de personnel en sucrerie. Alors, forcément, on n'appelait pratiquement pas la sous-traitance, hein. Tout ce personnel là qui était utilisé en campagne, comme il y avait beaucoup de personnel en campagne, on l'utilisait inter-campagne. Alors, autrement dit, on disait… on avait coutume de dire en sucrerie, qu'en général quelqu'un qui travaillait en sucrerie avait deux métiers, il avait un métier en campagne et son métier d'inter-campagne, par exemple chaudronnier ou mécanicien, puis il pouvait se trouver en campagne cuiseur où on cristallise le sucre, où… En général, on disait qu'on avait deux métiers. Puis alors, progressivement, bon après, là dans ces derniers temps, là depuis sept, huit ans, même peut-être une dizaine d'années là, on est passé donc aux 35 heures. Dès que les 35 heures sont passées, nous on est passé aux 35 heures. Alors, dans un premier temps, parce qu'on a repris des autres sucreries, alors pour résorber pour résorber le personnel on est passé à 35 heures pour pouvoir recycler le personnel à Origny puis dans les sucreries qui travaillaient avec Origny. Dans un premier temps, puis après on est resté aux 35 heures, avec des périodes de récupération, de RTT qu'on appelait ça. On avait une journée de… En fait, à Origny, c'étaient même pas 35 heures, c'était… c'était un horaire annuel. C'était un horaire annualisé. C'était un temps de travail annualisé.

Q1 : Donc, ça variait de semaine en semaine ou vous faisiez quoi ?

R : Non, non. Inter-campagne, on faisait… on ne faisait que 32 heures. Mais du fait qu'on faisait plus d'heures en campagne, on faisait un peu plus d'heures en campagne, alors si vous voulez ces heures-là étaient annualisées avec le temps d'inter-campagne.

Q1 : D'accord.

R : Si bien que… inter-campagne, ça suffisait qu'on fasse 32 heures. Alors, on avait, soit le lundi, soit le vendredi de repos, hein.

Q1 : OK. Et donc, en inter-campagne, vous étiez toujours sur les machines.

R : Ben disons qu'on… on faisait l'entretien des machines et donc il y a une spécificité à Origny Sainte Benoîte c'est que, même inter-campagne, on a des machines qui tournent, par exemple, la chaufferie, bon pas tout bien sûr puisque… mais on a au moins une chaudière qui tourne et un turbo alternateur qui tourne parce qu'on a une très grosse distillerie, on a des ateliers annexes qui tournent toute l'année. C'est un peu spécifique à Origny, il y a beaucoup d'ateliers annexes. Alors, à Origny, on a donc une distillerie qui produit des flegmes pour après faire de l'alcool rectifié, on a un atelier d'alcool du bioéthanol, hein, l'alcool carburant qu'on appelle ça maintenant, le bioéthanol, on a un atelier de… comment, conditionnement de sucre, hein, qui fait les paquets d'un kilo, les boîtes verseuses, les sucres en morceaux. A Origny, on produit tout ça, les sacs cinq kilos, cinquante kilos. Après, on a un atelier de sucre liquide, hein, ce qui a pris beaucoup d'ampleur, d'ailleurs, ça marche pas mal ça. Il y a beaucoup d'industries, maintenant qui, au lieu d'avoir du sucre pulvérulent, ils préfèrent avoir des sucres liquides pour incorporer dans leurs produits, par exemple, dans les gâteaux, dans les… Puis après, il y a un autre atelier aussi qui est venu se greffer mais ça, c'est un tout petit atelier, c'est du sucre fondant. C'est-à-dire que c'est du sucre, un peu, comme vous avez sur les éclairs au chocolat, vous savez pour napper le dessus. C'est un sucre très très épais, très concentrés. Ça, c'est un peu spécial, c'est un peu spécifique. Alors c'est pour vous dire que tout ça, ça tourne à longueur d'années. Alors, autrement dit, on se retrouve, pratiquement, à être en situation de campagne toute l'année. Mais c'est un peu spécifique à Origny, parce qu'il y a tous ces ateliers-là annexes.

Q1 : Donc, finalement, vous étiez occupé toute l'année…

R : Ah, oui, oui. A Origny, on était bien occupé, toute l'année. Oui oui. Oui.

Q1 : OK OK.

R : Ah oui, on était…
nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer