Accueil Le projet Les dossiers La base projets2003 réalisations contact
Mémoire Vivante de Picardie - La base
presentation consultation
retour à la liste

Un ouvrier malaxeur et cuiseur dans une sucrerie de l'Aisne

Les syndicats et les grèves

Q : Et qu'est-ce qu'y avait comme autres actions disons sociales quoi ?

R : Ah ben si, moi je me rappelle que dans le début, quand je suis rentré à la sucrerie, y avait pas d'action syndicale déjà, on n'était pas… Y en a eu un qui a été, je me rappelle que j'ai travaillé, c'était dans les années 70, y a eu un, comment je pourrais dire ça, un syndicat qui s'est formé, c'était FO et puis, au bout du compte, y avait 2 ou 3 gars qui z'y étaient comme ça et puis que, Duval, c'était le père Duval en ce temps-là, pas le fils, le père, il avait aussi ( ???) et puis le syndicat, il a croulé.

Q : Ah bon.

R : Puis après, par contre, j'ai eu Levote, ben justement qui a travaillé avec moi, mais oui, si avec moi… C'est-à-dire au départ, quand il était garde-malaxeur, on était comme ça et puis quand on était en 3 x 8 comme ça, lui, y travaillait, c'est là, que oui, moi en étant passé au 2ème jet, en ce temps-là, y a eu un gars qu'il a parti, qu'il est parti comme ça et puis qu'il a fallu remplacer, alors moi du fait que je cuisais en 2ème et en 3ème, je suis passé en premier jet et puis donc, le gars qui cuisait en 2ème comme ça, il est resté avec moi. Alors, en parlant de cette personne-là, c'est lui qu'il a, un coup, il a en fin de campagne, je ne sais pas, à la reprise tout au moins, parce qu'on avait toujours à peu près une quinzaine, quinze jours de repos comme ça, quand on a repris le boulot, on a appris qu'y avait 5, 6 gars qui étaient licenciés. Et on a pas voulu de ça, on a fait une grève comme ça et puis c'est là qu'on a eu un syndicat qui s'est monté et puis que ce gars-là, il était à la hauteur, comme ça, d'abord, il est mort l'année dernière, mais lui il s'est jamais laissé faire. Et puis donc, le syndicat là, il l'a suivi pendant, je sais plus, une dizaine, une quinzaine d'années comme ça, c'est un autre qui l'a repris, je ne sais pas si vous avez connu, je ne sais plus son nom sur le coup, il habitait Guise, comme ça, mais un coup, on a, je sais pas si vous vous en souvenez, une grève une des dernières grèves que l'on a faite comme ça, toutes les sucreries, elles étaient en route que nous, 4, on a mis en route vers le 4 octobre.

Q : Ah ouais.

R : On avait fait grève pendant au moins une semaine, enfin une bonne semaine avant, comme ça et puis que là, ça commençait à se durcir. Et puis finalement, ça… Mais enfin, le gars, y faut dire aussi qu'en parlant de syndicat, au départ, quand on est rentré comme ça, moi je me rappelle quand j'ai attrapé le père Duval en ce temps-là, j'ai dit, bon ben j'étais cuiseur et puis au bout du compte, y avait mes deux cuiseurs que j'avais connus comme ça, que eux y touchaient bien et que moi, j'avais toujours un salaire ben fantaisiste quoi, mais un coup, j'ai attrapé donc ce directeur, mais j'ai dit, mais Monsieur Duval, qu'est-ce que vous pensez comme ça, est-ce que vos supérieurs y se rendent compte. Bon, je dis, si je vais à peu près bien mon boulot, je ne vois pas pourquoi que je ne serais pas payé, enfin, je ne lui ai pas demandé à être payé comme eux, mais au moins à être et puis depuis ce temps-là, c'est là que je suis passé au mois et puis que j'ai été bien rémunéré. Et puis, avec le syndicat qui s'est créé, ben, ça c'est, on a touché plus aussi.

Q : Ah bon.

R : Oui, oui.

Q : Et ça, c'est le syndicat qui vous a fait gagner plus en demandant des augmentations ?

R : Oui, le syndicat, y nous a fait gagner pas mal d'argent comme ça, parce que si on avait resté, comme on serait resté, ben on n'aurait pas eu nos salaires qui auraient évolués comme y z'ont évolué par la suite.

Q : Et il y avait beaucoup de syndicats ou il n'y en avait qu'un ?

R : Y a eu qu'un seul syndicat. A un moment donné, le bruit avait couru qu'il voulait monter un syndicat CGT, mais au bout du compte, ça n'a jamais été plus loin, on est toujours resté à la CFDT.

Q : Y a eu FO aussi, vous nous avez dit.

R : A Origny, y a jamais eu de syndicat FO.

Q : C'est vous qui nous l'avez dit.

R : A ma connaissance, je n'ai pas…

Q : Ce n'est pas FO, c'était CFDT.

R : CFDT.

Q : D'accord. Et ça a été créé le, donc la CFDT, elle a été elle a été créée pour quelles raisons exactement ?

R : Ben c'est-à-dire qu'en ce temps-là, bon y avait le syndicat CGT, c'est vrai que le syndicat CGT, c'était un syndicat qui était assez fort comme ça, mais CFDT, c'était un syndicat bon qui malgré tout, qui était bon aussi, mais qui était pas si si volontaire que la CGT quoi. La CGT, ben même encore maintenant, vous voyez la CGT, c'est encore eux qui vont encore faire grève alors que des autres syndicats y z'ont remis en route. Là, CGT, c'est le syndicat le plus…

Q : Réactif ?

R : Oui.

Q : Et ça a été ouvert pour quoi alors exactement ?

R : Le syndicat ?

Q : Ouais, dans quel contexte ?

R : Ben le syndicat, ça c'est toujours pareil, dès l'instant que vous vous trouvez lésé, vous dites, on ne gagne pas assez par rapport, on savait que par les autres qu'y z'avaient des syndicats comme ça, ben y gagnaient beaucoup plus que nous comme ça, mais nous, on était pas syndiqué, ben y dites, faites vous syndiquer.

Q : Ouais, voilà. Mais c'était, c'était une question économique ?

R : Ben économique, dans un sens oui, parce que ça nous permettait de gagner plus quoi.

Q : Ouais, voilà, mais vous aviez, il y avait des revendications sur genre la sécurité ou sur des trucs sociaux vraiment…

R : Ah ben ça, c'est à part, ça c'est à part, parce que, ben là, si on veut parler du syndicat pour les salaires ou pour autre chose comme ça et puis après, il a été créé aussi, c'était pas un syndicat, mais y avait, on appelait ça, je ne sais plus quoi, mais y avait, vous, vous voulez dire pour la sécurité, si c'était bien suivi comme ça ?

Q : Ouais voilà.

R : Oui, y a eu quelques gars qui ont été formés et puis que, y passaient dans l'usine et puis qu'y z'avaient, y regardaient tout partout, voir si les gars y faisaient pas trop de…

Q : Et c'étaient des mecs qui étaient…

R : De l'usine même.

Q : De l'usine même et formés uniquement pour ça ?

R : Voilà, voilà.

nouvelle recherche

votre sélection

ajouter à votre sélection

imprimer
DownloadPlayer