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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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Un ouvrier turbineur à la sucrerie de Montcornet

Les tâches du turbineur

Q1 : Donc, on va vous demander de nous raconter comment vous êtes rentré dans la sucrerie.

R : C'est-à-dire que mon père travaillait déjà à la sucrerie et j'ai quitté l'école d'bonne heure quoi et j'ai, mon père m'a fait rentrer à la sucrerie de Montcornet du temps de Monsieur Lisse alors, du père Lisse, hein. Et puis, bon ben j'ai fait un petit peu, comme quand on rentre dans une usine, quoi, j'étais balayeur d'usine, après j'ai fait, c'est-à-dire que j'ai quitté la sucrerie pour aller, attendez, c'est-à-dire j'ai été faire mon service après. J'ai fait mon service après. Quand j'suis revenu, bon beh j'ai retourné et là y m'ont rembauché. De là, je suis passé turbineur, vous savez pas ce que c'est non ?

Q1 : Non, je sais pas.

R : C'est, on faisait le sucre. C'est-à-dire que y avait des cuiseurs qui faisaient l'égrenage du sucre, tout çà et pis que moi je recevais la masse cuite qu'on appelait, pis moi j'faisais le suc. Mais, on turbinait à la main, à ce moment-là. On turbinait à la main.

Q2 :Et, ça consistait en quoi alors de turbiner à la main, vous faisiez quoi exactement ?

R : Ben, c'est-à-dire que on chargeait, c'étaient des chargeuses à la main, on appuyait sur une trappe, le suc coulait, ça tournait, ça tournait, ça tournait, ça tournait je n'sais plus à combien, j'sais que les anciennes c'était à 2.000, on je n'sais pu, j'm'en rappelle pu bien, 1.500 tours à la minute j'crois. Mais enfin, ça était la semi-automatique.

Q2 : D'accord. Et c'était du, ouais, c'était, donc y avait quand même…

R : C'était mon métier.

Q : Y avait quand même une part de, de physique alors là dedans ?

R : Alors, c'était très dur parce que quand on fait au démarrage c'était à la main, c'étaient des palettes en bois, on déchargeait la palette en bois, on chargeait à la main. Pis après on eu une turbine automatique, j'ai encore été turbineur, j'ai monté en grade, quoi. J'étais turbineur, mais, on touchait à rien pour dire. On avait un tableau, un grand tableau, quoi, électrique tout ça, tout était gradué tout ça et on laissait tourner, ça chargeait tout seul, ça déchargeait tout seul.

Q : Ah ouais et vous étiez combien au début dans le métier.

R : Euh, deux.

Q : Vous étiez deux ?

R : Au démarrage, hein.

Q : Deux par poste ou…

R : Par poste, deux, deux par poste, au démarrage, quand on travaillait à la main hein, mais après, aux turbines automatiques avec un seul gars, y avait un seul gars.

Q : D'accord, ben, et les autres sont devenus quoi alors ?

R : Les autres ouvriers, c'étaient des gars qui travaillaient dans la cour, qui travaillaient à l'alimentation des betteraves.

Q : Hm, hm.

R : Après y avait les cuiseurs, y avait les évaporeurs.

Q : Non, mais j'veux dire euh, les, vos collègues, parce que là si vous êtes passés de deux à un par poste,

R : Oui.

Q : Ca fait qu'y a eu moins de…

R : Y a eu moins oui, alors ces gars-là, bon y z'ont été mutés dans l'usine, y z'ont fait aut'chose, quoi.

Q : Oui, y z'ont fait aut'chose.

R : Y z'ont fait aut'chose, mais quoi, je m'en rappelle pu bien, hein.

Q : Ouais, y z'ont pas été mis au chômage, en fait, y z'ont été reclassés dans

R : Non, non, non, non, y n'ont pas été au chômage, ça, là, non, non, non, non. Nous, à ce moment-là, bon ben, ça se modernisait, la sucrerie était moderne, on faisait tout moderne, quoi. Alors, automatiquement, y avait pas de licenciement, hein. Non, non, non, non.

Q : Ouais, on gardait tout le monde dans l'usine.

R : Tout le monde était encore là, voilà, oui, oui. Euh, le gars qui était pu aux turbines, par exemple, il allait ailleurs. Mais, moi, j'ai toujours été turbineur.

Q : D'accord.
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