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Une ouvrière d'emballage à la sucrerie de Vauciennes

Le rythme de travail

Q2 : Et vous voyez une différence entre la campagne et l'inter-campagne vous ?

R : Non, parce que moi j'étais… de 67 jusqu'en 87, j'suis restée à la Chambon et en 87, ils ont licencié du personnel donc moi ils m'ont mis au nettoyage après. Donc, j'suis restée…

Q2 : Ah oui !

R : Ouais, ouais, moi j'suis restée donc… parce qu'à l'époque j'faisais partie du syndicat. Alors donc, j'ai eu… disons le privilège d'avoir pu rester. On m'a pas licenciée. J'étais au syndicat. On pouvait pas me licencier ou alors fallait que je donne ma démission et pis… alors donc j'y suis restée au syndicat 25 ans. Ben, jusqu'à ce que ça ferme. Dans un sens, j'étais privilégiée quoi ! dans un sens. Sans savoir parce que depuis 74 j'pensais jamais que l'usine aurait fermé. Alors j'ai accepté quand on m'avait proposé, j'ai dit bon, j'accepte et puis j'suis restée. Oh, ça a fait des jaloux après, ça c'est sûr parce qu'ils ont licencié quand même pas mal de femmes à l'époque donc euh ! j'suis restée la seule quoi ! Après, ils en ont repris deux autres qui ont demandé à faire à temps partiel pis après ils les ont pris à temps continu, c'est-à-dire toute la journée quoi !

Mais au début, ils étaient en mi-journée quoi ! tandis que moi j'ai resté toute la journée. Alors, j'commençais à six heures du matin jusqu'à onze heures et demie et ensuite j'reprenais à une heure jusqu'à trois heures et demie.

Q2 : Ah oui !

R : J'avais pris ça pour ma fille, pour ma dernière, comme elle allait à l'école, comme ça à onze heures et demie j'allais la chercher, je la ramenais… en allant travailler, j'la déposais à l'école et pis après j'allais la rechercher à quatre heures et demie.

Q2 : Ah, c'est bien.

R : J'avais demandé ça avec mon chef hein ! Comme il avait accepté bon… c'est aussi bien. Mais j'commençais de bonne heure au matin quand même. Il fallait que j'me lève quand même à cinq heures, mais enfin, c'était un choix que j'avais pris. Comme mon mari, il avait fait un choix pour faire les week-ends.

Q2 : Vous ne deviez pas vous voir beaucoup alors avec votre mari ?

R : Ben si parce que lui il travaillait que le week-end bon… Quand moi, j'rentrais à trois heures et demie, on s'voyait quand même. Pis le week-end, y avait que le week-end, on pouvait pas sortir comme on voulait quoi. Dès fois on était invité mais on refusait parce que il fallait qu'on soit rentré pour cinq heures. Lui, il commençait, mettons, quand il était de week-end, cinq heures du soir jusqu'à cinq heures du matin.

Q2 : Ah oui !

R : Ben lui, le week-end, c'était ça, c'était douze heures d'un seul coup. Alors, il fallait qu'on rentre. C'était un choix à prendre aussi, c'est… maintenant on est beaucoup plus tranquille, malgré que ça été dur au début, mais enfin bon !
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