Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Récit d'un délégué syndical à la sucrerie d'Origny-Sainte-Benoîte

Les licenciements et la réduction du personnel à la sucrerie

Q : Vous interveniez dans les choix des licenciements ?

R : C'est… oh, non pas toujours, c'est bof…

Q : Ça incombait à qui en fait ?

R : En général, à la sucrerie d'Origny, moi, je n'ai jamais connu de licenciements secs. Ça, ça me… moi, j'en ai pas connus. En général, la direction s'arrangeait pour faire partir des personnes en retraite, en retraite anticipée, des personnes qui présentaient les conditions, mais licenciements secs, moi, je n'en ai jamais connus ou alors, c'étaient des licenciements en dehors de la réduction de personnel. C'étaient des licenciements pour faute grave ou des choses comme ça, mais des licenciements pour des réductions de personnel, moi, j'en ai pratiquement pas connus, des licenciements secs. Mais, en général, y'avait des conditions. Bon, la personne était, par exemple, à 56-57 ans, la personne avait un nombre d'années de carrière suffisantes pour pouvoir partir en préretraite, des choses comme ça, mais des licenciements secs, moi, pratiquement, j'en ai jamais connus. Non, c'était pas…

Q : Il n'y a pas eu des gros wagons, quoi ?

R : Non, non, non, y'en aurait plus là depuis quelques temps, mais je vous dis, toujours pour une histoire de… il faut limiter le le personnel résident, si on veut, pour avoir des coûts de production moins élevés. Y faut…Y'a rien à faire, on n'a pas trop le choix. Si on veut lutter à armes égales avec la canne à sucre, dans les pays où elle est produite, on n'a pas le choix, y faut limiter les coûts de production de manière vraiment drastique. On n'a pas le choix. Sinon, y'a pas de mystère, on va disparaître.

Q : Ouais.

R : Là, c'est clair.

Q : C'est marrant que ce soit aussi paradoxal que ça, parce que vous voyez pareil… vous étiez pourtant beaucoup avant… à la sucrerie, vous me disiez avec votre premier patron, ben, c'était plus familial finalement.

R : Ah oui, mais toutes les entreprises étaient beaucoup plus familiales, en particulier dans les coopératives.

Q : Alors, les entreprises où vous étiez nombreux, c'était familial et entreprises, là maintenant, qui commencent à comprendre de moins en moins de personnes finalement, se retrouvent dans une situation totalement inverse.

R : Ah oui, oui, ça c'est, ah mais c'est certain. C'est certain. L'aspect familial de l'entreprise, ça ça n'existe plus. C'est fini, ça c'est clair. Ça, c'est clair et pis, d'ailleurs, c'est même un problème général de la société aujourd'hui. Y'a pas que dans… dans toutes les entreprises, dans tout le monde du travail, je pense qu'il y a un grand égoïsme… un grand égoïsme dû au fait qu'il y a une précarité de l'emploi. Les gens font leur chemin à eux, mais ils s'occupent de moins en moins de leurs voisins, ça c'est clair.
nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer