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Le travail d'un coltineur de sacs à la sucrerie de Montcornet de 1949 à 1987

Porter les sacs : un métier physique

8Q1 : Et par rapport à votre poste à vous, donc en tant que… donc surveillant par rapport au silo et tout ça, quelle était… quelle était… ben, pour vous, c'était quoi la chose la plus dure dans votre métier vraiment ?

R1 : Ah non, c'est pas la chose la plus dure.

Q1 : Non, mais quelle quelle était, selon vous, ce que vous avez trouvé…

R1 : Le plus dur que j'ai fait, moi, c'était faire… c'était faire des piles de sucre.

Q1 : Ouais ?

R1 : Des sacs et des piles de sacs qui montaient jusqu'à dix mètres de haut.

Q1 : C'était plus physique ?

R1 : Ah oui, oui, oui, pis, fallait faire ça comme un mur, comme un mur de briques, droit, pis croisé, fallait pas que les sacs, ils soient bout à bout toujours comme ça, parce que, on a déjà eu le tour avec des piles qui… ah oui, oui.

Q1 : Et avec des sacs de 100 kg, ça a dû vous valoir quand même pas mal de mal de dos, non ?

R1 : Ben, j'y pensais pas. Là, j'étais jeune. Ah oui, surtout moi, j'ai tenu le coup longtemps. Vous pouvez demander à…

Q1 : Pendant 20 ans quand même…

R1 : Mais maintenant, je ressens des douleurs dans le cou et tout, parce que moi, j'étais le plus petit de la bande. Alors, les sacs, ils arrivent sur un tapis comme ça, pis y fallait courir. Il fallait pas… il fallait pas marcher comme ça, sinon (???). Là, c'était du sport. On pouvait faire de la course à pied, parce qu'on en faisait là tous les jours, avec le sac sur le dos. Alors, quand le sac, il arrivait, on le montait comme ça, pis quand on faisait la pile, la pile on la mettait comme ça. Fallait le prendre en gouttière le sac, fallait pas le prendre comme des sacs de blé qui… fallait le prendre comme ça, pis on le claquait comme ça, pis fallait que ça soit droit. On avait tellement le coup qu'il y avait pas la peine d'y retoucher deux fois. Alors, quand il venait un saisonnier ou bien un nouveau, il en voyait des vertes et des pas mûres. Y'a des moments, il avait pas le temps de revenir chercher son sac, blingue ! Ah oui !

Q2 : Ah ouais ?

R1 : Ah oui, ah, ben oui.

Q1 : Et ça se passait comment avec ces saisonniers là ?

R1 : Ben, y'a des moments, y'en a qui tenaient le coup, mais y'en a qui tenaient même pas les 24 heures.

Q1 : Ah ouais ?

R1 : Ils allaient du mal dans le dos.(rire)
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