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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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Le travail d'un coltineur de sacs à la sucrerie de Montcornet de 1949 à 1987

La diffusion du sucre

7Q1 : Mais ça… je vais reprendre un truc, en fait, vous dites que tout a été automatisé ?

R1 : Ah ben après, oui, oui, oui, toutes les cuites aussi, hein, c'était robomatique.

Q1 : Y'a dû avoir une restructuration énorme alors au niveau du personnel ?

R1 : Ah ben oui, fallait tout en allant faire ça. Mais déjà, comment je dirais, moi, quand on met… par exemple, y'a la cour, y'a le travail de la cour, y'a les betteraves, y'a le lavoir… déjà le lavoir, il a été aussi, je veux dire, pareil, automatisé. Ensuite, y'a eu… comment… la diffusion qu'on appelle. J'sais pas si on en voit ici des diffuseurs. La diffusion, c'est qu'est-ce qui passe… ça, c'est pas le sucre, c'est la diffusion, ça c'est le sucre ça sûrement, ça. Alors là, les betteraves… Donc voilà, la diffusion, vous voyez, c'est une… c'est une machine… avant, avant, la diffusion, c'était à la main. C'étaient des grandes cuves comme ça… enfin, qui tenaient j'sais pas combien, si c'est 50 tonnes de… des cossettes, on appelle ça la cossette, les betteraves comme du céleri rave là, vous voyez, ça ressemble…

Q2 : Des chenilles.

R1 : Oui, des petites, des petites… alors, on appelle ça la cossette. Elle passait dans des… comment, à la diffusion, à la diffusion, là, c'était cuit, cuit. Dans le temps, je me rappelle quand j'ai commencé, moi, j'étais… j'étais encore jeune, parce que j'ai commencé au laboratoire. J'ai commencé au laboratoire, j'étais… j'étais aide au laboratoire. Alors, on prenait toujours des échantillons. C'est pour ça, au laboratoire, faut y être aussi, parce que faut savoir si l'eau… si le sucre, il part pas dans l'eau, si y'a pas trop de… trop de pertes dans les sirops, y'a tout ça. Bon, alors, je veux dire, la betterave écrasée, elle passe au lavoir, bien nettoyée, là bien pis tout. La betterave écrasée, elle passe ici à la diffusion qu'on appelle la diffusion. Mais moi, quand j'ai commencé, ça, c'est moderne maintenant, ça… ça, c'était fini ça. Je veux dire, ça, maintenant, c'est… c'était pas ça avant, c'était comme des grandes cuves. Je me rappelle y'avait une quinzaine de chaque côté, je me rappelle plus, pis, y'avait deux gars là. Alors, quand c'était… ils faisaient cuire ça là-dedans, ils savaient combien de temps il fallait le laisser, ils ouvraient donc le couvercle, pis alors, quand ils l'emplissaient ces cuves-là, ils étaient dehors avec une fourche, pis, y'avait un espèce de… de comment, je veux dire, une machine qui coulait là-dedans et pis, à la fourche, ils entassaient ça là-dedans, pis quand c'était bien plein, ils refermaient le couvercle et pis… après, ils allaient à l'autre. Pis, alors, le temps qu'ils revenaient, l'autre… l'autre automatiquement, il vidait, le temps qu'ils faisaient le tour, elle était cuite la masse. Ils vidaient donc la masse cuite qui fait donc la pulpe, c'est ça qui fait la pulpe. Le jus… le jus est enlevé, bien sûr. Alors, le jus, il était récupéré, pis ça faisait ça. C'est un travail très dur, hein, toute la journée comme ça.

Q2 : C'était dangereux, non ?

R1 : Ben, dangereux, non. Non, non, non, vraiment dangereux, non, tandis qu'après, ben, c'était… comment… tout ça… ça, c'est l'équipe, c'est une entreprise qui nous a fait tout ça. Je me rappelle il en est venu des entreprises, hein, pour les cuites, c'est pareil, pour… des entreprises. Y'a Maingin à côté… à côté de La Fère là, à Charmes, qui… qu'ont travaillé beaucoup en sucrerie. D'abord, j'ai vu ça, une sucrerie (???). Y'avait fait beaucoup de travail aussi là-dedans. Pis, y'avait des équipes… y'avait des équipes du Nord aussi qui nous ont monté des machines aussi.

Q1 : Et c'étaient tous les ans ou… ?

R1 : Oh ben, tous les ans, on changeait un peu, ça dépend.

Q1 : On changeait un poste…

R1 : Ben oui, cette année, on va changer la diffusion, bon, l'année d'après, la carbonatation, on la continue, parce que, dans le temps, fallait bien pareil. Après, c'était la continue. Après, c'était pareil, les grosses presses, parce que, quand le jus était mélangé avec la chaux, fallait l'enlever… fallait l'enlever de la chaux. Alors, ça fait des grosses… de la largeur au moins de ça, des cadres comme ça en fonte avec des tôles dessus. Chaque cadre… c'était pareil, fallait changer les tôles. Oh, y'avait du boulot à ce temps-là. Alors, fallait vider… je sais pas pareil… quand les pains étaient… parce que c'étaient des pains… c'est ça qu'on appelle le lait dépétation, les machines jaunes et blanches qu'on met de la pâte… c'est de la pâte de chaux, quoi. Hein, c'est de la chaux. Alors, tout ça… on tirait tout ça… enfin, moi, je l'ai pas fait. Ils tiraient tout ça, ça tombait, le jus il était récupéré, il était filtré le jus et pis, il repassait encore. Oh, vous savez, y'avait du filtrage, ça passait encore à droite à gauche après. Après, ils remettaient… ils remettaient une espèce de… moi, j'sais pas, c'était pas mon boulot, ça… ils mettaient de l'espèce de gaz là-dedans, j'sais pas quoi, moi, pour pouvoir épurer le sucre pour pas que le lait, il fermente. Il fallait éviter la fermentation aussi.

Q1 : Ouais, c'était compliqué de faire du sucre.

R1 : Oh, faire du sucre, c'est compliqué. Ben oui, oui, oui, oui.

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