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La vie et le travail d'un ouvrier polyvalent à la sucrerie d'Abbeville

Les travaux des saisonniers dont la pesée géométrique

Q2 : Il y avait des saisonniers qui venaient ?

R2 : Ah oui, alors là. Moi, je vais vous dire. Je connais déjà avant la guerre parce que j'habitais tout près de la sucrerie, pis mes parents étaient épiciers. C'étaient eux qui livraient tous les légumes et l'épicerie pour les cantines des ouvriers saisonniers, qui étaient des belges à cette époque. A l'usine, il y avait trois cantines, je parle avant-guerre…

Q2 : Oui.

R2 : Il y avait trois cantines pour les belges, avec au moins, je ne sais pas, je vais dire soixante en tout au moins, soixante, soixante-dix. Il y en avait qui étaient aux betteraves, ils déchargeaient des bateaux de betteraves, des péniches, qu'on mettait dans une benne, pis il y avait une grue qui levait la benne, mais fallait les mettre dedans. Il y avait ceux qui étaient au sucre, ils portaient des sacs de cent kilos sur le dos, ah oui, cent kilos, j'ai encore connu ça après. Et puis, il y avait ceux qui étaient dans l'usine four à chaux, carbonatation, c'était core une autre cantine, donc il y avait trois cantines, il y avait, je ne peux pas vous dire combien, mais je sais que j'allais livrer avec mon père, j'allais livrer des légumes, ils étaient bien soixante en tout, hein, si ce n'est pas plus. Après guerre, on a continué à prendre des belges, mais rien que pour la pesée géométrique. Ils ne s'occupaient pas dans l'usine, mais on avait des bretons qui venaient et pis des gars des Gorges du Tarn. Les bretons étaient affectés aux bateaux sucre, pour faire des bateaux de sucre et puis au magasin de sucre, et puis, il y avait tous les gars du Tarn, ils étaient au centre de réception à Abbeville, plus ils étaient en pesée géométrique aussi.

R1 : Dans les champs.

R2 : Pis dans les champs, oui.

R1 : Vous savez ce que c'est, les pesées géométriques ?

Q1 : Oui.

R2 : On mesure, on prend un échantillon de betteraves tout les tant de mètres et puis…

R1 : Tandis que maintenant on en fait plus.

R2 : On en fait plus maintenant.

R1 : Tout est en direct.

R2 : Tout est en direct. Alors tout ça, il y avait une cantine pour eux aussi. Elle était dans la cour à betteraves. Ils logeaient chez l'habitant, payé par la sucrerie. Moi, j'en logeais trois à ma maison, puis moi je m'en allais, pratique.

Q1 : Rire.

R2 : Non mais, il y avait pas mal de monde. Maintenant, il y a encore des gars du Tarn qui viennent au centre de réception.

R1 : Combien qu'y sont là !

R2 : Oui, ça compte pas. On n'embauche presque pas de saisonniers. Il faut dire que tout ce qui était manuel, ça n'existe plus. Parce qu'avant, forcément, il y avait pas mal, rien que les chaudières, c'était au charbon, il fallait déjà amener le charbon, y avait des gars qui mettaient des wagonnets de charbon, qui emplissaient, je parle aussitôt la guerre, ils reculaient les wagonnets qui venaient baller à la chaudière, pis il y avait un tapis qui montait le charbon, et pis, fallait des gars au-dessous pour enlever le mâchefer, décrasser. Il y avait du monde partout. On mettait des pierres pour le four à chaux, c'étaient des bonhommes, il y avait une coque à mettre dans le #4 four à chaux, c'étaient des bonhommes. Il n'y avait que ça.


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