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Un ouvrier polyvalent à la sucrerie d'Origny-Sainte-Benoîte

Les mouvements de grève, les revendications et les acquis obtenus

R : Oui, après les grèves qu'on a fait.

Q1 : Oui, d'accord, donc juste après les grèves. Ça a été le combat avec l'arrivée du…

R : Après on s'est remis au boulot. Il y en avait qui n'avait pas fait grève. On leur disait tu vois t'as pas fait grève, t'as l'droit aux chaussures quand même, t'as droit à ton machin quand même. Ils avaient peur du patron.

Q1 : Il y avait des tensions dans le fait que des ouvriers fassent grève et d'autres qui n'en fassent pas.

R : C'était pas obligatoire d'faire grève.

Q1 : J'imagine bien, mais ça n'a pas un petit peu poussé les gens à se dire, au fait, lui, il n'a pas fait la grève, lui, il l'a fait, ça n'a pas été un peu tendu.

R : Non, ça allait. De temps en temps, on avait une tchiote bricole, on (???) au magasin, c'était à peu près le moment des machins. Il me dit, tiens, les bleus sont pas encore arrivés les bleus, j'lui dit pourquoi, t'as droit à des bleus ? Hier, t'as pas fait grève. Il réclamait des bleus, nous, on n'en réclamait pas, il réclamait ses bleus. Il avait pas fait grève.

Q1 : Vous avez fait grève pendant la campagne ou pendant l'inter-campagne.

R : C'est avant ou bien après la campagne toujours.

Q1 : Vous ne faisiez jamais grève pendant la campagne.

R : Quand la campagne était en route, elle était en route.

Q2 : Je disais pourquoi pas finalement pour avoir ces acquis, cela aurait été encore plus…

R : Oui, parce que l'patron.

Q2 : Oui, il aurait serré la vis.

R : Oui, il aurait dit si vous faites grève, hop les betteraves, ils s'en vont ailleurs. C'était l'un ou l'autre. Il était, c'était quelqu'un le patron.

Q1 : Ça a changé ces derniers temps, vous avez connu combien de de directeurs ?

R : J'ai connu. Celui qui est là, l'actuel. Après les autres, c'est les sous-directeurs qui sont là.

Q1 : D'accord, mais vous avez connu vraiment…

R : Le père et le fils.

Q1 : Le père et le fils, quoi.

R : Ils faisaient leur boulot, pour ça, il n'y avait pas à se plaindre. Ils ont toujours fait le boulot qu'il fallait. Je ne me plaignais pas d'eux, toujours pareil. Il y en a qui en veulent de trop.

Q2 : Pourquoi ?

R : Toujours pareil, il y en a qui vont réclamer de trop, y n'ont jamais assez.

Q2 : C'est qui, il y en a, quand vous dites il y en a, vous pensez à qui ?

R : Pas cinquante, mais deux ou trois, ils vont dire, c'est pas assez, il faut demander ci, il faut demander ça.

Q1 : Par rapport aux ouvriers ou par rapport au directeur ?

R : Non pour nous, les ouvriers, pour réclamer au patron. Il faut être juste, il faut être, faut pas voir tout du même côté, il faut en mette un peu sur l'autre balance, il faut équilibrer.

Q1 : Tout n'est pas gris, enfin tout n'est pas noir, tout n'est pas blanc ?

R : Oui, il faut équilibrer, quand c'est comme ça. Et oui.

Q1 : Vous me dites ça pourquoi, vous pensez qu'il y a eu des abus par rapport aux demandes, à certaines demandes que les ouvriers ont formulées au patron, concrètement ?

R : Ah non, y a pas eu d'abus, mais celui qui veut réclamer il peut aller voir le patron lui-même.

Q1 : Il n'y a pas eu il n'y a pas eu de revendications un peu abusives ?

R : Non, chacun faisait ce qu'il voulait. Si ça n'allait pas, il allait voir le patron, il prenait rendez-vous au patron.

Q1 : Vous, ça vous est déjà arrivé d'aller voir le patron ?

R : Non, j'ai jamais osé. Ce serait aujourd'hui, oui, j'étais un peu plus…

Q1 : Vous n'auriez jamais osé, c'est ça que vous dites.

R : Oui, parce que pour aller voir le patron, il faut savoir pour qu'est-ce, pourquoi ? Il en pose des questions…

Q1 : Oui, il était sévère…

R : Il répond vite.

Q1 : Il allait du tac au tac.

R : Oui.
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