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Un ouvrier turbineur à la sucrerie de Montcornet

L'apprentissage des jeunes

Q : Et vous avez du en voir alors de ce fait là du, du changement, technologique, vous disiez la dernière fois y z'essayaient toujours d'innover j'imagine que ça devait être euh…

R : Oui, oui, ça a changé, j'vous dis que tout était automatique, après y a eu l'lavoir. Après y a eu la diffusion. Moi, j'ai travaillé avec des gars à la diffusion, quand y z'ont fait une diffusion moderne. J'ai travaillé avec ces gars là moi.

Q : Ouais.

R : J'ai même appris à souder, à faire d'la soudure avec ces gars-là, des… Ah oui, oui.

Q : Et vous appreniez comment, c'est eux qui, qui vous apprenaient.

R : Y nous montraient, quoi.

Q : Ah oui, y vous montraient.

R : Y nous montraient, quoi, ouais. J'travaillais toujours avec des gars comme ça du dehors moi.

Q : Et vous, vous montriez parfois euh le métier de la turbine ?

R : Comment ?

Q : Vous montriez parfois à des collègues, euh, vot'travail…

R : Ah oui, fallait apprendre hein, des fois euh, mon chef, Claude Charpentier, disait, tiens Marius on va t'mette untel, tu voudrais bien venir de temps en temps pour y montrer tout ça. Bon, y a eu une paire d'jeunes qui z'ont venus, bon ben vous savez, euh, pantalon de tergal, pis les deux pieds sur la turbine et pis, y lisaient un bouquin tout ça par exemple. Bon, ben, Claude y disait, alors. Ben oui, j'leur faisais la remontrance, ça leur plaisait pas par exemple. Pis après, j'en ai eu un autre, c'était un nommé d'Dizy, euh, y fumait, moi j'aimais pas trop qu'y, la propreté c'était la propreté. Alors, on s'disputait des fois.

Q : Ah, y avait, y avait personne qui fumait dans l'entreprise ? Y en avait quand même.

R : Y en avait, mais pas aux turbines. Nous, moi je n'fumais pas, mais en principe je voulais pas qu'y fument non plus.

Q : Parce que c'est…

R : C'était pas bien.

Q : C'était pas hygiénique.

R : C'était pas bien, parce que bon des fois, vous savez, l'mégot, on disait … ça j'aimais pas ça moi. Moi j'aimais pas ça.

Q : Vous avez déjà vu des mégots qui tombaient dans l'truc ?

R : Ah ben, c'est-à-dire que lui, il l'avait fait, une fois avec moi alors j'avais rouspété, mais je l'avais pas mouchardé hein. J'l'avais rouspété comme ça, ça lui avait pas plu quoi. Parce que nous, fallait que ça soit d'une propreté formidable hein.

Q : Ben ouais.

R : ça, question de ça, non j'aimais pas ça moi. Mais c'est tout. On s'disputait pas si vous voulez, mais on faisait la remontrance aux gars quand même, comme c'était moi qui était un peu responsable tout ça quoi. Après j'ai eu un autre jeune qui z'ont mis, pareil. Un jour Claude y m'dit, tu, si tu peux venir Marius, pour regarder tout ça. Bon j'y va. Il était assis, pis tranquillement hein. D'ailleurs ça s'fait déjà pas parce que faut quand même bouger un peu hein. Faut faire voir quand même qu'on est là.

Q : Qu'on est actif.

R : Pis là, y s'en fichait pas mal, tout ça, mais c'était un, son père travaillait là-bas et son père c'était déjà un ptit peu, bon enfin n'importe, vous voyez, un gars comme ça, et Claude y dit, t'iras voir tout ça. J'y dis, en arrivant, j'y dis ça va. Oui, ça va. T'es sûr que ça va ? Ben, oui, y m'dit. Ben j'dis est-ce que tu vois ton pétrin qu'est en train de dégueuler là ? Et ça coulait, ça coulait…

Q : Ah ouais.

R : Il l'avait pas vu. Ah mais y dit, vous n'étiez pas si malin que ça quand que vous avez commencé, vous savez, y commençait déjà à me, oui, oui, c'est vrai, j'dis, j'étais pas malin, non. Mais, enfin, j'dis moi, on m'a dit d'te surveiller, et pis là, Claude, mon chef, y dit bon allez, on l'retire de là. Y m'en a voulu automatiquement. Y m'en a voulu, mais moi c'était normal de l'dire hein. C'était pas du mouchardage.

Q : Et y faisait quoi alors après, de ces gens-là …

R : Après,

Q : Y les viraient ou quoi ?

R : Non, non. Y n'l'ont pas viré non. Où qu'c'est qui l'ont mis. Ah be ils l'ont mis à la forge avec nous. Pareil, y voulait faire ça un peu parce que son père était là-bas. Après ils l'ont mis à la mécanique, donc, où qu'c'est que mon chef il était, Claude, là. C'était le chef, vraiment de tout, lui, Claude hein. Alors, ils l'ont mis là-bas, pis bon, ben y savait pas trop, y prenait toujours les autres un ptit peu pour euh.. Bon, ben, là ils l'ont mis à la forge. Après j'en ai core eu un autre, ben, plusieurs que j'ai dressés comme ça quoi.

Q : Ouais.

R : Mais c'était pas, on m'disait, est-ce que tu veux leur montrer, tout ça ? Bon, on leur montrait. Ben, des fois, vous aviez des jeunes qui z'étaient plus malins que nous, bon c'est tout. Y voulaient être plus malins que nous, pis y n'y étaient pas quoi. Surtout qu'on était sympathique avec eux. Mais enfin, j'ai quand même gardé, quand même, des, celui-là là le dernier qui a eu, bon ben, on s'dit bonjour, on n'se reparle jamais de ces trucs là, vous voyez. Pis, à côté de ça, j'en ai deux qui sont, un qui est à Guignicourt, bon, quand y m'voit, ben, y était vraiment ben, tout ci, ouais, mais c'était gentil, c'est gentil, mais y dit, tu sais, c'est pu la même vie maintenant à Guignicourt.

Q : Ah bon.

R : Parce que la sucrerie de Montcornet, question de ça, c'était une entente formidable.

Q : Ouais.

R : A part, bon, j'vous dis des ptits trucs comme ça, mais c'est tout. Mais y avait une bonne entente. Ah oui.

Q : Du moins, déjà, tout le monde se connaissait apparemment.

R : Ben, on s'connaissait tous voilà, c'est ça.
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