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Une ouvrière d'emballage à la sucrerie de Vauciennes

L'évolution et la modernisation de la sucrerie suivies des licenciements

R : Ah, oui, à l'époque oui. Moi, je sais que quand Maman, elle a commencé à travailler, ils étaient plus de huit cents personnes hein !

Q2 : Ah oui !

R : Ah, oui, oui. Maman, elle a commencé à travailler dans les années 40 euh… ben après la guerre. Ils étaient pas mal de… pas mal de personnels. Moi, quand j'ai commencé à débuter, on était à peu près quatre cents personnes dans les années 60 pis voyez, on a terminé à combien, j'sais même pas si on était deux cents personnes quand on a terminé.

Q2 : Ça fait une différence.

R : Ah, oui, tout s'est modernisé. Alors ça a permis de licencier pas mal de personnes. C'est ça le problème.

Q2 : Vous avez vraiment vu une évolution entre…

R : Ah oui, ben moi j'ai vu quand mon mari a commencé à travailler, bon, ben, je le connaissais pas à l'époque, mais quand il y a eu le machin, il faisait le four à chaux, il ramassait les pierres à la pelle ou à la fourche. Ils mettaient ça dans les wagonnets, les wagonnets passaient en haut, eux ils vidaient. Après, ça s'est modernisé, y avait plus besoin de personne, juste à surveiller quoi.

Q2 : Ah ben oui.

R : Pour ça, ça a perdu pas mal de personnel hein ! C'est peut-être ça aussi… enfin, comme on dit c'est la vie hein ! Mais moi, je comprends pas que Vauciennes a fermé parce que c'est une usine qui marchait quand même à peu près bien, mais bon ! Vous vous rendez compte 1858, 18 ou 1958 qu'elle a été fondée.

Q2 : 1858.

R : Il me semble hein. Oui, parce qu'on a fêté les cent ans en 1958, le centenaire. Oui, c'est ça 1858. Eh ben, moi je sais que mes grands-parents, ils verraient ça, ils en seraient malades hein ! C'était le gagne pain de Vauciennes hein ! Maintenant, ils voient les personnes parce qu'il y a plus rien. Les impôts ont augmenté, tout a augmenté.

Q2 : En plus, c'était une vie de famille quoi !

R : Ben oui, là y a plus rien, et les jeunes où voulez-vous qu'ils aillent ? Du chômage partout. J'étais en train de lire le journal là. A Senlis, ils ferment une usine… ils vont fermer Guilbert , le truc de bureaux, ils vont licencier douze personnes soi-disant qu'ils ont volé, pour faute grave. Les chauffeurs, eux disent que non. Alors, j'sais pas. Après vous avez la Setor vous avez… toutes les usines ferment et tout s'installe en pays étranger. Regardez, y a Lajous, j'ai mon ancien, enfin mon gendre, j'allais dire mon ancien… mon gendre qui travaillait à Lajous, ben ils s'en vont en Pologne. Il travaillait à Lajous avant. Maintenant, il est parti. Il travaille à Plessis Belleville mais est-ce que ça va marcher encore ?

Sa femme, elle travaille pas. Elle est au chômage. On l'aide quand on peut, mais on peut pas toujours aider non plus. J'en ai trois, trois enfants. Si je le fais à l'un, il faut que je fasse aux autres. J'sais pas où on va, mais ça va mal hein !
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