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Le travail d'un ouvrier à la sucrerie de Vauciennes de 1969 à 1999

Les relations conviviales entre ouvriers et saisonniers

Q2 : Et sinon justement l'intercampagne et pendant la campagne, en fait, y avait quand même des saisonniers aussi ?

R : Ah oui, l'effectif n'était pas le même entre la campagne et l'intercampagne. Bon l'intercampagne, c'étaient les gens en contrat CDI parce que, à l'époque, on ne connaissait que ce contrat là. D'ailleurs, on en parlait même pas parce qu'y en avait pas d'autres qui existaient. C'était donc quand on était embauché. Bon on parlait pas de CDI, on était embauché. Et donc, en intercampagne, évidemment, y avait des saisonniers. Au départ, des saisonniers étrangers, beaucoup de saisonniers d'origine italienne, d'origine espagnole, d'origine portugaise, d'origine polonaise, d'ailleurs beaucoup qui se sont après installés ici, comme ça vous avez beaucoup de noms à consonance étrangère à Vauciennes et même dans la région, que ce sont des gens qui sont venus faire des saisons, donc en campagne, travaux assez pénibles d'ailleurs, entre parenthèses, parce qu'y venaient pour gagner de l'argent, mais c'étaient pas les travaux les plus simples. Et, au bout de quelques années, y sont restés là, y z'ont amené leur famille et y sont restés là. Et puis, certains mêmes se sont retrouvés embauchés, encore dans les gens qui sont encore vivant à Vauciennes, vous avez des gens qui ont commencé par être des ouvriers saisonniers qui venaient de l'étranger, en particulier de la Pologne. J'ai quelques souvenirs là de gens qui sont toujours vivants là, qui sont originaires de Pologne. Y se sont mis à parler le français, bon avec certaines difficultés, d'autres, très bien, leur famille était là, y z'ont des enfants, y sont propriétaires, ben y z'ont commencé par ce travail-là, travail dur, pénible, c'était, bon, pour eux, c'était quand même une ascension sociale par rapport à ce qu'ils connaissaient chez eux. Alors, là, évidemment, l'effectif doublait. Oui, on était facilement le double en campagne par rapport à l'intercampagne.

Q2 : Vous vous entendiez bien justement avec eux ?

R : Oui, oui, oh l'ambiance, l'ambiance en campagne a toujours été bonne. Comme vous le savez, le travail était dur, long, donc, y avait toujours une bonne ambiance, c'était très convivial, vous savez bon, on se mettait à table, on cassait la croûte, on sortait la terrine de pâté, le pain, et puis le litre de vin, y a pas, bon bien sûr, tout ça n'était pas totalement officiel. On cassait la croûte, c'était normal, on faisait quand même des périodes de 8 heures consécutives, voire plus, donc c'était normal. Mais enfin bon, on était vraiment bien, convivial. Non, non, de ce côté-là, sûrement que ça doit pas, ça doit plus exister alors ça c'est sûr et ça ne devait pas même à l'époque existait partout ça, il semble qu'au niveau discipline, on était quand même assez tolérant. Bon, y a même eu des petits coups d'ébriété, bon, le travail était dur, hein faut dire, le travail était dur. Bon, je dis pas que le petit coup de vin, ça fait oublier la dureté, mais bon, ça fait partie.

Q2 : Ça fait du bien.

R : Voilà, ça fait du bien, ça fait partie et puis, bon, c'était tout à fait normal à l'époque, bon, y avait aucun problème. Ça s'est toujours bien passé, j'ai jamais vu d'accident du travail suite à ça, entre parenthèses. Il fallait, il fallait parce que bon, on avait besoin de reprendre des forces, bien manger, bien casser la croûte, bon. Après, y avait une cantine, oui, oui. Ah oui, je vous dis, encore du social. On pouvait donc le matin déjeuner, y avait une cantine, la cantine était ouverte dès 5 heures du matin. Oui, oui, le matin, vous pouviez déjeuner, petit déjeuner copieux hein, c'était pas du petit déjeuner à base de céréales, c'était vraiment copieux de l'époque. Le midi, donc, le déjeuner, un, deux, trois services, suivant le monde, ceux qui étaient à la journée, ceux qui étaient en poste et qui finissaient à 13 heures et le soir, c'était encore possible de prendre son repas à 21 heures quand on quittait le poste d'après-midi. Bon et puis c'était de la cuisine faite sur place par des gens qui géraient la cantine. Oui, y avait aucun problème. On allait chercher nos casses-croûtes à la cantine le matin à 7 heures, 7 heures le matin, même 6 heures et demi, 7 heures, alors on avait des casses-croûtes qui s'appelaient des casses-croûtes hein, c'était une demi-baguette, non un demi-pain plutôt parce que c'était du gros. Ah oui, oui, non, non, y avait pas. Bon, et puis vraiment avec un prix modique, ça c'est pareil, c'est encore un avantage qu'y faut souligner.

Non, non, c'était le côté convivial, fermaient les yeux sur tout ce qui était discipline, règlement intérieur, dans la mesure où ça restait correct, évidemment, bon. Mais on n'était pas comme on trouve maintenant, chercher le moindre prétexte pour licencier quelqu'un donc voilà, c'était pas ça à l'époque. On cherchait pas du tout à licencier les gens. Au contraire, on n'en trouvait peu. Donc. Et puis bon, on comptait sur l'ancienneté des gens justement pour faire tourner l'usine, bon parce que c'est pas ce qu'il y a de plus simple quand même. Et plus on avait des gens anciens, plus c'était facile à faire tourner parce qu'y z'étaient tellement habitués à leur poste, dès qu'y avait des problèmes, y géraient ça, c'était simple pour eux, enfin, on ne changeait pas de personnel tous les trois mois, tous les six mois, reformait et ainsi de suite et puis avoir les problèmes techniques. Non, non, on cherchait au contraire à avoir des gens formés et anciens justement pour avoir le moins de problème possible. Une autre philosophie.

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