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Le travail d'un ouvrier à la sucrerie de Vauciennes de 1969 à 1999

Les activités et les voyages du comité d'entreprise

Q2 : Et sinon, en fait, l'entreprise, elle organisait, enfin il y avait des choses d'organiser pour vous.

R : Alors, y avait un comité d'entreprise qui était très actif, qui organisait tout, ben toutes des activités classiques du comité d'entreprise, tout le côté social, les arbres de Noël, vous aviez des sorties organisées sur un week-end, sur une journée ou sur plusieurs jours, des sorties à l'étranger. Ah oui, oui. Bon, le comité d'entreprise favorisait le départ des enfants en classe de découverte, en classe de neige, classe de mer et compagnie. Bon, ça, y avait des aides aux familles qui en avaient besoin, bien entendu. Le comité d'entreprise, ben qu'est-ce qui faisait aussi, il attribuait des aides à l'achat des vêtements, tous ces trucs-là, oui, non, non, le comité d'entreprise avait un rôle très efficace. Après, la société aussi, donc hors comité d'entreprise, quand j'étais tout jeune ouvrier à Vauciennes, avait une salle de cinéma. Bon, trouvez une salle de cinéma dans des petits villages qui comptaient quoi, 5, 600 habitants pas plus, une salle de cinéma. Bon, après, y a eu une piscine qui existe toujours d'ailleurs, qui a été redonnée maintenant aujourd'hui à la municipalité, mais sur le complexe sportif d'ailleurs qui a été créé par la société, y z'avaient monté une piscine donc qui était ouverte pendant les périodes d'été, juillet, août, à l'ensemble de la population, hein, c'était pas réservé au personnel, et bon c'était quand même des choses assez extraordinaires dans des petits villages, tout ça, c'était grâce à la société hein…

Q2 : Ah oui, les patrons, y z'étaient quand même très proches de leurs ouvriers ?

R : Ah oui, Ah oui, oui, oui. Ah ben c'était, c'était la sucrerie dans le temps. Parce que je vous en dirais pas aujourd'hui, je voudrais pas être méchant avec les gens qui se disent sucriers aujourd'hui, mais ça n'a plus rien à voir. Vous m'éviterez des commentaires, y seraient trop désagréables aujourd'hui. Non, non, nous, moi j'ai travaillé dans une sucrerie qui est la sucrerie de Vauciennes pendant 30 ans, avec des gens qui étaient, comme vous dites, plus proches du personnel que maintenant, les activités, les aides, je peux vous dire aussi des trucs qui existent pas ailleurs. Par exemple, quand vous aviez un décès dans la famille, tout était organisé par la sucrerie. Vous aviez un atelier de menuiserie, la confection des cercueils était faite à Vauciennes par les menuisiers de Vauciennes. Y avait un véhicule spécial, évidemment noir, qui servait de corbillard et tout le service funèbre était organisé par la sucrerie. Les gens qui portaient à l'époque les cercueils, c'étaient des gens de la sucrerie. Vous voyez, à tel point, c'est incroyable, à tel point on pensait à tout. Bon, vous me direz, ça c'était le côté positif des choses. Le côté négatif, c'était quand même les petits salaires. Bon, y avait aussi, ça se payait quelque part, mais enfin bon, aujourd'hui, vous avez des petits salaires et vous n'avez plus du tout d'avantages ou de social. Donc, voyez où on en est arrivé. Non, non, à l'époque, tout le monde vous dira, les maisons étaient entretenues par la société. Parce qu'y avait tous les corps de métier, en intercampagne, vous aviez des maçons, vous aviez des peintres, vous aviez des menuisiers, vous aviez des couvreurs et donc, ces gens-là, y z'étaient sucriers pendant la campagne et en intercampagne, eh ben, y procédaient à l'entretien des maisons. Vous changiez une fenêtre, vous changiez un évier, vous changiez des tuiles, vous changiez, y venaient vous refaire les papiers peints, la peinture, donc c'était comme ça à l'époque.

Oui, oui, on le croirait pas, mais bon les anciens, moi je fais partie quand même un peu, pas des supers anciens, mais des anciens, bon 1969, c'est pas quand même hier et je peux vous dire que l'époque a bien changé. Alors, je ne sais pas maintenant ce qui se passe dans les sucreries, mais ça doit sûrement plus être ça. A mon avis, on a plus affaire en face nous à ce genre d'employeur.

Q2 : Ben justement, vous avez déjà fait partie des voyages ?

R : Ah oui, oui, je suis allé, oh quelques voyages sur la journée, je suis allé avec le comité d'entreprise en Tunisie, je suis allé avec le comité d'entreprise à Malte, oui, oui, non, j'ai profité évidemment. Bon, avant, on organisait des concours de pêche, j'ai profité, oui, deux ou trois fois dans l'année, y avait un concours de pêche alors avec repas, tout payé par, organisé et payé par le comité d'entreprise. Des concours de boules, des des concours de football entre sucrerie, les ( ???) sucreries, ah oui, oui, c'était actif, y avait toujours quelque chose.

Q2 : C'était vraiment une vie dans la sucrerie ?

R : Ah oui, oui, côté social, je vous dis, qu'on ne connaît plus maintenant. Là, côté social, c'est licenciement et puis la précarité.

Q1 : Et ces activités là étaient réservées aux ouvriers ou tout…

R : Aux ouvriers évidemment, aux membres du personnel, leurs familles et puis dans la mesure où le quota n'était pas atteint par exemple dans le nombre de personnes voyageant dans un autocar ou le nombre de personnes pouvant aller à destination de Tunisie ou de Malte, on prenait des gens étrangers à la société, évidemment avec un tarif normal. C'était plus le tarif du comité d'entreprise préférentiel pour les membres du personnel et leurs familles, mais oui, oui, tout à fait, on est jamais parti avec un autocar à moitié plein. Bon évidemment, quand on ne trouvait pas les gens pour combler les places, bon, on partait avec le nombre voulu, mais on a toujours eu cette démarche, oui, oui, c'était pas, on n'avait pas des murs autour de nous quand même.
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