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Un ouvrier sucrier et transporteur à la sucrerie de Francières

La solidarité entre ouvriers

Vous voyez, sur le tas là-bas, j'aurais pu vous expliquer les travaux, les caniveaux surtout, ça c'est hein… Bricout, quand il a vu ce fameux trou là comme une niche à chien, je lui avait expliqué que si vous voyez les traverses, là c'est moi qui les ait posées avec un nommé Bouillon et c'est moi qui a fait toute la maçonnerie, tout, avec Bresenski, ( ???) il est parti de bonne heure aussi. Alors, il dit c'est vrai, oh y dit, c'est peut-être un méchant tunnel de rien du tout, un méchant truc qu'y fallait toujours travailler à quatre pattes là-dedans, je dis bon, c'est pas possible hein. C'était dur. Toujours mouillé, l'hiver toujours mouillé. On avait un brasero qui brûlait jour et nuit, on mettait du coke là-dedans, c'était un bidon percé, ben ouais, mais c'était plein de gaz. On bouchait les noirs avec ça et puis on mangeait comment, quand on avait le temps. Ben y avait pas de cantine, ni rien. Ah non. Et puis pas de cérémonie hein. On voulait un peu plus, un peu moins, ça n'existait pas hein. On mangeait vite fait, on avait nos tiots seaux avec deux fois rien pour laver ses mains, une toile à molette et puis allez-y donc. Moi j'avais un bon à la mitrailleuse dans les caniveaux, un retraité des ponts et chaussées Kléber, oh un méchant, il était nerveux, costaud, on s'entendait bien. Quand on s'entend bien, c'est rien du tout de travailler, c'est rien, c'est rien. Si y en a un qui flanche, l'autre y reprend, allez-y donc. On était une bonne équipe et puis même les autres, le relais, c'était bien, bon fallait que ça soit propre quand on partait, l'autre il en faisait autant. Des moments, y pouvait pas, ça y disait, on a pas pu, on est à court, bon, ben, on faisait pas de mauvais sang, bon on attaque, on nettoie. Ah non, on était bien, y avait une bonne ambiance à Francières. Les surveillants, tout ça, y z'étaient bien. Les chefs de fabrication aussi, y z'étaient de bons types. Seulement, fallait pas faire le couillon quoi. Non, non, moi j'avais pas à me plaindre. Parce que j'avais pas toujours, j'ai jamais été méchant, ni violent, ni rien, mais j'aimais pas non plus qu'on rigole et puis j'aimais bien de l'argent, j'aimais bien travailler, mais j'aimais bien une bonne paye.
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