Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Un comptable à la sucrerie d'Eppeville

Les négociations salariales

Et puis y a eu après une mise en place régulière tous les ans. Tous les ans, c'était convenu avec le syndicat des fabricants de sucre, on avait une réunion avec les dirigeants au niveau national et puis on discutait de ce que nous on souhaitait et puis eux nous disaient ce qu'ils pouvaient faire ou ce qu'ils pouvaient pas faire.

C'était pas toujours du gâteau, mais c'était l'époque faste quand même. Parce que, moi j'étais pas à l'époque aux discussions paritaires avec le syndicat des fabricants de sucre, mais la personne que j'ai remplacée qui y était à l'époque, quand il revenait et qu'il nous disait : " bon, les gars on a obtenu 6 % d'augmentation " ouah ! ! ! on avait… on avait à cette époque des augmentations, des taux d'augmentation à deux chiffres qui dépassaient le 10 %. Mais y avait encore de l'argent dans les caisses. Y avait encore… c'était l'époque où les sucreries gagnaient du fric faut dire ce qu'y est. On était quand même dans une industrie relativement bien payée au niveau national puisqu'il y avait une grille des salaires qui avait été établie en fonction des coefficients par travail, par fonction, par poste qu'on occupait et puis à la sucrerie d'Eppeville, on était payé 20 ou 25 % au-dessus de cette grille. Financièrement, c'était une bonne boîte. Quand on rentrait là-dedans et puis qu'on faisait pas le con, on y faisait carrière hein !

Je suis pas le seul à avoir fait ma carrière. J'ai travaillé 43 ans dans la sucrerie, mais vous en rencontrerez d'autres qui ont fait la même chose. Du moment qu'on tenait sa place, qu'on était sérieux, qu'on faisait son boulot ben pff ! ! même au niveau des ouvriers hein ! Le gars qui rentrait là-dedans à 15 ans… A l'époque, on faisait les apprentis aux ateliers. Le gars qui sortait de l'école, il rentrait à la sucrerie, s'il voulait être mécanicien, chaudronnier, électricien, on faisait les apprentis, on les formait sur place. Ben, le gars sérieux, il faisait carrière hein ! Bon, aujourd'hui, y a plus de service entretien déjà. C'est autre chose, c'est une autre époque, c'est pour ça que… enfin, les gens de mon âge, de mon époque, on a quand même vécu… c'était quand même le bon temps.

Quand nous jeunes, on entendait nos parents dire ah dans le temps, c'était le bon temps. Aujourd'hui, je dis que c'était quand même le bon temps parce qu'il y avait du travail, y avait du travail. On n'était pas content de son patron. On se quittait. On allait voir le voisin. On retrouvait du boulot. Vous connaissez ça aujourd'hui ? hein ! Alors faut… Quand je disais à mes jeunes, faut travailler… Ouais, t'es bien gentil toi, t'es allé voir un Monsieur, il t'a dit : " t'as qu'à venir lundi " mais nous, c'est plus ça maintenant pour trouver du boulot. Faut déjà avoir des bagages, faut faire des CV, il faut aller pleurer, faut pfff ! ! !

C'est vrai que c'était une époque différente hein ! Ça n'a plus rien à voir avec ce qui existe aujourd'hui, mais y avait du travail. Y avait du travail. Celui qui ne travaillait, c'est parce qu'il avait pas envie hein ! Mais bon, c'est comme ça !

nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer