Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Le travail d'un coltineur de sacs à la sucrerie de Montcornet de 1949 à 1987

Les relations avec le patron

Q1 : Vous avez… vous avez dû aussi avoir… enfin, quand même, pas mal de pression alors vis-à-vis du patron et tout ça, s'il venait vous voir… ?

R1 : Ben, y'a des moments… y'a des moments, fallait faire gaffe, même… surtout là, surtout là, à la fin. Quand ils loupaient les turbines. Ça arrivait qu'il y a des moments que le sucre, il se travaillait, il se travaillait pas bien. Alors le sucre, il était aussi roux que ça. Alors là, fallait vite… fallait faire vite, le changer et le mettre dans des boisseaux qu'on appelle. C'est des boisseaux, mais c'est des réserves comme des… comme des petits silos qui tiennent environ 400-500 quintaux, 350-400 quintaux, je me rappelle plus, en vitesse, pour pas que le sucre, il soit mélangé dans le silo.

Q1 : Ah ouais ? Sinon, c'était foutu ?

R1 : Ah ben oui, les… admettons… admettons, j'en aurai déjà mis 25.000 dans un silo, pis que le sucre-là, il tombe dedans.

Q1 : C'est déjà arrivé des trucs comme ça ?

R1 : Ben, y'a déjà eu… y'a déjà eu des machines comme ça là qui arrivaient, mais à moi, ça m'est jamais arrivé. C'est pas parce que là je veux me vanter, mais… enfin, si ça m'avait arrivé, pis… et pis qu'on me le dit pas, c'est pas ma faute.

Q1 : Ouais.

R1 : Mais le turbineur, il doit dire : attention, y'a du sucre qui monte.

Q1 : Parce que sinon, le patron, il soufflait dans les bronches ou quoi ?

R1 : Ah ben oui, oui, c'est malheureux quand on… ben oui, bien sûr, ça… ben oui.

Q1 : Ouais ?

R1 : Oui, oui.

Q1 : Il était… enfin, il était craint ou… ?

R1 : Hein ? Le patron ?

Q1 : Il était craint ?

R1 : Oh, il connaissait pas grand-chose lui déjà.

Q1 : Ah bon ?

R1 : Premièrement, c'est malheureux, parce que l'usine, après… on a cru que c'était ça qu'elle était partie, mais non… mais, celui qui connaissait vraiment plus, c'était. Pis, on avait des contremaîtres qui sont rentrés jeunes, ils étaient à la hauteur quand même, mais le patron, Monsieur, il connaissait pas vraiment le travail, mais enfin, fallait faire attention. Ah oui ! C'est que le client est roi, hein. Parce que lui, admettons, le client, il va… je sais pas, on va livrer des trains de sucre, par exemple… on va livrer des trains de sucre, bon, si, dans un silo… si le silo est parfait, il a tout, mais si dans la reconnaissance… parce qu'il y a un reconnaisseur qui venait toujours à chaque train de sucre.

Q2 : A chaque fois ?

R1 : Ah ben oui, un reconnaisseur qui était là pour prendre… pour prendre pour prendre des échantillons (???).

Q1 : Pour vérifier la qualité ?

R1 : Alors s'il tombe… s'il tombe sur un sac qui y a du sucre dedans, il peut annuler tout le train. Ça déjà… c'est déjà arrivé, pas chez nous, mais ça déjà arrivé qu'il ait annulé des trains. Des wagons, bien sûr, des wagons, on en a déjà eus des annulés, mais des trains, on n'a jamais eus. Ah oui, oui.

Q1 : Donc là, avec ce patron-là, c'étaient plus les clients qui décidaient un peu, en fait ?

R1 : Ce qu'il y a, c'est que, moi, j'ai déjà vu, un coup, un coup, il a rouspété après un chauffeur allemand, le patron : on peut pas vous donner qu'est-ce qu'on n'a pas ceci, cela, l'autre, il a repris le camion vide, pis il est retourné là-bas en Allemagne. On ne le verra plus ce client-là. Pis, il est revenu auprès, un moment après il est revenu. C'est le client qui est roi.

Q1 : Ouais.

R1 : Oui, oui.

Q1 : Et comment… comment ça s'est passé…

nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer