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Un ouvrier sucrier et transporteur à la sucrerie de Francières

L'empilement des sacs dans les camions : un travail pénible

R : Quand vous arrivez le matin à 6 heures du matin, qu'y a 7 ou 800 sacs à sortir, alors…
Enfin bon, on n'y pensait pas. Ça m'arrivait souvent, quand j'étais de corvée de sucre, de passer mon camion à la trappe à 6 heures, mais je portais mes 100 sacs à 6 heures du matin. Pas toujours, on était pas obligé, nous les chauffeurs. Y fallait pour, y fallait charger son camion, mais avec un diable. Mais moi, ça me plaisait de porter, je dis bon, les gars y sont fatigués, c'est parce que, à force, à force, y z'ont leur cou brûlé les porteurs avec le sucre, ça brûle hein, ça arrache, y z'avaient beau mettre sur couvert avec une combine qui z'avaient, un capuchon, mais, y z'étaient fatigués le matin. Mais moi non, on était pas, chauffeur, c'est pas un métier qui tue, c'est pas un métier qui tue. C'était dur parce que c'étaient des vieux camions, mais on n'est pas tué comme celui qui se coltine tout le temps ces sacs, qui coure avec. Et puis, fallait faire des piles, des piles de 6, 7 mètres de haut et droit comme un mur hein. Et c'étaient des champions. Et porter 100 kg sur le dos quand on a, quand on marche sur des piles de sacs, ça va pas bien. Là, quand on est sur le dur, c'est rien, mais on sort les pattes. Allez hop, on est là toujours. De temps en temps, je montais là haut pour remplacer un gars quoi. De temps en temps. Et puis ce qui était dur aussi, c'était de gerber au bâton dans les wagons. On posait votre sac et puis si c'est des wagons qui font 20 et quelques mètres carrés, c'est rien, mais quand c'est des petits wagons de 19 mètres, y faut gerber sur 3, alors là, y faut le lancer le sac de 100 kg à deux. Y en a un qui pousse, ça va. Ah ouais, alors c'est pour ça que j'ai été opéré là. C'était le bon temps. Ah oui, j'ai eu un pépin, le muscle, y l'a foutu le camp, le tendon était cassé. Ben oui, je suis gaucher moi, qu'est-ce que vous voulez, toujours à gauche, 100 kg toujours sur le bras gauche. Trois mois, un arrêt de travail, oui enfin bon bref.
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