Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Un comptable à la sucrerie d'Eppeville

Le travail au service d'achats du magasin de la sucrerie

Alors là, j'me suis mis à… J'vendais du… enfin, j'vendais pas du sucre avant, j'étais dans un service où on vendait et j'me suis retrouvé dans un service où on achetait.

Et là, j'ai trouvé j'ai trouvé ma voie. J'ai trouvé ma voie parce que c'est un travail intéressant et puis j'étais avec un chef, puisqu'on l'appelait comme ça, qui était un père, qui se donnait pour ses employés, qui savait former, qui bossait, qui savait… et puis là j'suis parti. Alors, il m'a appris à travailler. J'ai commencé à recevoir des représentants, à discuter les prix, à discuter les délais, enfin toutes les démarches d'achat. Et quelques années après, j'me souviens plus quelle année je suis arrivé aux achats, c'était dans les années 60, 65, puisque moi j'suis rentré en 52, une bonne dizaine d'années après j'me suis retrouvé là-bas. Et en 67, le chef du magasin, magasin général qui était le stockage des pièces de rechange pour entretenir l'usine, s'en allait à la retraite et comme je m'occupais des achats du magasin en particulier, on m'a proposé de prendre la succession du chef de magasin. Alors je suis descendu dans l'usine parce que là jusqu'alors j'étais dans les bureaux hein ! C'étaient les cols blancs comme ils les appelaient, la cravate, bon ça m'a pas empêché de continuer après. J'me suis retrouvé donc au magasin général, responsable du magasin, et en même temps, je faisais les achats. Autrement dit, j'achetais et je gérais les stocks.

Cinq mille articles, pff ! ça partait des clous, des rondelles, des boulons jusqu'en passant par les pièces électriques, les roulements, la robinetterie et les pièces de rechange pour les machines de l'usine, plus les produits chimiques de campagne, les acides, la soude, le SO2, enfin tout ce qui sert en produits chimiques en fabrication. Et j'avais… j'avais trois… j'avais un réceptionnaire, trois magasiniers et puis une secrétaire sous ma coupe. Et je suis donc arrivé là en 67. J'ai fait la campagne 66 avec le responsable de magasin qui partait. J'ai pris mes fonctions au magasin au 1er janvier 67. J'ai connu la grève de 68. C'est la seule fois de ma vie où j'ai fait grève mais on n'a pas pu faire autrement. On nous a foutus dehors. Y avait un piquet de grève. On interdisait l'entrée. Et puis, ben, j'ai fait j'ai fait des années… j'ai fini au magasin. Mais, entre-temps, le chef… alors les achats qui étaient bureau d'achat et qui dépendaient des services administratifs entre-temps étaient passés sous la coupe du Directeur Technique. On était passé au technique.

Ils avaient estimé que le service administratif il avait rien à voir là dedans. On achetait pour le technique puisque moi j'achetais pour l'usine. Y avait un acheteur qui s'occupait des achats pour le conditionnement, tout ce qui était la mise en paquet des sucres. Y avait un acheteur qui approvisionnait les matières premières de campagne : pierre à chaux, coke, fioul, charbon et en même qu'ils s'occupaient un peu des achats pour les planteurs puisqu'à l'époque on achetait les engrais et on les revendait aux planteurs. On achetait de tout. Les produits chimiques de… les produits phytosanitaires pour traiter les betteraves contre les maladies, parce que le service betteravier s'était lancé un peu là-dedans aussi. Alors on était devenu service achat. Avec le temps, les choses se sont un petit peu rationalisées. Tout ce qui était produits betteraviers, c'est-à-dire les engrais, les pesticides, enfin tous les produits de traitement des betteraves, c'est le service betteravier qui a repris ça à son compte. Y avait un service vente en culture et les agents betteraviers commercialisaient tous ces produits. Le chef du service achat partait à la retraite et on m'a donc proposé de… ben de prendre sa place.

Et ça c'est pas fait parce qu'au dernier moment, on avait… la Société avait une sucrerie à Casablanca où ils fabriquaient là-bas du sucre de canne, ils faisaient des pains de sucre et ça avait été un petit peu nationalisé. Le Maroc reprenait la main sur tout ce qui lui appartenait parce que c'est les Français qui avaient été mettre tout ça en place hein ! C'était la colonisation et on a vu revenir de la Cosumar, qui était la sucrerie de Casa, un Monsieur qui s'occupait de beaucoup de choses, dont on ne savait pas quoi faire mais dont la Direction avait dit : le jour où on ne voudra plus de vous là-bas, on vous garantit qu'on vous reprendra. Et comme il fallait le caser, ben, c'est lui qui est venu en tant que chef du service achat.

nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer