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Un ouvrier breton à la sucrerie de Vauciennes

Le travail et les conditions de vie des saisonniers

Q2 : Donc, comment êtes-vous rentré à l'usine ?

R1 : Je suis Breton dans l'usine. A ce moment-là, on embauchait beaucoup de saisonniers pour faire la campagne saisonnière, c'était en 62, et je suis venu comme saisonnier au départ et j'ai demandé à rester ensuite. J'ai été embauché, comme chez nous la culture n'était pas trop grande, y'avait pas d'boulot pour tout l'monde, alors, évidemment, certains allaient chercher sa chance ailleurs, comme j'ai fait. Et j'ai travaillé à Vauciennes, comme ça .

Q1 : Ah oui !

R1 : Ah oui !

Q2 : Et, comment se passait la saison quand vous étiez saisonnier ?

R1 : La saison, c'était la campagne de betteraves sucre, c'est-à-dire en septembre, ça commençait le 20 septembre jusqu'au mois de janvier. Une campagne saisonnière c'est-à-dire qu'on arrachait les betteraves, on les transportait à la sucrerie, on les cadrait, on faisait du sucre avec et ça durait trois mois, environ quoi, environ, des fois plus, des fois moins.

Q2 : Et, dans l'usine, vous aviez quel poste attribué ?

R1 : Eh ben, au départ, eh ben, j'étais manœuvre hein, j'ai commencé j'étais manœuvre, comme j'étais saisonnier, là où y'avait… il manquait du personnel, eh ben on était placé suivant… moi j'étais au four à chaux, eh ben, fallait charger des pierres, à ce moment-là, dans les wagonnets, et tout à la main quoi, y'avait pas d'appareil, c'était mécanisé, ou à la fourche. Pioche, pelle, wagonnet, fallait l'pousser, poser des rails tout ça, ça montait dans un four, c'était fondu, les pierres elles étaient fondues et, avec ces pierres-là, on faisait de la chaux, ça servait à nettoyer le sucre avant la fabrication.

Q1 : Et après, en fait, vous avez fait ça, après vous avez changé encore ?

R1 : Oui, on… après, j'ai coltiné des sacs, c'était en inter campagne, alors une fois la campagne finie, bon, ben, j'étais muté ailleurs.

Q1 : OK.

R1 : Alors, je coltinais des sacs de 100 kg sur le dos, maintenant 100 kg c'est interdit mais, à c't'époque-là, 100 kg sur l'dos. Bien sûr, c'étaient des glissières, ( ? ? ?) de la hauteur quoi, on faisait des wagons 20-30 tonnes, fallait charger. Arrivé au 7ème sac, dans la pile, bon ben, bien sûr, l'collègue donne un coup de main quoi, à empiler derrière moi.

Q1 : Ah oui, oui !

R1 : Il venait me le mettre, hein, c'est comme ça qu'ça fait. Mais on était tous pareils, égaux. Mais, faut pas croire qu'c'est dur, c'est pas dur du tout, une fois qu'on a l'habitude.

Q1 : Oui, une fois qu'on a l'habitude !

R1 : Une fois qu'on a l'habitude. Bien sûr, au début hein…

Q1 : Oui.

R1 : Mais, quand on a l'habitude, ça s'fait.

Q1 : OK.

Q2 : Et, vous avez travaillé en équipe ?

R1 : Ah oui ! On était posté, quand j'étais au four à chaux, par exemple, on était posté à l'équipe de quatre personnes, y'en avait trois qui chargeaient les wagonnets, un qui était en haut, c'est-à-dire moi j'étais en haut, j'étais en haut, je recevais les wagons, je les vidais, je mesurais les fours et je descendais le wagonnet pas l'ascenseur, un monte-charge quoi. Et pis, j'communiquais avec les autres en bas, je marchais sur le wagonnet.
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