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Récit d'un délégué syndical à la sucrerie d'Origny-Sainte-Benoîte

L'évolution des techniques de production et la réduction du personnel

Parce que, bon, on peut pas se déplacer quand on est posté… bon, quand on était posté, parce qu'aujourd'hui, c'est encore un peu différent, y'a de moins en moins de personnel dans les entreprises sur place, à chaque poste.

Q : Ouais.

R : Parce que tout est centralisé dans une salle. Y'a une salle de contrôle et comme je vous le disais la dernière fois, y'a peut-être un peu plus des deux tiers de l'entreprise qui est surveillé à partir d'une salle de contrôle. Alors, bon, maintenant, c'est encore un peu différent. Y'a beaucoup moins de monde dans dans les bâtiments ou sur place. Y'a de moins en moins de monde. C'est beaucoup des gens qui tournent et pis qui surveillent l'ensemble de l'entreprise. C'est plus c'est plus des gens postés à un endroit précis. Quand j'ai démarré… moi, quand j'ai démarré en sucrerie, comme je vous l'avais dis, j'étais aux coupes racines, mais on était à ce poste-là. On n'allait pas ailleurs. Après, bon, j'ai été à l'épuration. Bon, on était à l'épuration… ces postes-là n'existent pratiquement plus. Aux coupes racines, y'a encore quelques personnes, parce que c'est difficile à… montage, démontage des couteaux, c'est mécanique, c'est… là, c'est difficile à supprimer, on peut pas. Mais, par exemple, à l'épuration, y'a plus personne. A l'évaporation, y'a plus personne. Tous ces postes-là, c'est centralisé dans dans une salle de contrôle.

Q : Donc, finalement, vous alliez… chronologiquement, vous alliez de plus en plus vite pour moins en moins de monde ?

R : Ah oui, oui.

Q : En étant de moins en moins pressés finalement ?

R : C'est… ben, disons que oui, si on veut, oui. C'est…Le travail était plus physique avant, parce qu'il y avait pas de matériel de régularisation automatique, c'était plus physique. Par exemple, une vanne aujourd'hui… vous avez une régulation de débit… pour régler un débit de jus, bon, aujourd'hui, la personne va dans la salle de contrôle, affiche un débit sur un appareil et pis, c'est tout, c'est terminé. Une fois qu'il est affiché, tant qu'il y aura pas besoin de le changer, l'appareil va jouer son rôle, tandis qu'avant… moi, j'ai connu, quand j'étais à l'évaporation, c'étaient des vannes à main. Fallait ouvrir ou fermer une vanne entre chaque appareil et c'était… c'était la main, c'était physique, c'était pas… tandis qu'aujourd'hui, bon, les gens ont tous un peu des notions de régulation automatique, tous plus ou moins.

Q : Donc, moins de boulot ?

R : Moins de travail physique.

Q : Physique, ouais.

R : Même même par exemple, un mécanicien, y'a moins de travail physique, parce que, par exemple, on a des petits appareils… je sais pas s'il est pas en photo ici.

Q : On a… on a une personne là.

R : Ah, ben voilà, c'est ça. Bon, par exemple, ça, c'est… Ah non, ça, c'est sur une… non, c'est… Faudrait que je regarde. Je vais aller chercher…

Q : D'accord.

R : Une documentation. Voilà, vous voyez, par exemple. Pour améliorer ce qu'on appelait la productivité, on s'est mis à s'équiper… d'ailleurs, les fabricants de ces matériels-là, nous ont construit un appareil un peu adapté au contexte de l'usine, de l'entreprise.

Q : Ça ressemble à des transpalettes mécaniques, mais…

R : Oui, c'est des… c'est des trans… celui-là, par exemple, c'est un transpalette… c'est un transpalette, mais sauf qu'il est il est équipé d'un bras. C'est un bras. Alors, c'est un bras avec deux rallonges qui permettent… il est beaucoup moins haut. Y'a pas besoin d'avoir une flèche. Alors, et ça permet de passer et ils nous l'ont raccourci un peu en hauteur pour passer à des endroits qu'on aurait pas pu passer. Alors, si bien que, si vous voulez, un appareil comme ça… moi, comme je m'occupais, j'étais responsable justement de l'équipe mécanique, alors j'avais un appareil comme ça dans mon équipe et ça permettait d'apporter des matériels plus lourds, des choses comme ça, d'avoir beaucoup moins de mal.

Q : Il fallait le permis pour ça, non ?

R : Oui, à ça, fallait, oui, fallait un permis, fallait un permis de cariste.

Q : Donc formation ?

R : Ah oui, oui. Ah, moi, tout mon personnel était… avait un permis de cariste.

Q : Vous aussi ?

R : Ah oui, oui. Ah oui, tout le monde avait le permis de cariste. Ils ont passé progressivement. Tous les ans, par exemple, j'en envoyais une dizaine. J'avais une équipe à peu près de 30 personnes. J'ai eu 38. En dernier, on était 25 ou 26, mais tout mon personnel avait le permis de cariste, comme ça, ça évite des… justement, sur le plan sécurité, ça évite des… des des imbroglios quand il y a un accident ou quelque chose, parce que ça, c'est obligatoire. Si, par exemple, une personne, qui n'a pas son permis de cariste, provoque un accident, alors là, j'vous dis pas, l'inspecteur du travail et tout là, là, on vous tombe dessus, ça c'est clair.
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