Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Le travail d'un coltineur de sacs à la sucrerie de Montcornet de 1949 à 1987

Le travail d'équipe

Q1 : Mais faire équipe dans un travail comme ça, c'était pas trop compliqué quand même ?

R1 : Le travail…

Q1 : Parce que vous faisiez des équipes ? Vous étiez en poste, en fait ?

R1 : Oui, oui, on était tout seul dans ces magasins à sucre là.

Q1 : Ben, vous travailliez donc même parfois la nuit et tout.

R1 : Ah, ben, la nuit, on était tout seul là-dedans. Le contremaître venait faire un tour : ça va, le sucre, il est bon. Il prenait des échantillons, eux. Il prenait des échantillons.

Q1 : Ça devait être difficile quand même, parce que c'est un travail physique, devoir alterner… vous faisiez les trois-huit, non ou… ?

R1 : Oui, oui, les trois-huit, pis faut en faire du chemin à la surveillance, parce que c'est grand là les silos….

Q1 : Ouais.

R1 : Le départ de l'usine, ça fait un bout pour aller en haut du machin, là, comment… les silos. Pis, l'ascenseur, tant qu'il tombait pas en panne, ça allait. Ça a déjà arrivé qu'il tombe en panne, hein, clac !

Q1 : Et vous y alliez…

R1 : Ben, on appelait au téléphone. Y'avait le téléphone dedans : viens nous dépanner, j'suis coincé au 6ème étage… Avec le sucre, c'est le sucre surtout…

Q1 : Ouais.

R1 : Parce que le sucre, ça fait de la poussière, des petites pellicules et euh… l'ascenseur, vous voyez bien, tchout !!! Oui, ça se prend dans les… ah oui.

Q1 : Ça vous est déjà arrivé de rester bloqué… ?

R1 : Oh oui ! Un coup, à 5 heures 10 du matin, un coup.

Q1 : Ah ouais ?

R1 : Ouais.

Q1 : Et longtemps, non ?

R1 : Comment ? Oh, peut-être dans les trois-quatre dernières années, avant que je finisse.

Q1 : Mais vous étiez… vous restiez coincé combien de temps en général ?

R1 : Oh, au moins une demi-heure. Encore, c'est parce que j'ai appelé au téléphone le chef électricien, il habite à côté de la sucrerie. Alors j'ai dit, je vais l'appeler. J'ai dit… Oh, j'y téléphone, ça ne répond pas, il était… il était 5 heures 10, 5 heures et quart, j'dis ça ne répond pas, mince, ils dorment encore, bien sûr, ça. Sa femme, elle répond, elle dit : eh, , il dort'core là. J'dis : ben oui, bien sûr, il dort encore. Qu'est-ce qu'il y a'core. Ben, j'dis : l'ascenseur, il est bloqué. Vlà qu'elle m'engueule. Oh, elle dit, vous nous faites chier. Ben (???). Elle dit : vous avez encore avec vos paumes et tout ça. Ben, on n'y peut rien. J'dis : j'suis dans l'ascenseur, s'il vient pas, tant pis, moi, j'vais rester là en attendant que ça…

Q1 : Et vous vous connaissiez euh… ?

R1 : Oh, oui, on se connaissait. Oh, ben, on se tutoyait.

Q1 : Pis la femme aussi et tout ? Généralement…

R1 : Ben oui, la femme, je la connaissais, elle était voisine. D'abord, on a été à un mariage avec. J'étais à un mariage avec, y'a deux-trois ans… avec elle, j'suis tombé, parce que j'ai une cousine qui est mariée avec un de ses… de ses enfants aussi. Alors, euh, j'ai tombé avec elle, alors j'ai dit : ben, la gueularde, là vlà, de 5 heures du matin là. Ah ben, j'ai expliqué le topo. Elle m'a dit : oui, je me rappelle Maurice, elle m'appelait Maurice, elle me connaissait. Ah ben oui…
nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer