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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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Un ouvrier turbineur à la sucrerie de Montcornet

Le recrutement des ouvriers et l'entente entre eux

Q : Mais, c'est qui avait des, y avait des tensions entre…

R : Non. Non, mais ce qu'y a c'est qu'on voyait quand même que ces gars là y z'arrivaient, y voulaient savoir tout.

Q : Ouais.

R : Mais y savaient rien du tout.

Q : Mais c'étaient qui ces gars là c'étaient vos chefs ou ?

R : Oh, c'étaient des gars de Saint-Quentin, des gars de, qui venaient un peu partout quoi.

Q : Ah d'accord.

R : Ah, oui, oui. En sucrerie, vous avez des gars qui venaient de tout partout hein.

Q : C'étaient pas des, des ouvriers de, de la boîte quoi.

R : Non, y z'étaient envoyés par des autres boîtes pour les sucreries. Alors, y venaient travailler pendant un mois, deux mois, des fois.

Q : Pour faire les travaux…

R : Pour faire les travaux, oui, ouais. Par exemple, quand y a eu les cuves de la sucrerie à refaire, tout ça, c'est des gars qui sont venus. Alors, moi, comme j'étais levageur des fois, bon, j'allais pour monter des, pour monter des échafaudages, des trucs comme ça quoi. C'est tout, non mais on s'entendait bien, comme ça ça allait. Moi, j'ai pas eu à m'plaindre parce que, j'ai même travaillé avec un gars, je sais pu comment qu'y s'appelait, et y voulait me retirer de la sucrerie pour m'prendre pour, oui. Alors, mais, mon chef à moi, y l'savait, y dit eh tu vas t'en aller. Oh, j'dis non, j'reste là. Avec ça que moi j'avais ma femme qui était malade, je dialysais à domicile et tout ça alors, m'en aller, je pouvais pas, c'est pas la peine. Pis, même, qu'est-ce que ça m'aurait avancé, j'étais bien là, j'étais bien là hein.

Q : Ouais. C'était quoi qui vous proposait euh…

R : Ben, pour aller travailler chez eux en, en, dans leur maison à eux, tout ça quoi.

Q : Ah d'accord.

R : Ouais, ouais, ouais.

Q : OK. Et euh…

R : Ben, c'est parce que y m'aimait bien, tout ça pis y voyait bien que, pour eux, pour la voltige, tout ça, ça les intéressait quoi.

Q : Ouais.

R : Bon, on vous dit, on vous faisait des promesses, hein, automatiquement hein.

Q : Et y en avait, y avait des gens qui, enfin j'veux dire, y en avait d'autres que vous qui faisaient euh, qui faisaient des opérations à…

R : Non, ah enfin j'avais deux trois gars comme ça avec moi, bon, euh, y sont même, y travaillent encore, enfin, y en a un y est plus à la sucrerie, il est, y en core un qui est à Guignicourt, alors, bon, mon chef y disait, tiens on va t'met celui-là, on va t'met celui-là quoi. Fallait savoir quand même travailler, fallait faire, quand on montait, y fallait quand même faire attention hein, vous étiez avec un chalumeau en train de découper ou, fallait pas faire, hein, des, le gars qu'y avait un vertige, par exemple. J'ai eu un gars comme ça qui a eu un vertige, il a manqué de m'fout en l'air même. Bon, ben, un gars comme ça, au bout d'un moment, on le dit au chef. On en veut un autre, hein, c'est pas la peine hein. C'est comme ça que ça marchait quoi. Mais c'était en intercampagne ça hein. C'était pas en campagne, hein. En campagne, on n'faisait que, faisait toujours mon métier de turbineur.
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