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Mémoire Vivante de Picardie - La base
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Un ouvrier sucrier et transporteur à la sucrerie de Francières

Les relations avec les fermes

Q2 : Mais sinon, en fait, comme vous travaillez à l'extérieur de l'usine, comment ça se passait avec les gens, les ouvriers de l'intérieur en fait, vous leur parliez quand même, vous aviez des rapports avec eux ?

R : Ah tout le temps. Ah si. Ah ben moi, ah si, ah si. Quand y avait des gros travaux, par exemple, y z'ont fait venir une caisse, on appelait ça une caisse, c'était un appareil pour chauffer le jus, pour mettre le jus dedans, c'était trop haut. Pour aller un peu plus vite, y z'amélioraient le matériel. Alors, ça passait pas sous une ferme. Ça passait pas, la ferme, elle gênait. Et ben, j'ai réussi à tout démonter la toiture. Et reculer la ferme pour pas grand chose, mais fallait le faire ça. Et puis après, ben j'ai rechevronné, j'ai remis des madriers et puis des couvertures. On était qu'à deux et l'autre, c'était Pierre Robert, là, il était blessé, avec sa moto, y boitait, il avait du mal à monter les escaliers, les échelles, tout ça. Y pensait pas, les ardoises, on était pas moderne à Francières, parce que grand-mère, on l'appelait Madame la patronne, quand même, elle voulait rien acheter. Ah non, elle était dure, pour l'oseille, les femmes sont toutes dures, mais celle-ci, elle était dure. Ah oui, elle voulait pas dépenser d'oseille. Alors, fallait chercher des ardoises poignées par poignées et puis y en avait des marches à monter, moi, je m'en foutais, ça me faisait du sport, je faisais du vélo pour m'amuser, mais Pierrot, y pouvait pas aller, y a le contremaître qui venait. J'y disais Jean, tu viens voir, c'est ton boulot, mais faut monter des ardoises. Tu ne montes pas les mains dans les poches. Même l'ingénieur, Monsieur Rieux, y montait, y montait des tuiles, des ardoises. Ah ouais. J'ai dit on vient pas les mains dans les poches. Moi, ça me fait toujours un aller-retour parce que Pierrot, y peut pas monter, ni descendre, tout le temps, comme il a eu un accident de moto, il était bien gentil, c'était un bon ouvrier, mais ( ???) moi non, en rigolant, y en a un en bas qui était venu faire du nettoyage, j'ai fait travailler le sucrier qui travaillait avec ses appareils. J'ai dit Jojo, t'as le temps toi, ben viens me dire bonjour, tu montes des tuiles, y l'a remonté des ardoises, y venait me dire bonjour. Ben ouais. AH ouais, c'était une bonne ambiance, moi je rigolais toujours hein. J'ai dit aller hop, même pour les tiots jeunes. Et puis, on racontait beaucoup de bêtises, y rigolaient. On rigole. C'est pas toujours un enterrement le travail hein. Non, on avait des bons rapports. Quand y avait des gros travaux de maçonnerie, on était dans l'usine avec Denain et puis Bosinsky. On était à deux. Ah oui. Ah c'était bien.

Alors, c'étaient des vieux comme nous. J'en ai même des photos. Attendez je vais vous les chercher….

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