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Le travail d'un coltineur de sacs à la sucrerie de Montcornet de 1949 à 1987

L'évolution du travail et de la production à la sucrerie de Montcornet

Q1 : Ben, pour commencer, je vais vous demander de nous raconter votre première journée à la sucrerie de Montcornet.

R1 : Ah, ma première journée, oui. Ça va me revenir, y'a 50 ans passé… y'a 40 ans passé, c'est en 49, le 22 septembre 49, le jour de la Saint Maurice d'ailleurs. Je me souviens j'suis rentré à la sucrerie, j'avais… j'avais 17 ans. Alors, c'est la journée que je peux vous dire, mais comme travail, je me souviens pas vraiment, ce que j'ai fait ce jour-là. J'ai vraiment commencé ce jour-là, mais pour dire qu'est-ce que j'ai fait exactement, je me souviens plus. Y'a un sacré changement envers maintenant. Le début, dans les années 49-50, c'était pas le même travail qui s'est fait dans les années 90 ou 85-80.

Q1 : D'accord et euh… Où se situait vraiment ce changement-là ? Vous avez ressenti le changement comment ?

R1 : Oh, mais tout en allant.

Q1 : Ouais ?

R1 : Oui, tout en allant. Par exemple, quand on a commencé… moi, j'étais au magasin à sucre, quand on a commencé, ben, on pesait 1200 quintaux par 24 heures de sucre. On arrivait à la fin qu'on faisait des 5700 quintaux dans les années 88, voilà, par 24 heures, toujours, oui.

Q1 : Et vous étiez coltineur de sacs ?

R1 : J'ai été le coltineur de sacs, oui, pendant… combien d'années… plus de 21 ans toujours, dans les années 50 jusqu'en 72, oui, ben… attendez, 50, 72, c'est ça, ben, à peu près, oui, 22 ans environ.

Q1 : Et c'était pendant quelle période de l'année ça ?

R1 : Ah ben tout le… enfin, surtout en ce moment, on était posté…

Q1 : Pendant les périodes de campagne ?

R1 : On coltinait chacun environ 500, 500 sacs de 100 kg par jour par 24 heures, oui, oui.

Q1 : C'étaient des sacs de 100 kg ?

R1 : Des sacs de 100 kg à l'époque, ah, oui, oui. Je peux montrer même des feuilles qu'on a là… enfin, des feuilles, des documents qu'il y avait.

Q1 : Ah, volontiers, oui.

R1 : Ça, c'est la dernière journée de campagne.

Q1 : D'accord.

R1 : Après, c'était fini, on parlait plus de la sucrerie de Montcornet.
Parce que moi, j'ai toujours été au magasin à sucre, tout le temps, tout le temps. Alors, là-bas, on avait des documents. Vous voyez, ça, c'est la sucrerie de Montcornet. J'ai travaillé là-dedans. Moi, mon boulot, c'était là, c'était dans les silos, moi.

Q1 : Oui.

R1 : Vous voyez les quatre silos. Vous voyez le… d'où c'est qu'on montait là par l'ascenseur. Alors, là, c'était le tunnel. Ça, c'est le sucre qui arrivait par les magasins. Tiens, je vais vous montrer… enfin, vous verrez là sur… c'est malheureux parce que vous verrez ça là-dessus. Ça arrive là par le séchage et pis, donc, le sucre, il est passé dans des tamis et tout ça, pis après, il est en silo, ensilé.

Q1 : D'accord.

R1 : Alors, y'a 40 000 quintaux par silo.

Q1 : Ouais. Donc, au début, y'en avait même pas un, quoi !

R1 : Ben, non, non, ben, non, au début… Alors, capacité de la journée… ça marche quand même ?

Q1 : Oui, oui.

R1 : Capacité la journalière : 3.300 tonnes de betteraves, environ 270 planteurs, 5.050 hectares de surfaces ensemencées, production de sucre en 75-76 : 245.152 quintaux, 76-77 : 246.287 quintaux, prévision… là, c'était en campagne sûrement en 77-78 : 350.000 quintaux.

Q1 : Ouais, quand même ?

R1 : Oui, ah, oui, oui et les mélasses, c'est pareil, activité annexe, parce que, dans le sucre, on ne jette rien, c'est comme le cochon…

Q1 : Oui.

R1 : Oui, tout est bon. La mélasse : 9.200 tonnes en 75-76, 76-77 10.000 tonnes et 77-78 10.200 tonnes.

Q1 : C'est un document qui date de… de quelle année, ça ?

R1 : Ben, il peut être sûrement en cours dans les années 77, parce que c'est marqué en prévision…

Q1 : D'accord. OK.

R1 : Il (???) les deux automatiquement. Alors, moi, j'ai la sucrerie-là, j'sais pas si vous avez déjà fait des autres sucreries, y'a celle de Thoury là, j'sais pas si vous en avez entendu parlé… y'en a beaucoup qui sont fermées de ces sucreries-là.

Q1 : Ouais ?

R1 : Comme… ça, c'est celle d'Attin. (???).

R1 : Parce que là, pareil, là, les betteraves de la sucrerie de Lillers, c'est dans le Nord, ça.

Q1 : Ouais.

R1 : Oui. Après, la société coopérative de la sucrerie-distillerie de… d'Arthonnay, vous voyez, comment c'est qu'on… qu'on envoyait les betteraves au lavoir, vous voyez, par mitrailleuses qu'ils appelaient ça. Alors, lavage des betteraves. Là, automatiquement… là, c'est… j'ai mis au fur et à mesure, j'aurais dû…
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