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La vie et le travail d'un ouvrier polyvalent à la sucrerie d'Abbeville

Les pauses à la sucrerie

Q2 : Vous aviez le droit à des pauses pendant votre travail ?

R2 : Des pauses ?

R1 : Non, peut-être pour manger.

R2 : Quand on avez, on faisait au début en 46, 48/48 peut-être, on faisait douze heures. Là, on a une pause, mais en huit heures, on n'avait pas de pause. Celui qui avait une pause, si vous déjeunez, on mangeait quand même, le patron le voyait bien, mais ça, on n'avait pas d'arrêt pour s'en aller et s'asseoir dans un, non, on n'avait pas de remplaçant. Mais on mangeait quand même. Il n'a jamais empêché de manger son casse-croûte à 9 heures du matin.

R1 : Moi, je mangeais en travaillant.

R2 : Mais nous aussi. Mais enfin, ça dépend du travail que tu as à faire. A turbiner, par exemple, les turbines avant, c'était manuel, ben heu, ils étaient obligés d'avoir une pause pour casser la croûte, parce que la machine, elle tourne tout le temps. Alors donc, il y avait un arrêt, on changeait de malaxeur et pendant ce temps-là, ils avaient le temps de descendre d'où c'est qu'ils étaient pour déjeuner ou bien manger à midi, un bout de pain, enfin, ils avaient le droit d'arrêter, eux, parce qu'il n'y avait pas de travail pour eux, parce que la turbine était arrêtée par rapport qu'on changeait le malaxeur. Il y avait un quart d'heure. Pis après, comme il marchait aux pièces c'est gens-là, ben, le travail était fait, il marchait au malaxeur. Mais, ça c'était l'époque, qu'on marchait tout en manuel. Après, en automatique, on ne peut pas arrêter une machine, remarque il n'y a personne qui s'en occupe alors. Les surveillants, les surveillants, ils surveillent les turbines, le gars, alors comme il surveille ses turbines, qu'est-ce qui fait, ben, il mange son bout de pain en regardant ses turbines, il n'a que son tableau à regarder, il ne se salit pas.

Q1 : C'est sûr.

R2 : Ce n'est plus du tout le même travail. Maintenant, des pauses, celui qui est à la chaîne, je crois qu'il est obligé d'avoir des pauses.

R1 : Ceux qui coupent, qui décalotent, pis…

R2 : Les betteraves, il n'y avait pas de pause à cela. Ben non.

R1 : Ils arrivent à manger entre deux ?

R2 : Mais bien sûr. C'est une question d'organisation de travail. Tu peux arrêter, tu peux ralentir, pendant cinq minutes, pis manger ton bout de pain. Il n'y a plus de décrottage comme avant. Il y en avait six, maintenant il y en a deux.

R1 : Mais en direct…

R2 : Mais oui, mais il arrête quand même. Ce n'est pas une pause obligatoire.
Ce qu'on appelle une pause, il faut que les gens arrêtent à telle heure, pis, ils remettent en route à telle heure. Ils doivent avoir un local pour aller manger, c'est ça une pause.

Q1 : Hum.

R2 : Bon, ben là, il n'y a pas. Là maintenant, ils ont tous le petit bureau. Ils ont…

R1 : Moi, je parle, oui, ceux en usine, mais ceux à la….

R2 : Au centre de réception, c'est pareil. Tu crois que tu arrêtes ton travail sur une machine, sur une décolleteuse, mais t'arrêtes pis c'est tout, le tapis est arrêté, t'arrêtes.

R1 : Tout le monde est obligé d'arrêter.

R2 : Ah ben tout le monde mange son casse-croûte en même temps. Ah ben oui.

R1 : Les femmes qui décollent, elles sont attachées même pour pas que leur main aille plus vite.

R2 : Oui, mais enfin ça, c'est un travail à part.

R1 : Pas marrant non plus.

R2 : Oh, mince, ça a été pire au départ, ça a été pire. Maintenant, elles ne se salissent pas. Tandis qu'avant elles se salissaient là-dedans. Non, il n'y a rien de comparable, on peut pas dire, mais les pauses, moi j'ai jamais connu de pause pendant mes huit heures.

R1 : Moi, où je travaillais, il n'y a plus personne, plus personne du tout.

R2 : Tu pouvais manger à toute heure.

R1 : Ah ben, je mangeais entre-deux, je posais mon pain quand j'avais un camion, moi je pesais, je faisais une bascule…
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