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Récit d'un délégué syndical à la sucrerie d'Origny-Sainte-Benoîte

L'évolution des relations entre les ouvriers et les patrons de la sucrerie

Q : D'accord. Et entre les… entre les cadres et les ouvriers, vous étiez pas… vous aviez pas de… une espèce de blocage ?

R : Oh si, y'avait quand même des discussions un peu animées, parce que, bon, on était… comme je vous dis, bon, des fois, y'avait des revendications qui étaient un peu, je dirais presque folkloriques, alors bon, on en discutait quand même. Dans l'entreprise, on en discutait. Y'avait des discussions assez animées, mais enfin, ça n'a jamais été… ça n'a jamais été des relations quand même à couteaux tendus quand même.

Q : Ouais.

R : Mais y'avait quand même des relations quand même assez animées, des discussions assez animées, parce que… bon, y' avait des moments, c'était quand même, ça dépassait quand même un peu l'imagination… bon, j'ai pas d'exemple précis en tête, mais j'sais qu'il y a eu des moments où…

Q : C'est dommage !

R : Ça paraissait un peu… vous voyez, c'est… Y'a des situations qu'il faudrait pouvoir enregistrer, mais c'est ce que j'ai toujours dit, y'a des situations des fois tellement comiques dans dans des relations tendues comme ça. Y'a des moments des fois… y'aurait des moments à saisir. Moi, j'me souviens une fois d'avoir vu l'ancien patron, donc le premier que j'ai connu, il habitait dans la cour de l'usine, il avait sa maison dans la cour de l'usine et je me souviens qu'une fois, il a ouvert sa fenêtre, il a monté sur l'appui de fenêtre, il a commencé à lever les bras, enfin à piquer une colère vraiment. Bon, c'est des situations… on aurait pu filmer ça, bon, ça vaudrait le coup d'être revu. Oh oui, c'est quand même des situations un peu comiques.

Q : Ouais, j'imagine.

R : Oh oui, oui, oui. C'était c'était quelqu'un d'assez d'assez coléreux, alors…

Q : Le deuxième moins ?

R : C'est pas le même genre. C'est pas le même genre. C'est… il est plus en finesse. Bon, la taille de l'entreprise a changé aussi, alors bon, c'était plus tout à fait les mêmes rapports. Bon, à l'époque, c'était une entreprise familiale presque, c'était… alors les rapports n'étaient pas les mêmes, c'était pas du tout les mêmes. Mais, le patron de maintenant, c'est pas tout à fait le même rapport, c'est pas… Il est… Je dirais qu'il est plus calculateur, il est plus… c'est pas pareil. Pis, en plus, bon, lui, c'est plus un financier, lui maintenant, c'est plus un financier, tandis que notre ancien patron, bon, c'était un homme de terrain. Bon, c'était un financier aussi forcément, un patron est toujours financier quelque part, mais c'était pas son principal objectif. Lui, son principal objectif, c'était de faire grossir son entreprise, d'améliorer son entreprise vis-à-vis des sociétaires, d'amener aux sociétaires le meilleur service possible vis-à-vis de l'entreprise. C'était plutôt ça. L'aspect financier, bon, c'était important aussi, bien sûr, y'a pas de mystère. Dans toutes les entreprises, l'aspect financier est important, mais c'était pas son principal… tandis qu'aujourd'hui, bon, son fils, lui, c'est plus un financier, lui. C'est pas pareil. Il voit pas les choses pareil. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il a fait évoluer à une taille… aujourd'hui, ça a une taille énorme. C'est devenu bon… aujourd'hui, avec le rapprochement avec les sucreries… comment… des Hauts de France, ça va probablement être l'entreprise…

Q : C'est Téréos en fait ?

R : Téréos, oui. Ça va être certainement l'entreprise la plus grosse en Europe, ça c'est clair. Ça va… parce que là, bon, on a des sucreries en Tchéquie, en Slovaquie, au Brésil, La Réunion, bon tout ça, ça devient énorme, ça devient énorme.

Q : Ouais.

R : ça devient énorme en particulier au Brésil. Au Brésil, ils font des travaux énormes, mais ça va devenir énorme au Brésil.

Q : Concurrentiel ?

R : Oui, oui, forcément, parce que le sucre de canne est forcément concurrentiel avec le sucre de betterave.

Q : Oui.

R : Il est… y'a une concurrence énorme, énorme, énorme. En plus, là-bas, la main d'œuvre est beaucoup moins chère que chez nous. Puis, le sucre de canne, il est évident qu'il est concurrentiel par rapport au sucre de betterave, parce qu'il coûte beaucoup moins cher… la production coûte beaucoup moins chère que le sucre de betterave, ça c'est clair, ça c'est clair.
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