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Une ouvrière d'emballage à la sucrerie de Vauciennes

L'équipement des maisons de la sucrerie

Q1 : Et lorsque vous avez travaillé à l'usine, vous habitiez où ?

R : A Vauciennes. Tout au début. Là, ça fait… ça fait vingt trois ans que je suis ici. Mais au début, j'suis née à Vauciennes. J'ai travaillé à Vauciennes. J'me suis mariée à Vauciennes. J'suis restée à Vauciennes trente cinq ans. Donc, j'avais mon travail sur place. C'est quand heu… j'sais plus comment ça s'est passé, à l'époque, c'était Monsieur Delgove, non Monsieur Debail, il savait qu'on avait une maison ici alors il m'avait demandé si la maison… parce que on l'a refait, parce qu'elle était pas comme ça. On l'a refaite dans les années 70. On a tout refait. Et, il nous a demandé si la maison était prête parce qu'il voulait mettre quelqu'un d'autre à notre place. Alors on a dit, ben oui, la maison est… Donc, on est venu en janvier 83. On est venu habiter là. Après j'avais trois kilomètres à faire. Mais, bon, c'est pas…

Q2 : Donc à ( ? ? ?), c'était une maison de la sucrerie ?

R : Comment ?

Q2 : C'était une maison de la sucrerie ?

R : Ah, oui, oui, ben, tout ce qu'il y avait là-bas, c'étaient les maisons de la sucrerie. A part, le ( ? ? ?) que c'est loué ou c'est acheté. Je sais pas si vous connaissez Murduna à Vauciennes c'est que à côté de l'école. Vous avez passé sur Villers Cotterêts ?

Q2 : Oui.

R : Vous avez vu Vauciennes, y a plus rien ?

Q2 : Oui, oui.

R : Eh, ben, vous avez l'école et ben, y a des maisons derrière, y a Varsovie, y tout ça, y a Le Mur du ( ? ? ?), y a des maisons, qu'ils ont fait construire dans les années 70. Donc, y en a, ils ont acheté et donc, y en a qui ont loué par l'OPAC. C'est l'OPAC. Mais, c'est pareil … il manque pour les personnes âgées, y a des personnes âgées, ils sont obligés de prendre le car pour aller à Crépy faire leur course. A Villers, maintenant y a plus de car. Ils ont supprimé le car de Villers. Il manque un magasin. C'est vrai pour les personnes âgées, y aurait eu un magasin, ça serait bien. Même pour nous, ça fait que trois kilomètres que d'aller à Crépy ou Villers. Avant, c'étaient les maisons à Vauciennes. Moi, j'y ai vécu trente cinq, trente six, pas tout à fait trente cinq ans et demi.

Q2 : Elles étaient bien les maisons, confortables ?

R : Ben au début non. Où c'est que moi j'habitais au début quand je me suis mariée non. Moi, à l'époque j'avais une pièce, j'avais qu'une chambre.

Q1 : Ah oui !

R : J'avais la cuisine, la cuisine fallait passer dans la chambre, enfin dans le débarras et du débarras dans la chambre.

Q2 : Ah oui, d'accord.

R : Et pis l'hiver, j'vous dis pas hein ! D'ailleurs, mon fils, il avait attrapé de l'asthme à cause de ça. Il faisait tellement froid. L'eau, elle coulait le long des murs et tout.

Q2 : Ah oui, d'accord.

R : Mais bon, je venais de me marier, fallait pas non plus demander l'impossible. On était logé gratuitement, fallait pas trop… pis on avait droit au charbon à l'époque. Donc, on était disons chauffé gratuitement. Après, ça a été supprimé, mais au début, on a eu le charbon gratuit surtout les personnes âgées. Les personnes âgées avaient le charbon gratuit. On allait chercher le lait à l'époque au château. Ah, oui, y avait le lait, bon, on payait presque rien. Vous aviez la viande, y avait un boucher. On allait chercher la viande et tout. Par la suite, quand le boucher, il est décédé, y a plus personne qu'a repris. Y a plus de lait, y a plus rien eu. Et pis, l'charbon, ils ont supprimé aussi pour les personnes âgées et tout ça.

