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La vie et le travail d'un ouvrier polyvalent à la sucrerie d'Abbeville

La pesée des betteraves et leur transport (péniches et wagons)

R2 : Ça aussi maintenant. Le camion y se pèse tout seul. Il met sa carte et pis il sait que son camion c'est tel numéro. Allez terminé au revoir. La facture peut sortir aussitôt, l'ordinateur, il marche.

R1 : Pis le compte, il est fait, le compte de, du…

R2 : Betterave. Le tonnage, la densité.

R1 : Avant on était huit au poste, eh ben, il n'y a plus personne. Plus personne du tout, même pas pour surveiller.

R2 : Non, c'est le modernisme qui veut ça, mais je vous dis que quand on a travaillé tout le temps dedans, on ne s'en aperçoit pas, c'est quand on y retourne après. Parce que moi j'ai connu la modernisation, bon ça suivait. On ne s'en rendait pas compte, mais quand on est revenu là, la visiter. Non.

R1 : Même ce que je faisais en culture, moi, c'est fini aussi, puisqu'ils donnent rendez-vous aux cultivateurs dans une salle, soit dans un café, ou un machin comme ça, donc moi j'allais voir tous les clients, tandis que là, c'est les clients qui viennent…

Q1 : Ah oui.

R2 : Pour faire les contrats de betterave.

R1 : C'est un inspecteur, pis qui fait les contrats, tout ça, alors, voyez c'est encore du personnel.

R2 : Je ne sais pas combien il y avait de bascule.

R1 : Je te l'ai montré hier, combien qui avait…

R2 : J'sais pas.

R1 : A la bascule de (XXX)…

R2 : Ah oui, ah oui.

R1 : Comme personnel ?

R2 : Une bascule, mais combien, il y avait de bascule en tout ?

R1 : Faut que je retrouve les photos, vous allez voir les gens qui cousent…

R2 : Non, mais c'est quand même impensable, tous ces bascules, il y en avait une là, à Cambron, elle était pourtant pas loin d'Abbeville. Bon, on recevait les betteraves là. Il y en avait une à Port Le Grand, il y en avait une à Noyelles, il y en avait partout. Par ici, il y avait sur Oisemont, plein de bascules tout autour. Et tout ça, on faisait un dépôt qu'on rechargeait avec des grues pour renvoyer à Abbeville, quand on en avait besoin. Tandis que maintenant, ça vient direct des champs, un camion à l'usine. Avant, on faisait les bateaux à Abbeville, les péniches, on déchargeait ça sur le port. Il y avait des trains entiers de betteraves qui venaient aussi. Il n'y a plus rien. Plus rien de tout ça. Avant, il fallait les charger, les décharger en arrivant. Maintenant, ça arrive, le camion y balle. Voilà. Vous voyez un camion de 20 tonnes ou 35 tonnes de betteraves qui est là, en route à baller, vous le regardez, trois minutes après, il n'y en a plus. Oui, c'est tout ce qui reste qu'on voit encore, c'est les betteraves, mais le sucre, on ne le voit pas, tranquille. On ne sait pas s'ils sortent du sucre ou bien s'ils sortent autre chose, on ne voit rien. On a voulu y aller. Ah, j'ai vu, il y a un massif de fleurs de fait. Tout ce que j'ai vu là-haut. Oh, c'est très propre, ça on ne peut pas dire, ça change avec des turbines, des malaxeurs, tout ça fermé, c'est propre, ça forcément c'était à l'air. On voyait le sucre sur un tapis, tandis que maintenant, on ne le voit pas. Le peu qui passe sur un tapis, c'est dans un couloir qui traverse toute la cour, qui s'en va dans le silo, mais là, on n'a plus le droit d'y aller. Avant, on avait le droit. Moi, j'y allais quand même deux fois par poste, puisqu'il fallait que j'aille surveiller la bascule, parce que le sucre était pesé en arrivant dans le silo, fallait voir si ça tournait rond, c'est tout. C'est une bascule.

R1 : C'est une bascule du temps de mon beau-père. Regardez le monde qui y avait.

R2 : Pour décharger les chariots de betteraves.

Q1 : Oui.

R1 : Ça c'est des betteraves. Ici, c'était lui le basculeur. Alors, les femmes, là, ben regardez, elles sont en route, elles sont en route, avec leur couteau, elles grattent les betteraves pour enlever la terre.

R2 : Pour faire la tare.

R1 : On pèse avec la terre et après on repèse sans la terre pour savoir…

R2 : Dites, vous voyez, cette bascule là, par exemple…

Q1 : Oui.

R2 : On mettait toutes ces betteraves là à terre. Pis après, on les remettait dans les wagons.

R1 : Comme les silos que vous voyez dans les champs.

R2 : Oui, mais dites, il fallait les recharger avec une fourche dans les wagons.

R1 : Oui.

R2 : Hein, c'est pour ça qu'à cette époque-là, il y avait un monde fou.

R1 : On travaillait encore au mois de février.

R2 : Ah oui.

R1 : Maintenant, fin septembre, ils vont peut-être aller jusqu'à Noël, peut-être…

R2 : La veille oui.

R1 : ça fait du monde hein ? Nous, on était déjà un petit peu moins de monde quand même. Non, ça faisait pareil, parce qu'il y avait deux bascules.

R2 : Oui, mais toujours pareil, les bascules, en même temps, il y avait des grues pour les recharger.

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