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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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Un ouvrier sucrier et transporteur à la sucrerie de Francières

La bonne entente avec les saisonniers marocains

Q2 : Et en fait, vous avez travaillé avec les saisonniers qui venaient d'autres pays non ?

R : De ?

Q2 : D'autres pays ? Des saisonniers ?

R : Des saisonniers, ah oui, y avait des marocains, un peu à la fin. Et puis, y avait beaucoup de bretons. Y venait là-bas environ une cinquantaine de bretons, vers 64, et puis après, y z'ont diminué très peu quand les marocains y sont venus. Mais les bretons, c'était une bonne équipe hein, on était bien. Les marocains, y n'avait aussi on peut pas se plaindre d'eux hein, c'étaient des bon tiots copains quoi. Oh y avait pas vraiment de marocains. A Monvoisin, y en avait deux, Slimane et puis l'autre, je m'en souviens plus, ( ???) y z'étaient aux turbines, y en avait 5 je crois, les autres, je m'en souviens plus de leurs noms. Oh ben c'était des noms, Ramona et puis Bouziane, oui, c'est ça. Oui, y en avait 5 quand même. Y sont restés même après tout, y z'ont fait venir leur famille. Ouais, ça faisait drôle. Y a Ramona, quand il est arrivé, il est arrivé comme saisonnier et puis des moments, il avait le cafard, il parlait bien français, mieux que moi puisque moi je l'écorche, y parlait bien français lui Ramona. Et puis, il avait le cafard, un dimanche, et puis, on avait du boulot et puis j'ai dit, allez dépêchons nous les gars, une fois finie, on est tranquille, et ça n'allait pas, y n'avait pas dormi, y s'est mis en colère contre moi, j'ai dit mince ça va pas. Le lendemain, y dit, tu sais, je suis pas ( ???), je dis pourquoi, y me dit, tu sais, je m'ennuie de ma femme et de mes enfants. Ah que je dis, c'est ça que tu avais le cafard et puis moi, j'ai crié un peu fort, je crie toujours pour rigoler moi. On l'appelait Ramona. Et après l'ingénieur y dit, tu prends ton camion et puis tu vas aller chercher la femme à Ramona, enfin, on l'appelait Ramona, c'était un nom, tu vas aller sa femme et puis 3 ou 4 gosses. Je m'en vais à la gare. Alors, c'était, ça m'a fait mal au cœur. Oh, y z'avaient rien, y sont arrivés avec deux fois rien, 2 ou 3 bouts de loques au bout d'un bâton, j'ai mis les gosses dans le GMC et puis la dame, elle parlait un peu français sa femme, et puis je l'ai emmenés à Fresnel, y z'ont logé là-bas, on leur avait préparé quelques lits de camp avec une vieille cuisinière. Y z'étaient bien. Et y z'étaient à l'école ces gosses-là, parce qu'y rigolaient pas les marocains avec les enfants, attention, y fallait qu'y travaillent à l'école hein. Et c'était Madame Martin, l'institutrice qui est venue ici. Parce que l'école, là-bas, elle était toute démontée pendant un moment là-bas à Francières, je sais pas ce qu'y z'en ont fait de cette école-là, elle était bien, enfin bon. Et soi-disant que ce Ramona, lui il est reparti au Maroc, c'est un autre Marocain qui me l'a dit, mais y a un de ses fils qui est resté en France et qui serait gendarme. Je sais pas si c'est vrai. C'est un Marocain qui me l'a dit. Et ce Marocain, je le revois plus. Il habite à Estrées, mais y venait souvent à l'atelier, mais comme maintenant, je sors plus beaucoup, si je le revois, je lui demanderais ( ???) ses enfants. Ah oui, y travaillaient bien à l'école. Y en avait 4, mais après, je sais pas s'il en avait plus, il est parti d'un côté et puis moi de l'autre.

Et puis Bouziane, il est toujours à Estrées lui. Y travaillait bien aussi. Quand y travaillait avec moi dans le bâtiment, j'ai dit, moi les outils, y faut qu'y soient propres. La bétonneuse, faut que ça soit propre. A midi comme au soir. Ah c'était lavé hein, oh c'était propre. Ah ça, y rigolait pas. J'ai jamais crié, ni rien, moi j'aime bien que ce soit propre. J'ai des outils, moi, y z'ont 40 ou 50 ans, y sont toujours propres. Ah oui, je ne veux pas, des outils, ça se respecte. Ah oui, y z'étaient bien. Slimane, il était même gentil et tout. Il est reparti, ça n'allait pas avec sa femme, il est revenu, après on m'a dit, ben il est à Compiègne, mais je l'ai jamais revu hein. Ah si, c'était un… Les bretons, y z'étaient bien aussi, c'étaient des durs, je vous jure, y en avaient ( ???), mais des bons types hein, des vrais hein. Des costauds, c'étaient des costauds. On pouvait compter dessus hein. On rigolait bien avec eux. Ah oui, les marocains. On l'appelait, l'gueulante, y venait dans le nord, le marocain, comment, je sais plus son nom, il habitait à Lachelle. Ah ce qui paraît, il est parti ailleurs maintenant. Il a quitté Francières pour aller à Lachelle. Ah oui. Y conduisait une voiture lui. Il avait ses permis poids-lourds, mais la patronne, y z'étaient pas valables pour la France. Sinon, il aurait pu conduire un camion. Y conduisait un camion dans la cour de l'usine, mais pas plus loin. Il était bien aussi lui. Il parlait bien, ah oui, y parlaient tous bien français du reste, y z'ont été à l'école avec les français là-bas au Maroc et puis y travaillaient pour des français là-bas au Maroc. Oui, Slimane, il a travaillé beaucoup pour les français hein.

Oui, c'était une bonne équipe. Oui, on restait à cinq. Bon, après, y venait quelques saisonniers marocains, mais y restaient pas ceux-là. Et puis c'étaient pas les mêmes, la jeune génération, c'est pas les anciens hein. On n'était pas fait comme avec les autres. Avec les autres, on pouvait rigoler hein. Ah, on rigolait bien avec eux. Ah c'était Bouziane. Ben Bouziane, maintenant, y a une fille qui est infirmière à machin là-bas, à Saint-Côme. Ah oui. Et puis une fille qui travaillait à la cuisine à Saint-Côme. Y en a un que son fils est médecin. Tu sais, à l'école, ça bardait avec eux, y rigolent pas, attention hein. Et puis, c'est l'aîné qui s'occupe des autres. Il nous racontait ça quoi.

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