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Un comptable à la sucrerie d'Eppeville

Les actions du comité d'entreprise

Q2 : Sinon, y avait un comité d'entreprise dans l'usine ?

R : Ah oui !

Q2 : Il a fait quoi en fait pour l'entreprise, pour les ouvriers, tout ça ?

R : Le Comité d'Entreprise, il s'occupait un peu d'œuvres sociales hein ! surtout. Ben, pour l'usine, je sais pas si le Comité d'Entreprise on peut dire qu'il a fait quelque chose pour l'usine. Le rôle du Comité d'Entreprise, c'étaient les relations, c'étaient les relations entre les salariés et la Direction. Ce qu'il faisait au niveau des salariés, ça a surtout été un peu des sorties culturelles, mais c'était aussi faire remonter auprès de la Direction les améliorations qu'on pouvait apporter pour le bien-être des salariés. Après on a vu arriver les CHS qui étaient devenus partie intégrante puisque c'était… CHS, c'était Comité d'Hygiène Sécurité et des Conditions de Travail. C'était une émanation du Comité d'Entreprise qui était plus axé sur l'hygiène au travail et les conditions de travail.

C'étaient eux qui proposaient des améliorations sur les postes de travail, les conditions de travail. Alors là, bon, on les voyait quelques fois demander des trucs. On a fait des salles de détente, des salles de repos. Bon après, y a… comme pendant la campagne, on travaillait en 3 x 8, ça tournait en continue. Donc, pendant un poste de 8 heures, les ouvriers avaient le droit à une pause. Ils avaient droit à un casse-croûte. Donc, on a vu on a vu naître des salles de détente dans un premier temps, des salles de repos et puis après on a mis une plaque chauffante parce que ça leur permettait de se faire chauffer leur repas. Ils ont eu un frigo parce qu'ils apportaient des boissons non alcoolisées entre parenthèses mais ça leur permettait de les mettre au frais et puis dernièrement, je me souviens qu'un jour j'ai acheté, j'sais pas moi, une vingtaine de fours micro-ondes parce que les gens demandaient des micro-ondes. Ça portait quelques fois, un petit peu, dans des trucs un peu aberrants faut dire ce qu'y est. Mais, c'était quand même pour améliorer les conditions de travail. C'était la dotation en vêtements de travail. Au départ, chacun apportait ses bleus. Il les ramenait chez lui, il les faisait laver. Et puis un jour… C'est-à-dire qu'un jour, on avait pensé que ça serait bien si tout le monde était habillé de la même façon avec le logo Générale Sucrière, des trucs comme ça. Alors, moi j'avais été chargé de prospecter les… J'achetais du vêtement de travail. Ça s'est passé d'une autre manière. J'achetais du vêtement de travail parce que ça avait été demandé par le CE. Alors dans un premier temps, on donnait les vêtements aux ouvriers et aux employés. Et puis, un jour le Comité a demandé si on pouvait pas assurer le blanchissage, le nettoyage des vêtements. Ah, oh, là, là, purée, ça c'était autre chose ! Faut voir qu'y a certains ouvriers quand ils avaient fini leur journée de travail, ben, ils travaillaient dans des conditions dégueulasses. Quand ils rentraient dans les cuves pour les nettoyer un truc comme ça, c'étaient des restants de sucre, de caramel qu'il y avait là-dedans, ça collait, les mécaniciens, ils étaient dans le cambouis, c'était dégueulasse. Alors ils avaient demandé si on pouvait pas nettoyer les vêtements. Alors dans un premier temps, on a fait nettoyer. C'était c'était fait, mais bon, le problème c'était d'identifier les vêtements pour que chaque personne retrouve son vêtement. Parce qu'ils admettaient pas de mettre le vêtement d'un autre et puis vous avez des grands, des petits, des gros, des… ils ne pouvaient pas mettre n'importe quoi. Alors on avait… ensuite, on avait opté pour de la location de vêtement. Alors il y a des usines qui font ça, qui font de la location de vêtement, qui viennent, qui prennent les mesures, pff ! ! Alors, tout le monde n'avait pas le même type de vêtement, c'est là que ça a commencé à devenir un peu merdique. Y en a qui voulait une combinaison de mécanicien, y en a qui voulait une veste et un pantalon, y en a qui voulait une côte à bretelles, y a qui voulait des blouses, et puis, dans l'usine, les gens qui font de la mécanique vous ne pouvait pas leur mettre une blouse, il faut qu'ils aient une combinaison mécanicien. Par contre, au conditionnement, là où on met du sucre en paquet, on n'a pas la même fonction, on n'est pas dans la même ambiance. En plus, y avait le côté présentation, hygiène, sanitaire, il fallait des blouses blanches.

Aujourd'hui, je crois qu'ils ont en plus des bonnets parce que les normes européennes, je crois, obligent lorsqu'on manipule une denrée alimentaire qu'il y ait une protection hein ! C'est la blouse, c'est le masque dans certain cas, c'est les cheveux protégés pour pas… Tout ça c'était un petit peu du domaine du CE. Alors, c'était pas toujours marrant d'arriver à définir avec eux un type de vêtement et puis qui portait quoi et qui faisait comment et ceci et cela. Alors, ils en voulaient, ils en voulaient le maximum, mais plus on se diversifiait, plus on compliquait les choses et plus ça devenait ingérable. Mais, bon, c'est tout. Bon, moi, ça m'était retombé dessus parce qu'en tant que service achat, on m'avait dit : " bon, ben, t'achètes des vêtements, ben maintenant tu vas t'occuper de la location ". Alors, fallait installer des armoires, fallait organiser des distributions, fallait vérifier qu'ils rendaient bien leur truc, fallait… Bon, c'est tout. Alors, je sais pas maintenant comment ils font. Ils doivent être restés à cette formule parce que finalement c'était la formule qui leur convenait le mieux. Ça dû rester comme ça.


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