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Un ouvrier malaxeur et cuiseur dans une sucrerie de l'Aisne

Les tâches du malaxeur et du cuiseur

R : Bon, moi disons que, en parlant de la sucrerie distillerie, bien sûr, j'avais pas été embauché au départ à la distillerie, j'ai fait mes premières armes comme apprenti boulanger, c'est-à-dire à 14 ans, parce que j'ai quitté l'école à 14 ans et puis disons qu'à 17 ans, j'ai eu l'opportunité d'avoir un travail en boulangerie, j'ai travaillé pendant trois ans et puis après, c'était encore la guerre d'Algérie, j'ai fait pratiquement deux ans d'Algérie. Ensuite, je suis revenu en novembre 62 et là j'ai recontinué, j'ai travaillé jusqu'à début août 63 chez mon boulanger et c'est là que je suis parti et que je suis entré à la sucrerie. Disons que je suis rentré en août 63 à la sucrerie d'Origny. Et puis donc là, au départ, j'étais, donc de boulanger bien sûr, j'ai été affecté dans, un comme je pourrais dire ça, j'ai été affecté en chaudronnerie alors que c'était pas, mais n'importe comment, il fallait bien que je démarre par quelque chose parce que quand j'ai vu le directeur de l'usine qui dit, un boulanger, c'est pas et puis au bout du compte, ça s'est bien passé et puis c'est là que j'ai commencé à attaquer la campagne sucrière, la première, c'était en 63. C'est là que j'ai été affecté comme garde-malaxeur, comme mon copain que je travaillais avec lui, il était cuiseur, mais j'étais garde-malaxeur et en ce temps-là, quand j'ai été embauché en 63, on faisait encore les 2 x 12. Alors, j'ai fait ce travail-là pendant quatre ans et après, nous sommes, on faisait 12 heures, c'étaient les quatre années que j'ai… Et ensuite, il y a eu un, comment que je pourrais dire, de 12 heures, on est passé en 3 x 8 continu. En 3 x 8 continu, alors là, il a fallu trouver… Alors, nous, comme on était pas, on était pratiquement toujours en contact avec les cuiseurs, bon, on avait quand même un petit aperçu de ce qui passait quoi, alors vous savez, il a fallu trouver deux cuiseurs supplémentaires, donc les deux gardes-malaxeurs, y z'ont passé cuiseur, mais en ce temps-là, les cuiseurs, on était à deux, y avait le cuiseur au premier jet et puis cuiseur en 2ème et 3ème jet.

Q : Ouais.

R : Et donc, bon ben comme je travaillais avec mon collègue, mon collègue il était au premier jet, moi j'étais affecté avec lui, mais aux cuits 2ème, 3ème, bon bien sûr, au départ, c'était pas évident, évident, puis avec ça, y nous en faisaient tellement voir comme ça que là maintenant, je peux vous dire que c'est, enfin je ne dis pas qu'il y a pas un truc comme ça, mais on avait une peur de faire ce travail-là parce qu'il était tellement assez… Et puis c'était, on ne se disait pas ses petits secrets alors…

Q : Comment ça ?

R : Ben c'est-à-dire que cuiseur, cuiseur, c'est, je ne sais pas si, ouais, mais si vous n'avez jamais vu, vous n'avez jamais assisté à, vous n'avez jamais été dans… Oh ben décidément, vous n'avez jamais été donc, comment donc, été en campagne sucrière visiter des…

Q : Non. En fait, c'était le savoir-faire et ils le gardaient un peu pour eux.

R : Voilà, c'est ce que je voulais dire. Alors, malgré tout, en suivant comme ça, on voyait quand même comment qu'y faisaient, ça nous a déjà arrivé qu'y roulaient, on voyait comment le grain y l'ait roulé, parce que nous c'est qu'on travaillait là, les cuites, ça consistait à amener du sirop, il était déjà, d'une part, assez concentré, mais pas assez pour… Alors, on passait ça dans ce qu'on appelle des cuites protégées et puis donc, y fallait encore évaporer davantage pour éliminer l'eau qui restait dans le sirop et puis, il arrive à un moment donné, y fallait prendre un peu de sirop comme ça, à le faire cuire comme ça et dans l'instant qu'on voyait que ça faisait un filet comme ça et ben là, on pouvait ( ???). Ça consistait à mettre un bocal de sucre de glace avec de l'alcool, on mélangeait et puis donc, on mettait ça dans les cuites et puis c'était aspiré par le vide et puis là, alors là, il fallait une, deux, voire trois, on y allait comme ça au maximum, le ( ???) y arrivait, puis fallait couper le, parce que sans quoi, il y aurait eu beaucoup, il aurait fallu en refondre par la suite. Bon, puis donc, le cuiseur y jugeait que sa cuite était bien, comme ça, ben il l'alimentait assez fort pour couper le degré de… Parce que c'était assez concentré, pour le déconcentrer un petit peu. Donc, après, le monter, le régler, le monter, pour pas que ce soit trop léger, ni trop, il fallait le monter régulièrement quoi.

Q : Oui.

R :Il arrivait un moment donné, la cuite elle montait, bon y fallait à peu près, en ce temps-là, y fallait compter à peu près 4 heures, 4 heures et demi, là maintenant, on fait des cuites en 2 heures et demi, on peut faire une cuite. Donc, quand on arrivait à un seuil, les cuites y faisaient, en ce temps-là, nos cuites, y faisaient, ben y en avait des petites en ce temps-là, y en avaient deux qui faisaient 250, un truc comme ça, et la plus grosse, elle faisait 400 hectos. A sur la fin, quand j'ai quitté la sucrerie en 98, c'est là que je suis parti en préretraite, j'ai eu l'opportunité de partir à 57, et puis donc, là bien sûr, c'était dur quand même, parce quand ce temps-là, on travaillait manuellement, quand on collait une cuite, y avait, comment donc, des brûlants, alors on serrait la cuite et puis quand on tirait descente, quand on voyait que la masse cuite, elle commençait à s'épaissir comme ça, bon quand on jugeait qu'elle était bonne à couler, on coupait les vannes de vapeur, les vannes de vide, et puis donc, on cassait la masse pour que l'air, elle rentre dans la cuite, tout ça et puis après, y avait plus qu'à ouvrir la grosse vanne comme je vous dis et ça coulait dans le malaxeur. De ce malaxeur-là, ça allait, ça s'en allait aux turbines et puis, c'est là que c'était, comment donc, affiné quoi, et ils enlevaient…Parce que la masse cuite, en réalité, c'est c'est du grain qui est cristallisé, si vous voulez, comme ça, mais qui est avec une quantité d'égout qu'on appelle ça. Alors, aux cuites, au premier jet, aux cuites, aux turbines au premier jet, c'est des espèces d'essoreuses et puis donc, ça tourne, ça tourne à une vitesse assez…

Q : Et puis ça retire les résidus quoi ?

R : Et puis donc ça évacue, ça évacue comment donc les impuretés, enfin, les impuretés, les égouts quoi.

Q : Ouais.

R : Donc, y reste le sucre cristallisé que, là, vous avez une charrue quoi qui, là, y enlève le sucre cristallisé qui s'en va dans un espèce de va et vient, il s'en va dans une hélice sans fin et puis que, ça s'en va dans un élévateur, puis qui transmet ça… C'est séché avant auparavant, parce que le sucre, quand y sort des turbines, il est chaud.

Q : Ouais.

R : Alors là, il est refourgué comme ça par, quand y passe comme ça et puis après, là, il est stocké comment donc dans les silos et puis voilà.

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