Après, moi, j'ai déménagé donc là j'étais mieux. J'avais cuisine, salle à manger, une chambre en bas et deux chambres en haut. Donc, j'étais mieux. Plus une petit cour, une petite cour de rien du tout, mais enfin bon, pour l'été c'était bien. Et mon mari, comme on était juste en face, mon mari il avait fait un terrain de jeu pour les enfants. On l'avait entouré pour nous parce qu'y avait le garage et après y avait un emplacement. Il avait fait ça. Il avait entouré ça pour les enfants. Parce qu'à l'époque y avait le train qui passait. Il transportait les wagons de pierres alors il passait devant. On était juste au chemin de fer. Pour pas que les enfants se fassent écraser quand même. Moi, j'ai eu une collègue, maintenant elle est partie en Bretagne parce que c'était un Breton aussi, elle s'est fait traîner par la locomotive. Elle a pas vu le train. La locomotive, elle l'a trainée sur… enfin, elle a pas été blessée, y a que la voiture, mais ça la voiture…

Q2 : Oui, c'est pas grave.

R : Elle a pas vu le train et pis le chauffeur du train, il l'avait pas vue non plus. Il l'a traînée sur… bien sur 10 mètres. On croyait qu'elle allait être écrasée là hein ! Elle l'a pas vu. Elle a traversé le chemin de fer et puis la locomotive, elle est arrivée. Pourtant, ça roule pas vite hein ! Ça fait quoi ? Peut-être 15 à l'heure, vingt à l'heure que ça roulait, mais bon ! Il ne roulait pas trop vite hein ! D'ailleurs, elle m'a téléphoné ce matin, elle me dit tu te rappelles, ben, j'ai fait oui. Dès fois, on se rappelle des trucs. C'est vrai que c'était dangereux un petit peu. Même les camions, après, ça a été les camions après qui passaient, camions de pierres. Pareil une fois, il m'a accroché mon toit.

Oh, j'vous dis pas hein ! On était en train de manger, d'un seul coup, il voulait tourner, je sais pas qu'est-ce qu'il a fait. J'ai vu la télé qui tremblait et tout. J'ai dit mais qu'est-ce qu'il se passe. J'ai dit, y au moins un tremblement de terre. C'était le camion qui m'avait raccroché le toit. Il était trop haut par rapport à…

Q2 : Ah d'accord. En fait, vous viviez dans l'usine vous ?

R : Pas forcément non ! non ! non ! y avait juste des maisons qui étaient autour. Après, vous aviez le chemin de fer et derrière c'était… on appelait ça le… avant y avait la distillerie, pis après y avait le tas de pierres que les camions transportaient les pierres pour les ramener au four à chaux qu'on appelait ça. Avant, c'était par train et pis après, ils ont fait ça par camion. Mais, le camion, c'était un… enfin, il était un peu foufou celui-là. Enfin, bon, il s'est excusé et tout. Bon, c'est l'usine qui m'a réparé le toit mais bon, j'ai attendu longtemps avant qu'ils me le réparent quand même hein ! Ils étaient pas pressés de réparer à l'époque. Ah, il s'est excusé. Il m'a dit, j'ai pas vu, il dit, j'ai pris mon virage un peu trop… Ben, j'ai dit c'est pas grave. Heureusement qu'il y avait pas d'enfant là parce que… C'est vrai que c'était un peu étroit là. Il a voulu prendre et pis son camion était un peu trop haut, il a raccroché le toit. Même là aussi, une fois, j'ai eu tout mon toit là du garage défoncé.

Q2 : C'est vrai, elle est petite votre rue hein !

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