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Une ouvrière d'emballage à la sucrerie de Vauciennes

Les conditions d'embauche et le premier poste à la sucrerie

Q2 : En fait, vous êtes rentrée, quand dans la sucrerie. Ça s'est passé comment ?

R : Quand j'ai débuté.

Q2 : Oui.

R : Ben, c'est-à-dire, j'travaillais avant à Paris et pis bon, après j'ai connu mon mari. Comme mon mari voulait pas aller à Paris. Il est venu me chercher et il m'a dit que c'était une vie de dingue à l'époque, il fallait toujours courir. Donc, il m'a fait rentrer à l'usine parce que lui, il y travaillait depuis 62, lui.

Q2 : Ah oui.

R : Depuis 1962. Donc, on s'est fréquenté et je suis rentrée un an après être mariée donc en 1967.

Q2 : OK.

R : C'est pas d'aujourd'hui hein !

Q2 : Oui, bien sûr. En fait, vous faisiez quoi alors dans la sucrerie ?

R : Ben, on faisait le sucre. C'est-à-dire, on mettait les morceaux de sucre dans des boîtes. On appelait ça… Comment on appelait ça déjà ? Oh, je n'me rappelle plus, la Chambon. Chambon c'était en chaîne quoi. Alors, vous aviez, comment qu'on appelle ça, la… oh ! vous savez les noms maintenant… enfin la mise en boîte, après vous avez les morceaux de sucre en relevé pour pas qu'ils manquent trop dans les boîtes, vous aviez les mains, après vous aviez la coiffeuse, l'emballeuse et pis celle qui était au bout à la palette qui mettait sur des palettes. On emballait quoi ! Ça s'emballait tout seul. Fallait y aller quand même. Tant que ça marchait, ça allait, mais dès fois quand ça tombait en panne, vous aviez des tas de… après fallait rattraper le… enfin bon. 36 ans hein ! C'est dommage que c'est fermé quand même parce que… surtout pour les jeunes parce que les jeunes maintenant ils ont plus rien. Dans le coin, y a plus rien. Les maisons ont été démolies alors qu'ils auraient pu les louer parce que c'étaient des belles maisons hein ! mais bon, c'est pas nous qui commandons hein !

Q2 : C'est sûr.

R : Y a plus rien, maintenant tout est…

Q2 : Vous avez travaillé comme ça, enfin…

R : A l'époque, c'était de père en fils. On rentrait de père en fils. Moi, j'ai mes grands-parents qui y ont travaillé. Ma mère, elle a travaillé, elle a fait 44 ans de service. J'ai eu mon oncle aussi qui a travaillé.

Q2 : Ah, c'était vraiment…

R : A l'époque, on rentrait de père en fils quoi. Après non, après non, c'était beaucoup… Enfin, disons pas trop difficile mais enfin on rentrait moins facilement. Moi, j'ai pas rentré par filiation c'est parce que mon mari, à l'époque, comme ils faisaient mettre des Sapal ( ? ? ?) et il manquait du personnel dont mon mari il a demandé et c'est pour ça que je suis rentrée. Au début, ça me plaisait pas de trop.

Q2 : Ah bon ?

R : Ah non, c'était pas mon domaine. Mon domaine, c'était la terre, c'était… enfin l'horticulture.

Q2 : Ah oui, oui.

R : J'ai mon diplôme d'horticulture. Maintenant, c'est perdu parce que ça fait passé quarante ans que j'ai pas refait tout ça.
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